Le succès des fintechs passe par le financement

Offert par Les Affaires


Édition du 06 Mai 2017

Le succès des fintechs passe par le financement

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Édition du 06 Mai 2017

« Si les banques canadiennes ne veulent pas travailler avec les petites entreprises, celles-ci iront travailler avec les banques américaines. » David ­Nault, ­vice-président d’investissement chez iNovia ­Capital

L'an dernier, le milieu des affaires a investi plus de 1 milliard de dollars (G$) en capital de risque au Québec. Malgré cela, l'obtention de financement demeure une préoccupation importante pour les firmes innovatrices du secteur financier. Comment une fintech peut-elle donc maximiser ses chances d'obtenir du soutien financier ?


«Nous, on est capables de faire un chèque pour soutenir une start-up. Toutefois, c'est une relation qui se construit. L'entrepreneur doit comprendre que ce n'est pas après avoir pris un café avec l'investisseur qu'il recevra du financement», dit David Nault, vice-président d'investissement chez iNovia Capital, un fonds de capital de risque de démarrage possédant 500 millions de dollars (M$) d'actifs sous gestion. Il sera conférencier à l'événement FinTech organisé par le Groupe Les Affaires le 31 mai.


David Nault conseille aux fintechs d'avoir du concret avant d'approcher un fonds d'investissement, soit d'avoir un prototype d'application entre les mains, d'avoir rassemblé des utilisateurs bêta ou, mieux encore, d'avoir déjà un client. Le financement est alors utilisé pour l'accélération de l'entreprise plutôt que pour l'exploration, ce qui plaît aux investisseurs. Moins il y a de questions, moins il y a d'incertitudes, plus il y a de chances de succès.


«Si on compare deux partenaires potentiels, c'est certain que nous seront intéressés par celui qui a déjà 500 utilisateurs plutôt que par celui qui n'a encore qu'une idée», dit M. Nault. Dans le cas particulier des fintechs, le fait de collaborer avec une grande institution financière est une excellente façon de valider le potentiel d'une idée dans le but d'attirer les investisseurs et d'obtenir une meilleure évaluation financière.


La collaboration entre les grandes institutions financières et les petites firmes innovatrices du secteur de la finance permet aussi de soutenir l'écosystème fintech au Québec. Les entrepreneurs profitent alors de la base de clients des plus gros joueurs, de leurs canaux de distribution, de leur réputation et de leur marque, alors que les grandes institutions financières profitent des solutions innovantes que seules des petites entreprises - moins bureaucratiques, plus agiles, mieux placées pour faire face au risque - peuvent développer. «Si les banques canadiennes ne veulent pas travailler avec les petites entreprises, celles-ci iront travailler avec les banques américaines», dit David Nault.


Un fonds d'investissement risque aussi davantage de vouloir devenir actionnaire d'une fintech dotée d'une équipe apte à saisir l'occasion qu'elle entrevoit. Le fondateur connaît-il son industrie ? Quel genre d'expérience a-t-il accumulée, qu'a-t-il réalisé ? Est-il capable de communiquer sa vision ?


La taille du marché est un autre élément crucial dans la décision de financer ou pas une fintech. Faudra-t-il du temps au marché pour évoluer ? Si le marché existe déjà, la solution proposée viendra-t-elle remplacer un élément utilisé dans le marché actuel ? David Nault remarque que le paiement mobile, par exemple, a le potentiel de remplacer l'énorme marché des cartes de débit, et peut-être même celui des cartes de crédit.


Jay Ferst, associé-directeur chez Ferst Capital Partners, reconnaît qu'il existe encore un manque entre le financement de séries A et de séries C ou D. Il y a selon lui suffisamment d'anges investisseurs et de financement de démarrage, mais il estime qu'il est encore difficile pour les fintechs de trouver du financement leur permettant de croître suffisamment pour se rendre aux grands fonds de pension, comme OMERS, la caisse de retraite des employés municipaux de l'Ontario. «Il y a un manque énorme. Pour une excellente entreprise qui prend les bonnes décisions, qui croît, qui a une bonne adéquation produit-marché et qui veut prendre de l'expansion, ça reste un défi important d'obtenir de 20 à 30 M$ de financement», dit-il.


Comment faire pour combler le manque ? Il note que le problème est connu des gouvernements provincial et fédéral, qui commencent à libérer certains montants, sans que cela suffise cependant pour satisfaire entièrement les besoins de fonds.


Jay Ferst estime que le financement est un élément clé du succès des fintechs au Québec, mais il admet qu'il ne s'agit pas du seul. Le soutien offert par les firmes comme la sienne, surtout durant les étapes initiales, permet d'assurer que les sommes investies sont rentabilisées, surtout dans l'écosystème québécois, qui, selon lui, n'a pas encore acquis une solide compréhension des services financiers.


«Les fintechs ont parfois besoin de plus de soutien qu'un chèque et un coup de fil chaque trimestre.»


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