Les milliardaires du monde entier adorent le hockey

Publié le 26/10/2017 à 16:30

Les milliardaires du monde entier adorent le hockey

Publié le 26/10/2017 à 16:30

Par François Remy

Les grandes fortunes investissent toujours plus dans le milieu sportif. Bonne nouvelle pour notre discipline nationale?


Depuis la nuit des temps, les riches familles cherchent à léguer un héritage qui ne se résume pas à leur fortune. Les personnes d’influence accordent alors leur protection aux musées, aux artistes, en rendant plus accessibles au grand public des collections uniques. Mais ce patronage s’est intensifié et étendu au fil des années.


Selon l’étude publiée conjointement ce jeudi par la banque suisse UBS et le cabinet de consultance PwC, le rôle des milliardaires se veut désormais grandissant dans… le sport.


109 milliardaires se partagent ainsi plus de 140 clubs sportifs autour du globe, toutes catégories confondues, indique le document synthétisant les données de l’année dernière.


Ces propriétaires résident essentiellement aux États-Unis (60), où deux-tiers des ligues de football et de basket ainsi que la moitié des équipes de baseball leur appartiennent. L’ancien patron de Microsoft par exemple, Steve Ballmer, préside les Clippers, la franchise de la NBA basée à Los Angeles.



« 2400 milliards $ seront reversés lors des deux prochaines décennies, dans des causes philanthropiques principalement »


Rien d’étonnant diront certains, au Québec, c’est bien Joseph Saputo, fils du fondateur de l’empire des produits laitiers, qui possède l’Impact de Montréal. Dont les matchs sont hébergés dans un stade qui porte son nom. 


Il est néanmoins intéressant d’observer l’évolution des prix sur le marché des équipes sportives. «Seuls les milliardaires ont la puissance de feu financière pour assurer les investissements nécessaires», notent les rapporteurs d’UBS et de PwC.


Pour changer de mains il y a dix ans, il aurait fallu 200 millions $US pour un club d’une ligue majeure américaine. Désormais, il faut compter entre 600M et 1,2 G$US.


À perte culturellement? Au détriment de la société?


Pas forcément puisque ces investissements n’aident pas seulement les équipes sportives à gagner en rentabilité mais génèrent également d’importantes retombées financières sur les communautés qui les entourent.


S’offrir une équipe serait plus qu’un projet mégalomane ou une aventure d’affaires, ce serait pour certains un excellent moyen de promouvoir un pays, une région, une ville.


Le magnat du commerce électronique chinois, Jack Ma, PDG d’Alibaba, investit massivement dans les infrastructures, ayant construit l’une des plus grandes écoles de soccer au monde, recruté de talentueux joueurs internationaux et autres entraîneurs de renom. L’anecdote veut d’ailleurs que son équipe d’Evergrande Taobao a été la première formation chinoise à remporter la Ligue des champions d’Asie.


Naturellement, la motivation des grands patrons de clubs varie grandement, entre pure passion pour le sport, soutien communautaire et diversification de portefeuille financier.


Cela étant dit, les équipes doivent rester liées à leurs supporteurs, leur région. «Si elles perdent le contact, c’est un bon moyen d’échouer. La réussite sportive et la communauté sont interdépendantes», insiste le rapport Billionaires Insights 2017.


Dernier fait notable, notre hockey national attire l’attention des mieux nantis de ce monde. La discipline se classe dans le top 5 des sports de prédilection, réunissant 22 propriétaires milliardaires des États-Unis à l’Europe. Ce n’est qu’un de moins que le football américain, et deux de différence avec le basketball.


Le soccer reste dominant et donc dominé par les plus fortunés, avec 38 propriétaires. N’oublions pas qu’il attire le plus d’audience sur les télévisions, charriant d’importants droits de diffusion, attirant de gros annonceurs, et ainsi de suite.


Enfin, on surveillera les prochains développements d’une pratique dont ne parlent pas encore UBS/PwC mais qui se retrouvera peut-être dans le rapport 2018 grâce à la croissance effrénée du temps passé en ligne. Les Jeff Bezos et Mark Zuckerberg évoluant déjà dans l’univers des jeux vidéo, pourquoi ne s’achèteraient-ils pas une écurie d’eSport?


 


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