Impact 8, l'heure des bilans

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Décembre 2015

Impact 8, l'heure des bilans

Offert par Les Affaires


Édition du 12 Décembre 2015

Par Diane Bérard

Les représentants des six entreprises participantes de la première cohorte québécoise d’Impact 8. [Photo : Christian Blais]

Le programme d'accélération Impact 8 a pris fin le 24 novembre. Cette démarche de huit semaines visait à aider les entrepreneurs sociaux à raffiner leur modèle d'entreprise pour gagner en impact.


Une douzaine de coachs ont accompagné Impact 8. Deux d'entre eux, David Santelli, de Rhizome, et Julian Giacomelli, d'edo Capital, ainsi que le directeur du programme, Alain-Olivier Desbois, dressent leur bilan.


«Pour chaque participant, j'ai appuyé là où ça faisait mal, jusqu'à ce que ça cesse d'être douloureux», résume David Santelli. Parfois, le modèle de revenus était coincé. «Impact 8 met l'accent sur les aspects économiques de l'entrepreneuriat social, dit Julian Giacomelli. On apprend à devenir un meilleur entrepreneur.»


Un objectif qui oblige les participants à affronter leur plus grande crainte : compromettre leur mission sociale au profit du rendement économique. «Nous avons tenté de leur montrer qu'ils peuvent aligner leur coeur et leur tête», poursuit M. Giacomelli. Mission accomplie ? «Je crois que oui, juge David Santelli. Les participants ont compris que, sans augmenter leur capacité à générer des revenus, ils n'atteindront jamais l'impact auquel ils aspirent.» Ceux qui ont tiré le plus d'Impact 8 avaient trois caractéristiques. Ils étaient ouverts à la critique. Ils étaient mûrs. «Il faut avoir des clients pour valider les voies explorées», insiste Julian Giacomelli. Et ils étaient prêts à passer à un autre niveau. «Nous leur avons donné des outils et nous les avons exposés à un formidable réseau, dit M. Desbois. Il leur appartient de maintenir ces liens pour bâtir des comités consultatifs et des conseils d'administration solides.»


Le bilan des participants


Voici ce que, de leur côté, les six entreprises participantes ont retenu de leur expérience.


> Marie Fortier, mescoursprénataux.com, cours en ligne


«Mon modèle d'entreprise a évolué, en respectant mes valeurs. Je veux que tous les futurs parents, quel que soit leur revenu, aient accès à un accompagnement de grossesse. J'y arriverai en incluant de grandes marques comme annonceurs sur ma plateforme. Les revenus serviront à abonner gratuitement les clients de la fondation OLO à nos vidéos.»


> Marisol Labrecque, pdg, Technologie Ecofixe, traitement des eaux usées


«Impact 8 a été ma première expérience de recherche de financement auprès d'investisseurs qui ont une vision plus large, qui accordent une importance à l'impact des entreprises dans lesquelles ils souhaitent investir. Je comprends mieux les attentes des investisseurs traditionnels et moins traditionnels.»


> François-Xavier Michaud, cofondateur, Exeko, inclusion sociale et intellectuelle


«Nous voulions accélérer notre capacité de générer des revenus autonomes. Nous avons confirmé la nécessité, la pertinence, la cohérence et surtout le potentiel de greffer un nouveau modèle porté par la vente de services de formation professionnelle à partir de notre expertise de médiation intellectuelle. Je regrette toutefois la sous-représentation des gouvernements et des bailleurs de fonds traditionnels à Impact 8. Le Québec est à la traîne lorsqu'il est question de financer l'entrepreneuriat social.»


> Éric de Gheldere, Ecodefi, plateforme de récompenses


«Impact 8 nous a permis d'établir des relations dans deux réseaux : celui du financement et celui du changement social, particulièrement de la mesure d'impact.»


> Rodolphe Barrère, cofondateur, Potloc, plateforme de mise en relation d'offre et de demande de commerce de détail


«Nous avons retrouvé l'équilibre. Nous nous sommes réconciliés avec notre désir d'impact social. Nous l'avions mis en veilleuse, face à l'accueil tiède du marché. Or, l'impact social peut créer un cercle vertueux. Travailler avec de grandes chaînes, c'est payant tout de suite. Travailler avec de petits commerçants, c'est satisfaisant tout de suite et payant plus tard. Notre modèle reposera sur les deux clientèles.»


> Simon-Emmanuel Roux, membre travailleur, Coop territoires, outils numériques d'organisation de l'information sociale et culturelle


«Nous avons rejoint Impact 8 pour pousser plus loin notre idée d'entreprise et notre ambition. Nous avons maintenant les outils pour bien présenter la réalité de notre organisation. Nous savons comment en parler pour convaincre les autres d'investir leur argent et leur énergie. Par contre, je ne sais pas si la finance traditionnelle est prête à investir dans une coopérative d'économie sociale. Il y a des ponts à bâtir et de l'éducation à faire de part et d'autre.»


Suivez Diane Bérard sur Twitter @diane_berard


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