aZoo.me, une solution pour retrouver Caramel ou Fripouille

Publié le 07/01/2016 à 11:14

aZoo.me, une solution pour retrouver Caramel ou Fripouille

Publié le 07/01/2016 à 11:14

Par Matthieu Charest

PME DE LA SEMAINE - Une fois évanouis dans la nature, difficile de retrouver votre chat ou votre chien adoré. La multiplication des méthodes d’identification, des banques de données en silos et de tous les intervenants est un véritable bric-à-brac. De ce chaos est née l’entreprise Identification aZoo.me, une plateforme Web québécoise qui allie escouade de recherche et regroupement d’informations.


Qu'est-ce que la PME de la semaine?


«C’est mon père, Réal Sauvage, qui a eu l’idée», raconte Antoine Sauvage, 23 ans, concepteur de solutions et directeur marketing pour la PME de Granby. Réal Sauvage est président de Syrvet Canada, un distributeur de produits pour animaux. «Il voulait vendre des micropuces. Mais pour cela, il faut avoir accès à une base de données afin d’enregistrer les informations. Or, les autres entreprises spécialisées dans la vente de micropuces ne voulaient pas partagerleurs banques de données. On a donc voulu créer la nôtre. Or, on s’est vite rendu compte que d’enregistrer des données en silos, ça pose un grand problème. Personne ne partage l’information».


Début janvier 2011, pendant une soirée pour célébrer le Nouvel An, «mon père a discuté de ce problème avec un petit-cousin du côté de ma mère, Martin Alix, qui travaille en informatique», poursuit Antoine Sauvage. Quelques mois plus tard, le trio se lançait en affaires.


 



Regrouper tous les identifiants au même endroit


À 20 $ pièce, «l’aZoo.me id» prend la forme d’une carte et d’une médaille dotées d’une série de numéros unique. À chaque carte correspond un dossier sur la plateforme Web aZoo.me sur laquelle le propriétaire de Fido peut lui créer un profil. Sur la page, il est entre autres possible de téléverser une photo, d’inscrire le nom de l’animal, sa race, sa couleur ainsi que tous les identifiants déjà existants: du numéro de médaille municipal à la micropuce.


Bref, l’idée, c’est de décupler la traçabilité en regroupant tous les identifiants au même endroit. Et à l’instar d’une carte d’assurance sociale, elle est valide pendant toute la vie de l’animal.


«Il s’agit d’un réseau complexe où plein d’acteurs - des villes, des vétérinaires, des boutiques, des refuges, etc. - donnent des micropuces ou des médailles, explique Antoine Sauvage. Le problème, c’est que les données ne sont pas partagées. La plupart des intervenants travaillent en silo. Nous, nous offrons une pièce d’identité globale, à laquelle tout le monde peut accéder facilement». Pour faciliter le travail, tous les refuges et cliniques ont accès à la base gratuitement.



Une base de données ouverte


«On peut bien mettre une micropuce à un animal, encore faut-il que la base de données soit accessible», remarque Michel Pepin, vétérinaire et responsable des communications à l’Association de médecine vétérinaire du Québec.


Il estime par ailleurs que le Québec devrait tendre vers l’identification obligatoire des animaux de compagnie. «Les micropuces, c’est l’avenir. Il faut également des bases de données faciles d’accès et des scanneurs qui peuvent les lire. En plus, l’identification peut aider à réduire l’abandon des animaux, puisque les propriétaires sont alors connus.»


Pour agir en complément de la plateforme, l’entreprise a mis sur pied une escouade de recherche citoyenne. Un peu sur le modèle des alertes AMBER destinées à retrouver les enfants disparus, le propriétaire d’un animal égaré peut déclarer la perte de son compagnon sur la plateforme, qui produit une alerte immédiate. Tous les utilisateurs de la plateforme situés dans un rayon de 5 km sont alors avertis de la disparition, ainsi que  tous les refuges dans un rayon de 50 km. 


Un produit québécois qui réduit la paperasse


Pour l’heure, «l’aZoo.me id» est disponible dans une cinquantaine de cliniques vétérinaires et dans une dizaine de refuges à travers la province. Environ 1 500 usagers se sont inscrits sur la plateforme depuis sa création, lancée officiellement en novembre dernier.


Le Centre vétérinaire Rive-Sud l’utilise d’ailleurs depuis six mois. «Cela fonctionne très bien, affirme Isabelle Langlois, coordonnatrice approvisionnement et gestion matérielle au sein de la clinique de Saint-Lambert. Ça simplifie beaucoup la gestion. Avant, nous devions remplir un long formulaire papier, qu’il fallait faxer, après avoir implanté une micropuce. Maintenant, nous entrons le nom et le numéro de téléphone du client dans le système et le tour est joué. Les clients aiment aussi le fait que ce soit un produit québécois. J’ai remarqué cependant que peu d’entre eux sont allés compléter leurs fiches en ligne, mais bon, l’essentiel de l’information est là».


Après un achat initial de quarante unités, Isabelle Langlois vient tout juste de passer une commande pour une trentaine de nouveaux aZoo.me id.


La stratégie des petits pas


Pour le moment, Antoine Sauvage et ses deux associés en sont à convaincre un par un les cliniques et les refuges d’offrir leurs services. «Ce sont les portes d’entrée pour accéder aux municipalités. Éventuellement, on voudrait aussi convaincre les marchands d'accorder des rabais sur présentation de la carte aZoo.me. On veut offrir une valeur ajoutée», dit-il.


Selon la dernière enquête publiée en 2011 par Statistique Canada, chaque citoyen a dépensé en moyenne 420 $ pour les animaux de compagnie en 2009. La moyenne québécoise est beaucoup plus faible, avec 270 $ par personne dépensés pendant la même période.


Il y aurait environ 1,5 million de chats et 1 million de chiens dans les foyers québécois, selon les données recueillies en 2013 par Léger pour le compte de la Ville de Montréal, de l’Association de médecine vétérinaire du Québec et le distributeur de produits vétérinaires CDMV.


Ces estimations ne tiennent pas comptent des animaux errants ou qui se trouvent dans les refuges, fourrières ou animaleries.


Infos en rafale:



  • Date de création: avril 2011

  • Lieu: Granby et Montréal

  • Nombre d’employés: 5 (dont 2 à temps partiel)

  • Objectif d’ici un an: détenir des points de vente dans chacune des provinces canadiennes

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