Fiat a failli quitter l'Italie

Publié le 28/02/2013 à 10:49, mis à jour le 26/02/2013 à 10:51

Fiat a failli quitter l'Italie

Publié le 28/02/2013 à 10:49, mis à jour le 26/02/2013 à 10:51

Par Olivier Schmouker

John Elkann (g.) ne veut pas quitter la péninsule. Photo: Bloomberg

Fiat a été à deux doigts de quitter l'Italie. La haute direction du constructeur automobile a récemment reconnu y avoir longuement réfléchi, et que sa décision de rester sur sa terre natale et de n'y fermer aucune usine a été «un choix difficile».


Comment l'un des fleurons de l'économie italienne a-t-il pu en arriver à songer à une telle chose? C'est tout simplement que la crise frappe fort en Europe depuis de nombreux mois, et que pendant le même temps, Chrysler, son «allié américain», se porte, lui, de mieux en mieux. Du coup, les ventes de Fiat ont tellement plongé en Italie et dans le reste de l'Europe qu'elles ont atteint des niveaux aussi bas que ceux d'il y a plusieurs décennies.


À cela s'ajoute un coup de semonce, lorsqu'en septembre dernier la haute direction de Fiat a annoncé d'un plan, présenté en avril 2010, qui prévoyait 20 milliards d'euros (26,7 millions de dollars) d'investissements et la production de 1,4 million de véhicules en Italie en 2014. Cette annonce avait déclenché une vague d'attaques politiques et syndicales dans la péninsule.


Fiat a envoyé un signe fort pour affirmer sa ferme intention de rester en Italie. En janvier dernier, a été inaugurée une nouvelle usine destinée à produire des Maserati, près de Turin, un investissement d'un milliard d'euros (1,3 milliard de dollars). John Elkann, le président du conseil et petit-fils du célèbre patron historique de Fiat, Gianni Agnelli, en a profité pour dire : «En dépit des difficultés du marché, nous avons fait le choix difficile de continuer à produire en Italie. Et cette décision résulte en grande partie de la volonté de ma famille et de Sergio Marchionne, l'administrateur délégué de Fiat».


«Je confirme que nous ne fermerons pas d'usines en Italie. Nous sommes engagés sérieusement ici, et nous avons d'ailleurs une stratégie précise pour que cela se concrétise», a renchéri M. Marchionne, sans pour autant donner de détails à ce sujet.


L'administrateur délégué a souligné que, pour l'instant, le groupe Fiat se maintenait dans le vert, engrangeant en fait des bénéfices grâce à Chrysler. «Les résultats sont conformes à nos prévisions et le groupe se porte bien. Je pense que cette année la situation en Europe ne sera pas fondamentalement différente de celle que nous avons connue en 2012. Nous avons déjà réduit les pertes européennes au quatrième trimestre de l'année dernière», a ajouté M. Marchionne, considéré comme l'auteur du redressement du constructeur italien qui était au bord de la faillite au milieu des années 2000.


Il a d'ailleurs estimé que les activités de Fiat en Europe ne seraient plus déficitaires «en 2015-2016», assurant «travailler à plein régime pour parvenir à ce résultat».


(Avec AFP.)

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