Quelles mesures budgétaires devraient être privilégiées ?

Publié le 05/02/2011 à 00:00, mis à jour le 21/02/2011 à 16:18

Quelles mesures budgétaires devraient être privilégiées ?

Publié le 05/02/2011 à 00:00, mis à jour le 21/02/2011 à 16:18

Par Dominique Froment

Des mesures à abolir


> Favoriser les petites entreprises plutôt que les grandes est une pratique à remettre en question, selon Luc Godbout, professeur titulaire à l'Université de Sherbrooke et chercheur à la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques. " Les petites entreprises ont un taux d'imposition moindre au Québec que les grandes (8 % contre 11,9 %). Est-ce bien utile de leur offrir cet avantage, compte tenu que ce sont les grandes entreprises qui déménagent dans les pays émergents ? "


> Abandonner les subventions à la R-D, qui ne fonctionnent pas, selon Claude Montmarquette, pdg du CIRANO, et Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec (CPQ). " Personne ne sait trop pourquoi, mais les crédits d'impôt à la recherche ne se transforment pas en innovation ", affirme M. Montmarquette. " Nous sommes des champions en R-D, mais des cancres en innovation ", renchérit M. Dorval.


> Subventionner les entreprises établies est une mauvaise idée, selon Louis Jacques Filion, professeur à HEC Montréal et chercheur à la Chaire d'entrepreneuriat Rogers-J. A. Bombardier : " Plusieurs études montrent que ces aides ne font que bonifier le bilan des entreprises. "


Dans la même veine, s'il y a quelque chose qui agace Pierre-André Julien, ce sont les subventions aux sociétés pharmaceutiques : " Ça n'a pas de bon sens de subventionner des sociétés milliardaires. D'autant plus qu'elles n'investissent plus au Québec ", explique le professeur émérite de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Tant qu'à y être, il abolirait aussi sans culpabilité les subventions aux multinationales, comme les alumineries. " Ce n'est pas parce que les autres [pays ou régions] le font qu'il faut commettre la même erreur. "


Les entreprises devraient être un peu moins subventionnées, mais aussi moins taxées, ajoute M. Montmarquette. Question de ne pas gaspiller d'argent dans des canards boiteux qui n'en méritent pas tant.


> Aider au maintien des emplois est dépassé, selon Yves-Thomas Dorval : " Ça ne mène à rien de subventionner une entreprise pour qu'elle ne ferme pas ses portes. Mieux vaut consacrer ces sommes à former la main-d'oeuvre. "


Des mesures à introduire


> Soutenir en priorité les entreprises qui investissent dans leur productivité et l'innovation, plaide Luc Godbout, de l'Université de Sherbrooke. " Il n'y a pas de raison pour que le gouvernement aide les entreprises qui font des profits et qui n'investissent pas. "


> Financer davantage les entreprises en prédémarrage et en démarrage. " Nous sommes très pauvres dans ce domaine ", remarque Louis Jacques Filion, de HEC Montréal.


> Aider les entreprises à se brancher aux universités, préconise Pierre-André Julien, de l'UQTR, qui prêche peut-être pour sa paroisse : " On l'a fait avec BRP (Bombardier Produits Récréatifs) en aidant ses 22 sous-traitants à atteindre un calibre international. Mais ça nécessite une vision à long terme et pas seulement un programme de deux ans. "


> Réduire les cotisations sur la masse salariale, quitte à diminuer l'aide financière et fiscale aux entreprises, conseille Yves-Thomas Dorval, président du CPQ : " Cette mesure aurait aussi l'avantage d'abaisser les coûts du plus gros employeur au Québec... le gouvernement du Québec ! "

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