Capture et revalorisation du carbone : des technologies d’avenir déjà implantées

Publié le 11/05/2018 à 11:03

La compagnie québécoise CO2 Solutions a déjà mis en démonstration certaines technologies novatrices permettant de capturer, mais aussi de revaloriser le dioxyde de carbone. Aperçu de deux d’entre elles.


Les défis reliés aux changements climatiques sont vastes et affectent toute la planète. Pour aider à les relever, des protocoles internationaux ont été signés afin de réduire progressivement la production de gaz à effet de serre (GES), des ententes auxquelles le Canada s’est soumis. La tarification du carbone, déjà en vigueur au Québec et sera progressivement mise en place à travers le Canada, est une autre stratégie utilisée par les gouvernements pour inciter les entreprises à contrôler et à diminuer leurs émanations de dioxyde de carbone (CO2). Afin de se conformer à la réglementation, les entreprises devront toutefois mettre en œuvre des stratégies de réduction des GES.


Unité de démonstration à Montréal-Est


Plusieurs industries lourdes génèrent d’importantes quantités de CO2. «C’est le cas de la pétrochimie, de la fabrication de ciment, des pâtes et papiers, ainsi que de la métallurgie», explique Louis Fradette, directeur Valorisation Carbone Québec.


Depuis plusieurs années, l’entreprise CO2 Solutions élabore un procédé performant pour la capture du CO2 en vue de le réutiliser ou de le séquestrer. L’entreprise a ainsi développé une technologie innovatrice brevetée utilisant un enzyme, l’anhydrase carbonique, afin de capturer le CO2 produit par les grandes sources fixes d’émission.


On trouve actuellement une unité qui capture 10 tonnes de carbone par jour opérant sur le site industriel de Chimie Parachem dans le cadre du projet Valorisation Carbone Québec. Cette unité démontre qu’il est possible de capturer le CO2 à un coût très compétitif selon un procédé environnementalement durable. «Cette technologie est plus abordable que toutes celles qui existaient jusqu’à aujourd’hui. Au bout du compte, elle permet de créer des produits à valeur ajoutée qui réutilisent le CO2, et ce à des prix compétitifs à leurs équivalents sur le marché», mentionne Louis Fradette, directeur Valorisation Carbone Québec.


Premier projet commercial : des serres qui carburent au CO2


Au-delà du projet VCQ, un premier projet commercial est en voie de réalisation et devrait être opérationnel dès l’automne. «Il consiste à capturer 30 tonnes par jour de de dioxyde de carbone produit par l’usine de pâte de Produits Forestiers Résolu, à Saint-Félicien au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce CO2 sera ensuite injecté dans les serres Toundra voisines à l’usine de Résolu », précise Louis Fradette. Pourquoi des serres? Il faut savoir que les producteurs serricoles ajoutent habituellement du CO2 à un taux d’environ 1 000 ppm dans l’air de leurs installations, ce qui permet d’augmenter les récoltes d’environ 50 %. En effet, les plantes ont besoin de dioxyde de carbone, un élément essentiel à la photosynthèse qui leur permet de bâtir leur structure.


Le CO2 injecté dans les serres peut être obtenu par la voie de la combustion de combustibles fossiles, comme le gaz naturel, dans des générateurs spécifiquement prévus à cette fin. Or, ce procédé couteux présente l’inconvénient de produire de l’humidité durant la combustion, ce qui pourrait constituer un problème pour la culture de certaines plantes.


Pour pallier ces difficultés, plusieurs producteurs ont opté pour la solution du CO2 pur, livré par camion sous forme liquide. Ce faisant, ils peuvent mieux contrôler les quantités injectées dans les serres et adapter celles-ci à leurs besoins. Toutefois, ce type de CO2 est généralement encore plus coûteux que celui produit par combustion de gaz naturel. «La solution que nous proposons est nettement plus intéressante, car elle permet de capter et de concentrer le dioxyde de carbone de façon plus économique à partir de sources d'effluents gazeux situés à proximité, en l’occurrence à l’usine Résolu», mentionne M. Fradette. Cette solution offre aussi l’avantage d’éliminer le recours à des combustibles fossiles additionnels pour produire du CO2 qui existe déjà. Injecter du CO2 dans les serres pour obtenir de plus beaux légumes qui poussent plus vite? Une excellente façon de valoriser ce gaz au lieu de l’envoyer dans l’atmosphère!

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