Philip Fayer, un leader fonceur

Publié le 12/08/2010 à 16:13, mis à jour le 14/01/2011 à 13:06

Philip Fayer, un leader fonceur

Publié le 12/08/2010 à 16:13, mis à jour le 14/01/2011 à 13:06

Par Aude Marie Marcoux

À 32 ans, le PDG de Pivotal Payments, Philip Fayer, pilote la croissance de son entreprise dans le marché multimilliardaire du traitement des paiements. 


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Fondée à Montréal en 2003, l'entreprise spécialisée dans le traitement des paiements faits aux marchands (crédit, débit, etc.) affiche aujourd'hui des ventes de 150 millions de dollars. La firme connaît une croissance de 25% à 40 % par année, estime le Philip Fayer.


Le jeune entrepreneur a réalisé neuf acquisitions au cours des trois dernières années et dit garder un œil averti sur les possibilités qui peuvent s'offrir à lui.


«On a 9 millions de clients possibles aux États-Unis et un million au Canada. C'est beaucoup de clients! Un gros marché!», s'exclame l'homme de 32 ans, rencontré dans ses bureaux du centre-ville de Montréal. «Et le monde est beaucoup plus grand que juste le Canada et l'Amérique du Nord, alors on regarde fortement l'Europe et les autres marchés.»


Philip Fayer a été nommé au prestigieux classement du Canada's Top 40 Under 40  pour l'année 2009. 


Lesaffaires.com - Vous avez menez neuf acquisitions au cours des trois dernières années. Comment savez-vous si vous devez foncer ou non?


Philip Fayer - Je fonce toujours. On est toujours à la recherche de good compagnies qu'on peut amener à great. On regarde les occasions à tous les mois. Et ce qui nous intéresse, c'est du monde qui ont besoin d'un bon leadership, des meilleurs technologies... Alors on n'arrête jamais. Si on peut en faire encore 4-5-6 dans les trois prochaines années, on le fera. 


La.com - Comment décririez-vous votre style de leadership ?


PF - Je suis impliqué. Je suis presque partout. Mais je cherche de bonnes personnes qui ont les compétences que je n'ai pas. Je cherche les compétences pour me compléter sur des questions ou des habiletés que je n'ai pas. Et je pense que Pivotal a une équipe de direction exceptionnelle. Je peux dire cela, parce que j'en ai vu beaucoup d'autres.


C'est toujours 10 % vision, 90 % exécution. Chez Pivotal, on a du bon monde qui peut exécuter cette vision. 


La.com - Vous avez aujourd'hui plus de 300 employés. Comment vous assurez-vous d'avoir des équipes gagnantes qui partagent votre vision et ce, malgré vos récentes acquisitions?


PF - On appelle ça «douleurs de croissance» et je pense que toutes les sociétés en ont. C'est facile de créer des silos dans lesquels la communication tombe et où les département ont leur propre façon de voir la vision d'ensemble. Donc on travaille beaucoup sur la communication, sur la culture. On travaille beaucoup sur des systèmes grâce auxquels tout le monde peut voir les aspects et les influences qu'ils ont sur les autres départements. Mais c'est un défi que vivent toutes les compagnies. C'est un peu amplifié pour nous, parce que nos acquisitions nous amènent d'autres cultures, d'autres styles, d'autres systèmes et d'autres profils de clients. 


La.com - Qu'est-ce qui vous permet d'être plus productif?


PF - J'aime tout comprendre. C'est un peu ce qui m'aide. Que ce soit une technologie, un produit, une méthode ou les processus qu'on a à l'intérieur, j'aime tout comprendre. Ça me permet de prendre des décisions plus rapides, parce que je comprends bien le problème que j'ai. C'est bon et c'est mauvais, je pense que tous les trucs ont du bon et du mauvais. On ne peut pas tout faire, mais c'est quelque chose qui me plaît beaucoup de comprendre tous les programme. Je lis tout. Je suis un lecteur impliqué et ainsi, j'arrive à prendre des décisions très rapidement. Et je pense que ça nous donne une petite force qui fait que, même si on devient maintenant une entreprise avec 300 employés, on peut quand même se gérer comme une petite entreprise qui en a 50. 


La.com - Pivotal Payments est en fait votre deuxième entreprise. Vous avez d'abord fondé Paysystems au début de votre vingtaine. Comment cela se vit quand on a 24 ans et qu'on ferme un premier «bébé» pour se lancer dans une autre aventure?


