RĂ©mi Marcoux : De la Beauce au Mexique

Publié le 12/02/2011 à 00:00, mis à jour le 16/02/2012 à 08:08

RĂ©mi Marcoux : De la Beauce au Mexique

Publié le 12/02/2011 à 00:00, mis à jour le 16/02/2012 à 08:08

Par René Vézina

R.V. -Transcontinental célèbre ses 35 ans d'existence. Vous avez créé cette entreprise de toutes pièces. Qu'est-ce qui vous a convaincu de vous lancer en affaires ?


R.M. - Je viens d'un petit village de la Beauce, Saint-Elzéar-de-Beauce, tout près de Sainte-Marie. Mon père était un entrepreneur. Il avait ouvert un magasin général en 1945. Il vendait des radios, des moteurs électriques, des laveuses, mais aussi de la moulée, de la tôle... On vendait de tout. Je suis le plus vieux d'une famille de 10 enfants. J'ai été élevé dans le magasin attenant à la maison familiale.


R.V. - Comment cela vous a-t-il influencé ?


R.M. - Jeune, je voyais faire mon père. J'avais beaucoup de respect pour lui, parce qu'il écoutait les gens et répondait à leurs besoins. Il a été mon modèle. C'était un homme honnête, intègre, respecté dans la communauté. Malheureusement, il est décédé à 39 ans. Après son décès, j'ai abandonné le cours classique pour aller au Collège Sainte- Marie, où j'ai fait mon cours commercial. J'ai fréquenté l'École technique, à Québec, où je me suis spécialisé en électronique.





R.V. - Les études en comptabilité sont-elles venues plus tard dans votre parcours ?


R.M. - Oui. Mon premier emploi concernait l'implantation d'un système de câble dans la région de Kamouraska. C'était les débuts de la câblodistribution. J'ai ensuite décidé de venir à Montréal. Je me suis spécialisé dans les communications hautes fréquences et j'ai travaillé à la Défense nationale. Mais le milieu de travail ne me plaisait pas vraiment. J'ai alors décidé de suivre des cours du soir aux HEC. J'y ai passé cinq ans et j'ai réussi les examens de CA. Je suis ensuite devenu stagiaire dans un grand bureau de comptables.


R.V. - Il fallait être déterminé pour effectuer cette réorientation de carrière !


R.M. - Oui, j'étais déterminé. J'ai beaucoup aimé travailler dans un bureau de comptables. J'y ai acquis une bonne expérience. Quebecor était un de nos clients. C'est ce qui m'a amené à travailler dans cette entreprise de 1967 à 1975.


R.V. - Votre passage chez Quebecor sera un moment crucial dans votre vie. Comment êtes-vous arrivé à occuper un poste de direction ?


R.M. - Je connaissais assez bien l'entreprise parce que, comme stagiaire, j'y passais beaucoup de temps. Un jour, on m'a offert un poste et j'ai accepté. J'étais contrôleur de la société de distribution des Messageries Dynamiques. Peu de temps après, le directeur général a fait une dépression et il n'est pas revenu. Le président, Pierre Péladeau, a alors fait appel à des chasseurs de têtes pour le trouver. Le temps passait, et je prenais de plus en plus ma place dans la boîte. Un jour, je décide d'aller le trouver : " M. Péladeau, quand est-ce que votre gars va arriver ? " Il m'a répondu : " Je n'en cherche plus, c'est toi. "


R.V. - Comment avez-vous réagi ?


R.M. - J'étais pas mal fier ! À ce moment-là, l'entreprise traversait une période difficile. Je me suis alors acharné à bâtir une équipe de direction. J'ai fait une bonne analyse du personnel en place, j'ai renvoyé certaines personnes et j'en ai embauché de nouvelles, dont un certain Jean-Marc Chaput, pour donner de la formation à nos gars. Résultat ? Les Messageries Dynamiques est devenue une société respectée. Nous avons été capables d'offrir nos services à d'autres entreprises. Cette division est devenue un distributeur important, entre autres de magazines français. La première année, je suis allé à quelques reprises en France pour solliciter des clients.


R.V. - Comment était-ce de travailler avec Pierre Péladeau ?


R.M. - J'ai aimé travailler avec lui. Il était exigeant. Au départ, il vous surveillait, mais si vous réussissiez à gagner sa confiance, il vous donnait beaucoup de latitude. C'est ce que j'ai eu avec lui. Les Messageries Dynamiques a été la première société chez Quebecor à faire des profits d'un million de dollars. En 1971, Quebecor avait un chiffre d'affaires de 29 millions de dollars. J'occupais une position privilégiée chez Dynamiques. Les éditeurs venaient me voir pour distribuer leur produit, et il fallait aussi qu'ils le fassent imprimer. C'est ainsi que j'ai appris à connaître les autres filiales, et c'est aussi probablement pour ça que M. Péladeau a décidé de m'offrir le poste de directeur des opérations, en 1972-1973.


R.V. - Vous auriez pu vous contenter de rester comme numéro deux chez Quebecor. Pourquoi êtes-vous parti ?


R.M. - J'ai dit à Pierre Péladeau que j'étais prêt à travailler fort, mais que c'était important pour moi d'avoir quelques briques dans le building. M. Péladeau a accepté, mais pour différentes raisons, cela ne s'est jamais fait. J'avais toujours ces mots de ma mère en tête : " Ça ne prend pas une grosse entreprise pour faire mieux qu'un salaire. " Je suis parti en mai 1975 avec un objectif : soit m'associer à une entreprise existante, soit trouver une entreprise en difficulté à reprendre. Je n'avais pas de capital à investir, mais je pouvais mettre à profit mon expérience pour la développer.


R.V. - On dit que vous avez passé une partie de l'été à jouer au billard avec Marcel Côté, qui allait plus tard fonder Secor.


R.M. - C'est vrai. Cette période de ma vie coïncidait avec un changement de job aussi pour Marcel. Au cours de l'été, on est allé à la pêche, on a construit une piscine. Marcel et moi avons partagé beaucoup de choses.


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