Entrevue n°203: Adam Grant, professeur de la Wharton School, la plus prestigieuse école de finance des États-Unis

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mai 2014

Entrevue n°203: Adam Grant, professeur de la Wharton School, la plus prestigieuse école de finance des États-Unis

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mai 2014

Par Diane Bérard


D.B. - Le donneur commet-il plus d'erreurs que le preneur ? En gaspillant son aide, par exemple ?


A.G. - Au contraire, le donneur possède un avantage sur le preneur, il réagit mieux à la critique. Le preneur maintient une mauvaise décision pour sauver la face. Le donneur, lui, regarde la réalité en face et reconnaît qu'il a fait un mauvais choix. Lorsqu'il se sent critiqué, le preneur est peu enclin à accepter les conseils pour s'améliorer. Il ne progresse donc pas. Le donneur, lui, accepte les conseils et les suit. Il s'améliore.


D.B. - Faut-il fuir les preneurs ?


A.G. - Pas nécessairement. Si vous vous trouvez dans une situation qui appelle un seul gagnant et un perdant, fuyez les preneurs. Mais, si vous partagez un but commun, vous pouvez faire alliance avec un preneur. Il demeurera loyal tant que vos buts coïncideront. Et, pour vous protéger, ajoutez un échangeur à l'alliance. Vous pouvez être certain qu'il veillera à ce que celle-ci demeure équitable.


D.B. - Un preneur peut-il se déguiser en donneur ?


A.G. - Bien sûr ! Les preneurs font de bons imposteurs. Je vais vous donner un truc pour les démasquer : ce sont des donneurs avec leurs supérieurs et des preneurs avec les égaux et leurs employés. Leur masque tombe dès qu'ils se trouvent en position de pouvoir.


D.B. - De quelle façon le rapport annuel dévoile-t-il si le pdg est un preneur ou un donneur ?


A.G. - Regardez la taille de la photo du pdg sur la page où son billet est affiché. Certaines sont énormes. D'autres, en revanche, semblent tout droit sorties d'un photomaton. Facile de déceler qui est le preneur... Un autre indice : les pronoms que le pdg emploie dans ses discours. Le preneur utilise le «je-me-moi», alors que le donneur emploie le «nous-notre-nos».


D.B. - Un preneur peut-il devenir un donneur ?


A .G. - Ce n'est pas facile. Mais si l'on désire vraiment changer, parce que notre comportement nous nuit par exemple, il faut observer les moments où il nous arrive de nous comporter en donneur. Qu'est-ce qui nous incite à être généreux ? Quel type de personne ou de situation nous invite à l'altruisme ? On peut tenter de les reproduire pour s'exercer.


D.B. - Parlez-nous de la force des liens faibles...


A.G. - Les liens faibles sont ceux que l'on établit avec des connaissances, soit avec des gens que l'on connaît superficiellement. On pense, à tort, que l'aide nous vient d'abord de nos proches. Ce n'est pas toujours le cas. Selon une étude menée auprès de professionnels par Mark Granovetter, de l'université Stanford, 17 % d'entre eux ont déniché leur emploi grâce à leurs proches, alors que 28 % en ont entendu parler par de simples connaissances. Normal, nos proches évoluent souvent dans les mêmes eaux que nous. Pour découvrir autre chose, il faut piger dans un autre bassin. Mais, entrer en contact avec une connaissance à qui l'on n'a pas parlé depuis quelques années peut être embarrassant. Sauf si l'on est un donneur. Les donneurs sont champions des liens faibles. Ils entretiennent un énorme réseau.


D.B. - Comment surmonter la peur de se faire avoir en étant trop généreux au travail ?


A.G - Il faut d'abord reconnaître que le monde n'est pas fait que de preneurs. Cherchez les donneurs et les échangeurs. Et apprenez à aider intelligemment.


D.B. - Êtes-vous un bon gars ?


A.G. - Vous devriez poser la question à mes collègues et mes proches ! Disons que je partage les valeurs des donneurs. Mon but est d'aider les autres chaque fois que cela m'est possible.


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