PF - Je ne pense pas que la première entreprise a été bien réussie. On a connu une croissance, mais il y a eu un changement dans la règlementation qui a fermé le chapitre très vite. Je pense que ça m'a donné l'expérience du succès et de l'échec très rapidement. Et j'ai connu le triste aspect d'une fermeture de compagnie, ce qui n'est jamais quelque chose de bien à faire. Mais comme dans tout dans la vie, on a des succès et des échecs, et on apprend des échecs. On essaie de grandir et d'apprendre à changer. Aujourd'hui, j'ai 32 ans et je pense que j'ai vécu beaucoup de hauts et de bas dans les dernières années et je vais encore en vivre au cours des prochains dix ans. 


La.com - Quel a été le moment le plus déterminant de votre carrière jusqu'à présent?


PF - Je suis quelqu'un qui ne regarde jamais en arrière. J'ai un ami qui a vendu sa compagnie et après, il a pu faire une réflexion sur ce qui s'est passé et de comment ça a été. Mais j'ai jamais sondé ce qui aurait pu arriver si c'était parti à un moment différent. Aujourd'hui, je vis pleinement dedans. Je pense que dans dix ans, je pourrai faire une réflexion. Mais on a eu beaucoup de défis et beaucoup de réussites. Mais à chaque fois, un jour tu as une réussite, et le lendemain tu as un nouveau défi, alors tu as oublié que tu as eu une réussite et tu repars sur un nouveau défi. 


La.com - Dans vos temps libres, vous pilotez des avions. Quelles sont les aptitudes que demandent cette activité que vous mettez à profit dans votre carrière?


PF - Mon père est mort quand j'avais 16 ans et je suis parti à l'école militaire. Je pensais voler presque tous les jours! J'adore l'aviation. J'aime la topographie. J'aime regarder le monde quand on passe au-dessus. J'aime le défi de comprendre techniquement ce qui se passe et tous les aspects de la planification d'un vol. C'est quelque chose qui m'est resté et c'est une discipline que j'aime beaucoup. En fait, je vole beaucoup pour les affaires. Ça me donne un peu le privilège de voler quand je veux et quand je peux, mais évidemment, ce sont de petits avions, alors ça me prend du temps me rendre d'un endroit à l'autre.


L'aviation est un risque évidemment. Si on regarde tous les malheurs qui sont arrivés, un gros pourcentage est dû à une mauvaise préparation, à la météo ou juste à une mauvaise compréhension du risque. C'est quelque chose que j'utilise toujours. Je regarde toujours quel est le risque. Et je suis quelqu'un qui, même si je fais de la course  automobile aussi, cherche toujours à comprendre ce à quoi je suis exposé. 


La.com - Vous avez 32 ans, pensez-vous piloter le navire de Pivotal pendant encore longtemps ou risquez-vous d'être tenté par d'autres défis?


PF - J'aime beaucoup cette compagnie, son monde et sa culture. Je pense qu'avec les employés et l'équipe de Pivotal on peut tout faire. C'est incroyable les défis qu'on prend. Alors je dirais non, parce que les défis et les opportunités s'accentuent, ça n'arrête jamais, c'est jamais le statu quo. Si ça devient un jour le statu quo, peut-être, je ne sais pas, mais on a tellement de projets intéressants, des nouveaux produits intéressants, des nouvelles occasions intéressantes... Je trouve ça tellement existant! Je suis un gars compétitif et j'aime pousser le monde, j'aime développer, j'aime passer où les autres compagnies ne peuvent pas.


Je suis vraiment heureux ici. Je me sens très chanceux d'avoir l'équipe que j'ai. Ils me font paraître bien! Donc j'ai de la chance. Et ça, c'est quelque chose qui je pense est unique à nous en termes de culture et de la motivation de nos employés. 


La.com - Quel est le message que vous aimeriez lancer aux jeunes leaders en affaires?


PF - Quand j'ai commencé, il y a 10 ou 12 ans, je disais que j'allais aider les marchands à faire des transactions de milliards et de milliards de dollars et tout le monde se moquait de moi. Alors c'est très facile de dire non et de passer. Mais c'est bien d'étudier l'occasion, de bien regarder quels sont tes atouts et de prendre le risque. C'est quelque chose que je dis à tout le monde de faire, parce que c'est trop facile de dire non et de laisser tomber. Beaucoup de monde le fait. Et c'est ce qui est unique à l'entrepreneur, un entrepreneur peut considérer une occasion, peut voir les produits ou ce qu'il manque et le créer.


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

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