«L'avenir de la finance n'est pas la finance traditionnelle»

Publié le 10/02/2016 à 18:17

«L'avenir de la finance n'est pas la finance traditionnelle»

Publié le 10/02/2016 à 18:17

Par Julie Cailliau

Il y a un an, presque jour pour jour, le consortium international de recherche sur les changements climatiques Future Earth prenait racine à Montréal. Mercredi, son directeur exécutif, Paul Schrivastava, s'adressait au CORIM, à Montréal, pour inviter les gens d’affaires à participer à la lutte. Notamment en finançant la recherche.


«L’avenir de la finance n’est pas la finance traditionnelle. Ce sera la finance durable, la finance de la lutte aux changements climatiques. Nous pouvons créer toute une industrie autour du financement de projets de décarbonisation», a déclaré l’Américain d’origine indienne, lui-même un ancien entrepreneur.


Et Montréal est bien placée pour revendiquer un branding de développement durable, croit-il. Ne serait-ce qu’à cause de sa proximité avec le Grand Nord: «L’arctique sera le Ground Zero des changements climatiques». D’autre part, Paul Schrivastava juge que Montréal a l’avantage d’être tissée serrée. «C’est une ville qui ne fait qu’une lorsqu’il s’agit de créer des choses.»


Il y a urgence, a fait valoir le professeur. Graphiques à l’appui, il a montré ce qu’il appelle «The Great Acceleration» que subit la planète. Population, consommation d’eau, télécommunications, tourisme international, transports, etc.: autant d’indicateurs qui crèvent le plafond depuis quelques décennies, avec les conséquences que l’on connaît.



Dans ce nouveau contexte, nous avons besoin de nouvelles façons de faire. «Future Earth a été créé pour briser les silos et développer des solutions transdisciplinaires. Nous devons regarder le portrait global. La recherche doit maintenant inclure les sciences humaines, mais aussi inclure toutes les parties prenantes. Nous voulons amener à la table le secteur privé et la société civile.»


La «business» ne peut plus être «as usual», a-t-il souligné. « Il faut revoir toutes les infrastructures. Énergie, alimentation, eau, urbanisation, etc. Quelles technologies nous faut-il? Comment les financer?»


La lutte aux changements climatiques n’est pas nécessairement «une menace; elle peut devenir une partie intégrante de la stratégie d’affaires des entreprises», estime celui qui est aussi professeur de management à la John Molson School of Business de Concordia. Une occasion pour l’entrepreneuriat social, pour des entreprises «avec une attitude différente et des valeurs différentes», a-t-il ajouté.


Si Future Earth profitait de la tribune du CORIM devant la communauté d’affaires pour interpeler les entreprises, elle n’en oubliait pas pour autant les décideurs politiques. Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec et un des instigateurs du pôle de Future Earth à Montréal, a rappelé que Dominique Anglade a joué un grand rôle dans l’implantation de l’organisation ici alors qu’elle dirigeait Montréal International. Maintenant ministre de l’Économie, quel soutient lui apportera-t-elle? «On devrait la voir très bientôt pour discuter de financement», a lancé Rémi Quirion dans un sourire.


Future Earth est engagée dans 23 projets, auxquels participent 60000 chercheurs dans le monde. Elle dispose de cinq bureaux, à Montréal, Paris, Stockholm, Tokyo et Boulder, aux États-Unis. Trois nouveaux pôles devraient ouvrir cette année: au Rwanda, en Afrique du Sud et dans un pays du sud de l’Asie.

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