Gérer par delà la mesure

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Septembre 2015

Gérer par delà la mesure

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Septembre 2015

Par Robert Dutton

«On ne gère bien que ce qu'on mesure», s'il faut en croire l'aphorisme...


Après 40 ans passés à agir dans l'entreprise et à réfléchir sur elle, j'en doute plus que jamais.


Certes, la mesure est importante. La mesure des quantités, des coûts de revient, des ventes, de la qualité et de la non-qualité des produits et des services... Tout ce qui crée une connaissance intime de la performance de l'entreprise est important.


Au fil des ans toutefois, j'ai appris que la première responsabilité d'un chef de la direction se situe ailleurs. Le patron est le gardien, le premier gestionnaire de la culture d'une entreprise. Je l'ai dit et écrit souvent : les employés ne sont pas, comme on le répète, le plus important actif stratégique de l'entreprise ; ils sont le seul actif stratégique de l'entreprise. Et la culture est ce qui rend leur action collective performante ou non.


Lou Gerstner, le dirigeant qui a redressé et relancé IBM sur la voie du succès dans les années 1990, dit avoir appris de cette expérience «que la culture n'est pas qu'un aspect du jeu : elle est le jeu».


Comment gérer la culture d'entreprise


Soyons clair : le chef d'entreprise ne doit pas négliger la mesure de ce qui est mesurable. Mais il doit gérer par delà la mesure. Sinon, il n'ajoute aucune valeur à ce que font, ou devraient faire, ses subordonnés.


Comment, alors, gérer ce qu'on ne mesure pas ? Comment gérer la culture ?


D'abord en prenant conscience qu'elle existe ; et en s'en faisant une idée aussi claire que possible. Paradoxalement, il faut éviter d'en faire un concept fourre-tout où on range tout ce qui est difficile à mesurer. La culture regroupe un ensemble de valeurs tenues pour acquises dans une organisation ; les comportements, les certitudes, les habitudes ; les «c'est comme ça qu'on fait ici», qui finissent par former une véritable idéologie.


Toutes ces choses ne se mesurent pas. Mais elles s'observent. Comme l'a écrit Peter Drucker : «D'abord, le dirigeant doit connaître les faits». À quoi j'ajouterais : même, et surtout, les faits qui ne se mesurent pas.


Le chef d'entreprise qui ne sort pas régulièrement de son coin d'étage, qui ne se rend pas régulièrement «sur le plancher» pour écouter et observer les employés à tous les échelons, se prive de cette connaissance des faits. Un bon chef d'entreprise a quelque chose de l'anthropologue, et celui qui ne va pas dans tous les coins de sa «tribu» est comme un anthropologue qui écrirait sur les cultures amazoniennes sans y avoir séjourné.


Dans un monde idéal, le chef d'entreprise devrait observer et comprendre non seulement la culture de sa propre entreprise, mais celle de toute entreprise qu'il entend acquérir. Combien de fusions et acquisitions ont échoué parce que les cultures de deux entreprises étaient incompatibles, ou qu'on n'a pas tenu compte du facteur culturel dans la stratégie d'intégration ? Dans un monde idéal, un «audit culturel» ferait systématiquement partie de la vérification diligente préalable à toute acquisition.



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