L'incontournable dragon chinois

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Avril 2014

L'incontournable dragon chinois

Offert par Les Affaires


Édition du 05 Avril 2014

Par Matthieu Charest

À l'instar de beaucoup d'entreprises québécoises, m0851 observe la Chine avec intérêt depuis longtemps. «Ça fait plus d'une décennie que j'étudie de loin l'évolution du marché chinois, explique Monique Abitbol, directrice des marchés internationaux du fabricant montréalais de sacs et d'accessoires de cuir. Mais nous avions d'autres priorités à cette époque.» Peu à peu, la marque s'implante partout dans le monde, notamment en Europe et au Japon.


Puis, il y a deux ans et demi, m0851 sent que le marché chinois est mûr pour l'accueillir. «Les grandes maisons européennes ont défriché le marché. Maintenant, il est prêt pour nous, affirme Mme Abitbol. Nous ne voulions pas attendre, le moment était venu d'y aller.»


Ils démarrent le processus, qui se révélera long et fastidieux. «Disons que la bureaucratie chinoise n'a rien à voir avec celle du Québec», lance la directrice en éclatant de rire. D'autant que, dès le départ, m0851 écarte l'idée d'établir un partenariat avec une entreprise locale. «Un partenaire prématuré aurait pu compromettre notre qualité, pense-t-elle. Nous ne sommes pas une marque à "gros logos" : c'est notre qualité et notre design qui font notre réputation.»


m0851 a choisi d'établir une entreprise entièrement sous contrôle étranger (EESCE). Mieux connue sous son acronyme anglais, WFOE (wholly foreign-owned entreprise), cette structure offre beaucoup de liberté à l'entrepreneur qui l'utilise. Par contre, les coûts sont élevés et le délai est de quatre à six mois, selon le Service des délégués commerciaux du Canada.


Afin d'obtenir le droit de lancer un satellite de m0851 en Chine, l'entreprise a dû déposer une demande très détaillée auprès du gouvernement central. Celle-ci devait prévoir les activités commerciales futures, tout comme les investissements requis pour démarrer l'entreprise.


«Si vous sous-estimez le capital nécessaire à votre démarrage, soutient Monique Abitbol, c'est très compliqué d'ajuster la somme nécessaire après coup. Il faut faire preuve de patience en Chine, car toute cette complexité administrative n'est pas naturelle pour nous.»


Participer à des missions commerciales


m0851 ne voulait pas attendre afin de saisir les occasions qu'offre le marché intérieur chinois. L'entreprise a toutefois pris le temps de participer à deux missions commerciales organisées par le ministère des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur (MRIFCE), avant de faire le grand saut. «Je ne saurais trop recommander ces missions, martèle Mme Abitbol, qui ajoute du même souffle que les Québécois ne sont pas assez présents dans ce pays. Je pense que beaucoup d'entreprises d'ici auraient intérêt à se rendre en Chine.»


Au cours de ces missions, la Québécoise a même ouvert une boutique temporaire afin de tester ses produits auprès de la clientèle. Un exercice couronné de succès, puisque le premier magasin permanent a ouvert ses portes à Beijing le 16 octobre dernier.


«C'est une vitrine, croit la directrice des marchés internationaux. Ça nous aide à préparer l'ouverture de nouveaux magasins dans ce pays, peut-être une douzaine, d'ici quelques années.»


La boutique emploie quatre personnes. «Des gens incroyablement travaillants, pour peu qu'on trouve le moyen de les faire embarquer dans un projet stimulant, estime Monique Abitbol. L'idée d'avoir une carrière, d'avancer, de relever des défis est très importante pour eux.»


Avec près du cinquième de la population mondiale, et une croissance soutenue, la Chine fascine et effraie. Pourtant, si le dragon impose le respect, il sait aussi se laisser apprivoiser.


Les Affaires s'est penché sur le récit de huit Québécois qui ont choisi de s'exiler pour démarrer une entreprise. Si leurs pays d'adoption respectifs - et leurs parcours - sont parfois aux antipodes, ils partagent tous une audace et une détermination singulière.


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