Une start-up en guerre contre les dégâts d'eau


Édition du 12 Août 2017

Une start-up en guerre contre les dégâts d'eau


Édition du 12 Août 2017

Par Matthieu Charest

Ubios, dont ­Mathieu ­Lachaîne est le président et le fondateur, affirme que son dispositif permet de limiter l’occurrence des dégâts d’eau, mais aussi d’économiser 25 % sur le chauffage.

Ils occasionnent des pertes matérielles, des coûts importants, du stress, des pertes de temps et de souvenirs. Les dégâts d'eau sont une vraie plaie. Et malheur à vous si votre habitation est une copropriété. Selon le Bureau d'assurance du Canada (BAC), il s'agit de la principale cause de sinistre pour ce type d'habitation. Et elle fait monter primes et franchises d'assurance. Un gros problème, mais un marché formidable pour Ubios, qui pense avoir trouvé la solution afin de prévenir ce fléau.


L'entreprise montréalaise commercialise un système qui allie l'Internet des objets et l'intelligence artificielle. «Dans toutes les pièces où il y a une entrée d'eau, nous installons une valve sur la tuyauterie et nous remplaçons le thermostat, explique Mathieu Lachaîne, président et fondateur. Quand une personne entre dans la pièce, la valve s'ouvre ; quand elle quitte la pièce, la valve se referme.»


À l'instar du système de thermostats intelligents Nest, acheté par Alphabet (Google) en 2014, le chauffe-eau et les plinthes électriques sont contrôlés par le système Ubios et s'adaptent donc à la présence ou à l'absence d'individus dans l'habitation. Selon la start-up, non seulement l'occurrence et la gravité des dégâts d'eau sont grandement limités, mais les économies de chauffage peuvent atteindre 25 %.


Quant aux primes d'assurance, elles pourraient être amenées à diminuer, mais il faudra d'abord convaincre les assureurs. L'entreprise fait le pari que son système intéressera les firmes d'assurance, car les dégâts d'eau représentent 95 % des réclamations produites par les copropriétés, selon le BAC.


Les syndicats qui gèrent les complexes d'habitation devraient eux aussi tendre l'oreille. Selon un sondage mené par le Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du Québec en 2015, les copropriétés ont connu en moyenne 1,42 sinistre sur une période de cinq ans, dont 58 % étaient des dégâts d'eau. En conséquence, plus de 60 % des syndicats ont connu une hausse de plus de 20 % de leurs primes d'assurance et du montant de leurs franchises.


Un succès d'estime


Ce n'est donc pas un hasard si Ubios cible les tours résidentielles. «Plus les immeubles sont élevés, plus les dommages peuvent être importants. Cependant, nous allons nous concentrer sur le résidentiel, car le secteur commercial requiert trop de personnalisation, affirme M. Lachaîne. Nous pensons plutôt croître en répliquant notre modèle en Europe ou aux États-Unis.»


Le modèle de revenus fonctionne un peu comme un forfait cellulaire. Selon les options choisies, il en coûte de 19,99 $ à 49,99 $ par mois, par unité. Le terme des contrats court sur 5 ou 10 ans.


Fondée en 2014, l'entreprise de quatre employés a commencé l'installation de ses premiers dispositifs en décembre dernier. Le contrat, signé avec des copropriétés de Mont-Tremblant, implante le système Ubios dans une centaine de copropriétés sur les 2 300 du parc immobilier du site de villégiature. Un premier succès qui représente des ventes de 375 000 $.


«Le cycle de vente est assez long, confie le président fondateur. Souvent, les gestionnaires d'immeubles et les syndicats de copropriétés doivent parafer le contrat. Cela peut prendre 12 mois.»


Si le temps est un enjeu, l'entrepreneur de 38 ans ne s'inquiète pas outre mesure de la compétition. Selon lui, les difficultés de certification sont telles que la concurrence potentielle sera freinée dans ses tentatives de conquête.


Ubios compte déjà Vidéotron parmi ses partenaires. Les composantes du système sont fabriquées par Stelpro, située à Saint-Bruno- de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal. C'est l'entreprise Fusion Énergie qui est le partenaire installateur.


Après avoir récolté 156 500 $ l'an dernier par un financement participatif sur GoTroo (soit 156 % de son objectif) et 250 000 $ de PME MTL l'entreprise prévoit une deuxième ronde de financement vers la fin de 2017. Cette fois, la somme recherchée pourrait avoisiner 10 millions de dollars.


D'ici la fin de l'année, Ubios a pour objectif d'installer son système dans 1 000 unités d'habitation. Le chiffre d'affaires est actuellement d'environ 1,2 million de dollars, et dès 2018, Mathieu Lachaîne entend entrer sur le marché des exportations.

À suivre dans cette section


image

Objectif Nord

Mardi 25 septembre


image

Gestion du changement

Mercredi 03 octobre


image

Marché du cannabis

Mercredi 10 octobre


image

Expérience client

Mercredi 14 novembre


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier

Sur le même sujet

À la une: quand la finance investit dans la finance

Édition du 22 Septembre 2018 | Les Affaires

Le dernier numéro de Les Affaires est là! En manchette, quand la finance investit dans la finance.

Des entreprises «zombies» nuisent à la productivité du Canada

Deloitte s'inquiète du nombre de société de plus de 10 ans dont les bénéfices ne permettent pas de payer leur dette.

À la une

Voir les choses sous un autre angle pour réussir en Bourse

BLOGUE INVITÉ. Cela ne veut pas dire qu’il faut adopter l’opinion contraire à celle du plus grand nombre.

Les taux grimpent, que faire avec les obligations à court terme?

16:11 | Ian Gascon

Les FNB d’obligations ne s’écroulent pas malgré la hausse des taux. Voici pourquoi:

MTY et Richelieu graduent au S&P/TSX

Le 24 septembre avant l'ouverture, MTY et Richelieu feront enfin leur entrée au grand indice de la Bourse de Toronto.