Travailler à domicile n'a pas que des avantages. Certains travailleurs autonomes supportent mal l’isolement lié à leur statut. Cet inconvénient a ainsi mené, un peu partout sur la planète, à la naissance d’espaces de travail collaboratif, où se rassemblent des professionnels issus d’horizons variés. On trouve un regroupement de ce genre à Alpharetta, une petite ville de banlieue située à 40 km au nord d’Atlanta, en Géorgie. En plus d’y avoir son propre bureau, qu’il peut louer pour une semaine, un an ou quelques heures, chaque travailleur autonome qui joint les rangs du club, appelé Roam Atlanta, peut réserver l’une des salles de conférence, partager de l’équipement ou des services, et boire un espresso ou acheter un panini au bistrot installé sur place. Mais le plus grand attrait de l’endroit est sans nul doute son aménagement convivial, qui mise sur l’ouverture et l’échange entre les membres.
Auteur : Andrew Jones, Strategy+Buisness
« I’m by Myself »
Brian Kramer travaillait pour IBM à partir de son domicile. Après avoir bossé pendant 11 ans dans l’isolement, il a ressenti le besoin de se retrouver dans un milieu de travail accueillant et propice à la réflexion, bref, au sein d’une communauté sympathique. C’est ainsi qu’il a fondé, avec d’autres travailleurs, le Roam Atlanta, qui réunit aujourd’hui une cinquantaine de membres.
La plupart de ceux qui fréquentent l’endroit vivent à une dizaine de kilomètres de là. Il s’agit de travailleurs autonomes, de propriétaires de petites entreprises et parfois même d’employés de grandes sociétés. Ils y sont venus au départ parce que cela ne leur coûtait pas trop cher et parce qu’ils avaient accès à des services évolués de télécommunications, en plus de partager des ressources bureautiques. Et ils y sont revenus parce qu’ils pouvaient enfin être en compagnie d’autres travailleurs qui leur ressemblent.
Le club est maintenant composé de différents groupes. L’un d’eux s’appelle l’Atlanta Jelly, et ses membres se réunissent tous les mercredis. (Le surnom de jelly est courant pour désigner des travailleurs autonomes qui se voient chaque semaine. On raconte que les premiers à avoir eu cette idée avaient l’habitude de manger des jelly beans pendant leurs rencontres !) L’un des membres les plus assidus est Brian Jones, qui provient également de chez IBM. Il travaillait au Vermont quand sa femme a obtenu une promotion à Atlanta. Le couple a donc déménagé, mais Brian a pu continuer de travailler pour IBM tout en partageant son temps entre son domicile et le Roam Atlanta.
IBM fait preuve d’une grande souplesse en ce qui concerne le lieu de travail. Cela découle de sa politique interne voulant que 40 % de ses employés n’aient pas de bureau fixe aux États-Unis, ce qui lui permet d’économiser quelque 100 millions de dollars américains par an, ses espaces de bureau étant réduits au minimum. À la blague, ces travailleurs disaient autrefois que les initiales IBM signifiaient I’ve Been Moved (Ils m’ont déménagé). De nos jours, ils pourraient aussi bien dire qu’elles signifient I’m by Myself (Je me débrouille tout seul). D’où le besoin de trouver un lieu qui procure aux employés ce que leur employeur ne leur offre plus : un contact humain régulier avec d’autres professionnels et des collègues.







