3L commence Ă  construire par le toit

Publié le 06/03/2010 à 00:00, mis à jour le 07/10/2013 à 13:04

3L commence Ă  construire par le toit

Publié le 06/03/2010 à 00:00, mis à jour le 07/10/2013 à 13:04

Par Dominique Froment

Photo : Gilles Delisle

Ériger un immeuble en commençant par le toit, voilà un concept qui peut paraître invraisemblable, mais qui est appelé à connaître du succès s'il procure les économies de temps et d'argent promises par 3L-Innogenie.


 


Appelée Upbrella, la méthode mise au point par les copropriétaires de 3L, Gilles Larouche, son fils Joey et son neveu Justin, offre des avantages aux promoteurs d'immeubles de plus de 12 étages. Il reste toutefois à voir comment l'industrie de la construction, plutôt conservatrice, accueillera la nouveauté.


 


" Dès que le bâtiment sort de terre, nous construisons l'ascenseur et le toit directement sur le plancher du premier étage, explique Gilles Larouche. Ensuite, nous soulevons le toit d'un étage, au moyen de vérins installés dans la structure. "


 


Au lieu d'attendre que toute la structure d'acier ou de béton soit érigée avant de construire les murs extérieurs et d'installer l'ascenseur, on " ferme " tout de suite le premier étage et on termine l'aménagement intérieur, y compris les divisions, les systèmes mécaniques et électriques, ainsi que l'ascenseur. De sorte que ce premier étage peut être occupé par le locataire immédiatement. On élève ensuite la toiture d'un étage et on recommence.


 


3L s'est associée à Global-Tardif pour que celle-ci lui conçoive un ascenseur spécial, qui peut fonctionner même si l'immeuble n'a pas atteint sa hauteur maximale.


 


La PME compte aussi parmi ses partenaires le Groupe Paco, l'ancien employeur de Joey Larouche, et fabricant de systèmes de levage, ainsi que Produits Fraco, un concepteur de plateformes élévatrices hydrauliques. 3L, Paco, Fraco et Global-Tardif offriront leur technique à des intégrateurs licenciés qui proposeront leurs services à des promoteurs. Ils espèrent qu'un premier immeuble sera érigé selon leur méthode d'ici la fin de l'année.


 


Un risque financier moindre


 


La technique Upbrella, en instance de brevet mondial, permet au promoteur de percevoir des revenus de location quelques mois seulement après le début des travaux, tandis qu'avec la méthode traditionnelle, il doit habituellement attendre la troisième année.


 


De plus, le promoteur peut mettre le projet en attente - s'il a de la difficulté à trouver des locataires, par exemple - et le poursuivre plus tard. Cet avantage réduit considérablement le risque financier d'un projet et, par conséquent, facilite son financement.


 


Les locataires tirent eux aussi avantage de la méthode Upbrella, car le local qu'ils ont réservé dans l'immeuble neuf est disponible beaucoup plus rapidement qu'avec la méthode de construction traditionnelle.


 


Quant aux travailleurs, le fait d'installer les murs extérieurs un étage à la fois les protège des intempéries et rend leur milieu de travail plus sécuritaire.


 


Une technique économique


 


Par ailleurs, cette méthode peut permettre d'économiser sur les coûts de construction, selon les Larouche.


 


Plus l'immeuble compte d'étages, plus les économies sont importantes, pour des raisons d'amortissement de l'équipement. À moins de 12 à 15 étages, la méthode de construction traditionnelle reste plus économique. 3L et ses partenaires visent les immeubles qui ont une superficie par étage de 15 000 pieds carrés ou moins.


 


D'où vient l'idée ?


 


Gilles Larouche a toujours oeuvré dans le secteur de la construction. Il a été chargé des projets de rénovation des sièges sociaux de la Sûreté du Québec et d'Hydro-Québec, ainsi que de l'édifice Ernest-Cormier (Cour d'appel), tous situés à Montréal.


 


Son fils Joey a travaillé pour le Groupe Paco, spécialisé dans les systèmes de levage. Avant de cofonder 3L-Innogenie, en mars 2009, il était chef de service, ingénierie concepts avancés, chez BRP.


 


Justin, le cousin de Joey, a fondé deux entreprises auparavant. Son entreprise précédente, Cultiva, se spécialise dans les systèmes de positionnement (GPS) pour l'agriculture.


 


" Mon père et moi cherchions une façon de jumeler son expertise en construction et mon expertise dans le domaine des systèmes de levage, dit Joey Larouche. Quand nous avons trouvé le concept, nous avons invité Justin à se joindre à nous, car il avait une bonne expérience en création d'entreprises. "

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