Entrevue n°203: Adam Grant, professeur de la Wharton School, la plus prestigieuse école de finance des États-Unis

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mai 2014

Entrevue n°203: Adam Grant, professeur de la Wharton School, la plus prestigieuse école de finance des États-Unis

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Mai 2014

Par Diane Bérard

«L'altruisme mène au succès, même au travail» - Adam Grant, professeur de la Wharton School, la plus prestigieuse école de finance des États-Unis

À 32 ans, Adam Grant est le plus jeune professeur de la Wharton School, la plus prestigieuse école de finance américaine. C'est aussi le plus apprécié. Il a été nommé l'un de 40 meilleurs professeurs de gestion du monde parmi les 40 ans ou moins. Le Triomphe des généreux a été traduit dans 24 langues.


Diane Bérard - Votre livre affirme que, plus nous nous montrons généreux au travail, mieux nous réussissons. Comment êtes-vous parvenu à une conclusion aussi étonnante ?


Adam Grant - J'ai étudié le succès sous un autre angle. On a toujours cru que celui-ci tenait à notre personnalité. Que certains possédaient la personnalité requise pour réussir, d'autres pas. Et si le succès tenait plutôt aux interactions que l'on crée ? À force d'entrevues et de lectures, j'ai découvert que, même au travail, l'altruisme mène au succès.


D.B. - Que gagne-t-on à être altruiste au travail ?


A.G. - Prenons deux exemples : la résolution de problème et la rétroaction. Aider les autres à résoudre leurs problèmes nous rend meilleurs à résoudre les nôtres. Quant à la rétroaction, elle représente une source d'apprentissage. Sans compter que, chaque fois que vous partagez votre expertise, cela vous positionne comme un expert. En aidant vos collègues, vous devenez un contributeur recherché.


D.B. - Vous avez établi trois types de profils : les donneurs, les preneurs et les échangeurs. Décrivez-les-nous.


A.G. - Les donneurs n'ont qu'une motivation : avoir un impact positif sur la vie des autres. Les preneurs, eux, veulent gagner. Quant aux échangeurs, ils se soucient d'équité. Lors d'une fusion, le donneur dira : «Laisse-moi trouver comment améliorer ton sort et je te montrerai comment tu peux améliorer le mien». Le preneur se demandera : «Comment puis-je m'en tirer avec la plus grosse part ?» Et l'échangeur pensera : «Voyons ce que chacun de nous désire et cherchons un compromis acceptable pour les deux».


D.B. - Il y généreux et... bonasse.


A.G. - En effet, tous les donneurs ne connaissent pas le succès. Le donneur allocentrique consacre temps et énergie aux autres, au mépris de ses propres besoins. Il en paie le prix. Le donneur altruiste garde toujours un oeil sur ses propres intérêts. Ceux-ci orientent sa générosité et déterminent quand et comment, où et à qui il donne. Cela lui permet d'être à la fois prospère et généreux.


D.B. - Les donneurs sont-ils nécessairement de bons gars et de bonnes filles ?


A.G. - Non. Le bon gars, ou la bonne fille, est généralement gentil. De plus, il est souvent guidé par des valeurs morales. Le donneur, lui, n'est pas nécessairement gentil. Certains se révèlent carrément désagréables. Ils jouent l'avocat du diable et excellent dans la rétroaction critique. Mais ils le font pour aider. Et ils aident vraiment.


D.B. - Comment un donneur peut-il se protéger ?


A.G. - Le donneur veut aider, il peut avoir tendance à verser dans les sentiments. Mais, lorsqu'il négocie, il doit apprendre à se concentrer sur la raison et l'intellect de son interlocuteur plutôt que sur l'émotion, sinon il risque de trop lui céder.


D.B. - Les donneurs sont-ils productifs ? À force d'aider les autres, leur reste-t-il du temps pour accomplir leurs tâches ?


A.G. - À court terme, ils produisent moins. Mais, à moyen terme, ils prennent les devants. Les vendeurs-donneurs, par exemple, performent rarement bien au premier trimestre de l'année. En disant «je ne crois pas que ce produit comble vos besoins», ils perdent des ventes. Par contre, au dernier trimestre, ils cumulent plus de clients fidèles que leurs collègues. Prenons maintenant le cas des étudiants en médecine de type donneur. En première année, leurs notes sont plus faibles que celles de leurs collègues. Ils consacrent trop de temps à aider. Par contre, dès qu'ils amorcent leurs stages, leurs notes grimpent. Lorsqu'il faut collaborer et faire preuve d'empathie envers les patients, les donneurs ont l'avantage.

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