Sur la piste des géants, en Inde

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Avril 2014

Sur la piste des géants, en Inde

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Avril 2014

Par Matthieu Charest

Photo: Bloomberg

Sylvain Charbonneau revient enthousiaste de son premier voyage en Inde. Le vice-président de Composites VCI est presque fébrile lorsque Les Affaires le joint à ses bureaux de Saint-Lin, dans Lanaudière, en décembre. Les objectifs qu'il s'était fixés avant son départ sont atteints, voire largement dépassés.


L'entreprise, spécialisée dans les matériaux composites à forte teneur technologique, surfe sur une vague de succès à l'international. Après le Brésil, où elle a entamé la fabrication avec un partenaire local en janvier 2014, la PME d'environ 125 employés a jeté son dévolu sur l'Asie.


«Dans le cadre de notre plan stratégique, nous avons décidé de cibler les marchés où la croissance est la plus forte, souligne M. Charbonneau. L'expérience brésilienne nous a confortés dans notre intention d'explorer le marché indien. C'est que le potentiel pour nous y est, au bas mot, énorme.»


Avec l'aide du Bureau du Québec à Mumbai, il s'y est rendu du 21 au 30 novembre dernier. Deux objectifs ont motivé sa visite. D'abord, explorer le marché de l'énergie éolienne, puis tenter de saisir les enjeux relatifs au marché du transport en commun.


Satisfait à cet égard, le vice-président est de retour avec, en prime, un protocole d'entente avec une entreprise indienne située à Chennai (anciennement Madras), dans le sud-est du pays.


«Ensemble, nous allons analyser la faisabilité d'un projet de production de pièces pour le secteur du transport en commun, révèle-t-il. Avoir un partenaire local est impératif. Ça simplifie beaucoup la gestion des ressources humaines et la production au quotidien. Nous allons nous concentrer sur le produit et la qualité.»


Des investissements massifs dans les infrastructures


Si l'Inde offre de telles occasions pour Composites VCI, dont le chiffre d'affaires est d'environ 20 M$, c'est que le gouvernement central investit massivement dans la mise à niveau et la construction de nouvelles infrastructures.


Pour ce faire, «les Indiens ont besoin de l'expertise québécoise, explique Sylvain Charbonneau. Ils sont très forts dans la conception de projets, mais ils ont beaucoup de difficultés à les mettre en oeuvre.» Ce qui, selon lui, s'explique «par un manque d'expérience et le fait que la société indienne est individualiste. C'est très fastidieux d'y réaliser des projets collectifs».


C'est de là que découle d'ailleurs la principale source d'inquiétude de Composites VCI. «Ils sont tellement avides de savoir-faire qu'il faut prendre tous les moyens pour protéger notre propriété intellectuelle, assure-t-il. La délégation et les locaux nous ont mis en garde.»


L'autre crainte de la PME repose sur le prix de vente exigé en Inde. L'entreprise de Chennai, avec laquelle la québécoise a signé un protocole d'entente, leur a d'ailleurs servi un avertissement à cet effet. «Elle nous a dit : "pour vous implanter ici, votre prix doit être extrêmement concurrentiel", raconte M. Charbonneau. La concurrence est féroce, et le gouvernement ne "nage pas dans l'argent". Je pense toutefois qu'on peut en arriver à un très beau compromis, tout en respectant nos critères de qualité.»


Quant à la bureaucratie, réputée en Inde pour sa lourdeur, Sylvain Charbonneau s'en réjouit presque. «Vous allez me trouver étrange... Mais je vois ça comme une "barrière à l'entrée", un peu comme au Brésil. Une fois que nous serons implantés, nos concurrents aussi devront l'affronter ! De toute façon, ajoute-t-il, si les entreprises québécoises ne s'intéressent pas à l'étranger, elles ne survivront pas.»


Les Affaires s'est penché sur le récit de huit Québécois qui ont choisi de s'exiler pour démarrer une entreprise. Si leurs pays d'adoption respectifs - et leurs parcours - sont parfois aux antipodes, ils partagent tous une audace et une détermination singulière.


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