Même le diable succomberait à ces bières

Offert par Les Affaires


Édition du 08 Avril 2017

Même le diable succomberait à ces bières

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Édition du 08 Avril 2017

Par René Vézina

[Photo: 123rf]

Au début, c'était une idée un peu folle de cinq amateurs de bières, plus bohèmes qu'entrepreneurs, qui voulaient simplement en déguster de meilleures.


Ils ont décidé d'appeler leur microbrasserie de Shawinigan le Trou du diable, peut-être après une soirée où ils avaient bien profité de leurs produits naissants... Pourquoi ce nom ? Parce que les chutes de la puissante Saint-Maurice y ont forgé, au fond, un trou si profond qu'on dit qu'il mène jusqu'en enfer et qu'on appelle justement le Trou du diable.


Serait-ce aussi parce que Shawinigan a, au début des années 2000, touché le fond quant à l'état de son économie ? L'appellation était, en soi, prémonitoire. De l'enfer, on est au moins passé au purgatoire et l'ascension se poursuit.


C'est donc en 2006, alors que commençait la vogue des microbrasseries au Québec, que l'entreprise a offert ses premières bières sur le marché. Volume initial, 60 000 litres. Faites le calcul en termes de bouteilles conventionnelles : à peine 180 000, relativement peu pour faire vivre une entreprise.


Mais leurs bières ont rapidement attiré l'attention, aidées par le savoureux pub qui porte leur nom, près du Saint-Maurice et aujourd'hui, le Trou du diable produit plus d'un million de litres de bières par année et peine à répondre à la demande. Mieux, elles s'exportent maintenant à travers le monde, et qui plus est, même en Belgique !


Quand j'y suis passé, les dirigeants discutaient avec leur représentant français de la prochaine offensive pour consolider l'offre dans les boutiques spécialisées, et même au-delà, dans les grandes chaînes.


Ce n'est pas une exception : on peut aujourd'hui trouver leurs bières dans 40 États américains tout comme dans plein de pays comme le Brésil, et le marché de l'Afrique est en plein essor... «La demande est telle que la production a été multipliée par huit depuis quatre ans», selon Isaac Tremblay, un des cofondateurs, aujourd'hui directeur du développement des affaires, qui a de quoi s'occuper.


Et leurs bières maturent dans des barriques aux antécédents nobles, qui ont abrité auparavant des portos, des banyuls, du calvados, de quoi contribuer à leur saveur. Tout ça dans un édifice longtemps abandonné, cette ancienne filature de Wabasso qui renaît aujourd'hui grâce à l'inspiration d'entrepreneurs du XXIe siècle. Si vous voulez vous en convaincre, tâchez, pour les amateurs de bières noires, de vous procurer une Sang d'encre, elle est sincèrement dans une classe à part...

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