Aide aux entreprises, un chaos organisé

Publié le 05/02/2011 à 00:00, mis à jour le 21/02/2011 à 15:56

Aide aux entreprises, un chaos organisé

Publié le 05/02/2011 à 00:00, mis à jour le 21/02/2011 à 15:56

Par Dominique Froment

Comme chaque année à la même période, le gouvernement du Québec prépare son budget, qui sera probablement présenté en mars. Les Affaires a mené ses propres consultations prébudgétaires auprès de plusieurs experts en entreprises.


La question que nous leur avons posée est simple : quelles sont les aides financières ou fiscales que vous aboliriez dans le prochain budget, parce que vous les jugez inefficaces, et lesquelles introduiriez-vous pour favoriser la croissance des entreprises ?


Si la question est claire, les réponses de nos six spécialistes le sont moins.


Et pour cause : l'Annuaire des Subventions au Québec compte 352 pages et plus de 1 800 programmes.


Des programmes dont il est difficile de mesurer l'efficacité. " Quand avez-vous vu pour la dernière fois une étude sur la rentabilité ou la non-rentabilité d'un programme d'aide aux entreprises ? " lance Nathaly Riverin, directrice générale de l'École d'entrepreneurship de Beauce. " Il n'existe pas d'outils pour évaluer ces programmes. Et puis, les meilleurs programmes ne donneront pas les résultats escomptés s'ils sont administrés par des fonctionnaires mal formés. "


En plus, ajoute l'ancienne vice-présidente, vigie et développement, de la Fondation de l'entrepreneurship, l'aspect politique est évidemment incontournable. Si on s'aperçoit, après un an, qu'un programme qui doit en durer trois ne fonctionne pas dans une région, le gouvernement ne peut pas l'abolir. Le prix politique à payer serait trop élevé.


Au nombre de fois où, au cours de nos entrevues, nous avons entendu " c'est très complexe ", force est d'admettre que personne ne détient la vérité dans le domaine de l'aide aux entreprises. Ceux qui conçoivent ces programmes ont un mandat difficile, car ils sont tiraillés entre des entrepreneurs qui ont des attentes différentes et des politiciens qui visent à être réélus.


Nos entrepreneurs peuvent se consoler : ils reçoivent quatre milliards de dollars d'aide par année, soit le double du montant octroyé en Ontario, dont l'économie est pourtant plus importante que la nôtre.

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