DevOps, une pratique essentielle pour survivre

Offert par Les Affaires


Édition du 02 Juin 2018

DevOps, une pratique essentielle pour survivre

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Édition du 02 Juin 2018

C’est comme les projets ­Agile. On en fait un premier, on se rend compte que ce n’est pas si facile et on fait des erreurs, puis on s’adapte. C’est pareil pour le ­DevOps », selon Frédéric ­Leblanc, Évangéliste DevOps chez Banque Nationale

En TI, la démarche DevOps fait beaucoup jaser, notamment parce qu'on lui attribue des avantages multiples et extrêmement importants : temps de mise en marché réduit, nombre d'erreurs minimisé lors d'un déploiement, davantage de sécurité. Est-il venu le moment pour vous de vous en préoccuper ?


Frédéric Leblanc, dont le titre officiel à la Banque Nationale est « évangéliste DevOps », répond par l'affirmative. Responsable d'accompagner les équipes de la banque dans leur implantation de la philosophie DevOps, selon lui, cette démarche est aujourd'hui devenue la seule façon acceptable de travailler, la seule façon de survivre. « Toute entreprise qui veut passer le cap des cinq prochaines années doit adopter cette façon de travailler, dit-il. Je suis catégorique, c'est inévitable. Que vous fassiez des trains, des avions ou des imprimantes, si vous développez du logiciel, vous devez le faire en DevOps. »


Comme tout autre changement organisationnel, la mise en place de cette démarche peut toutefois être intimidante. Par où commencer et comment se lancer ?


M. Leblanc suggère de commencer avec un projet pilote ou un projet phare qui servira de terrain de pratique. C'est de cette façon que la Banque Nationale s'est elle-même lancée : l'institution financière s'est initiée au DevOps en bâtissant son nouveau portail de solutions aux particuliers en suivant cette démarche.


Persévérer est toutefois essentiel parce que tout se passe rarement parfaitement dès le début. « C'est comme les projets Agile. On en fait un premier, on se rend compte que ce n'est pas si facile et on fait des erreurs, puis on s'adapte, on apprend et on corrige le tir. C'est pareil pour le DevOps », dit M. Leblanc, qui sera conférencier le 12 septembre à l'événement Forum TI DevOps, organisé par le Groupe Les Affaires. C'est là que le soutien de la direction devient important. Si une entreprise n'est pas prête à faire quelques sacrifices de productivité à court terme dans le but d'en gagner plus à long terme, l'implantation de DevOps se dirige dans un cul-de-sac, estime M. Leblanc. « Ça prend donc absolument l'assentiment des dirigeants. »


DevOps, une culture avant tout


Mathieu Martin, développeur Open Source pour Elastic et fondateur de DevOps Montréal, un groupe qui organise des rencontres mensuelles pour discuter de sujets relatifs à la démarche, rappelle que cette philosophie vise avant tout à briser les silos entre les équipes de développement logiciel et les équipes de gestion des opérations informatiques. Autrement dit, elle vise à améliorer la collaboration. Beaucoup d'entreprises l'oublient.


M. Martin rappelle donc les trois principes à la base de cette philosophie. Le premier est de penser en termes de système, soit de privilégier les décisions qui sont favorables à l'ensemble de la chaîne de production plutôt qu'à son propre silo. Le deuxième est d'essayer continuellement d'amplifier les boucles de retour - en rendant, par exemple, accessibles les indicateurs de production d'une application - pour permettre de détecter et de corriger les problèmes rapidement. Le troisième principe est d'établir une culture d'apprentissage pour être en mesure de répondre plus rapidement aux problèmes qui surviennent.


Beaucoup d'entreprises, celles qui n'ont pas réussi à adopter réellement la culture DevOps, ont toutefois souvent tendance à oublier ces principes, qui forment la base de la philosophie.


M. Martin remarque, par exemple, que, comme le DevOps est entre autres lié au bon maintien des systèmes, les entreprises commencent maintenant à remplacer le mot « Administrateur système » par le mot « DevOps » dans leurs offres d'emploi.


« Certains gestionnaires pensent que les "DevOps", ce sont les gens qui s'occupent des systèmes en production. Ils ont juste renommé le silo ! N'oublions donc pas que le DevOps, à la base, vise la collaboration. »


Des habitudes récalcitrantes


Quelles erreurs font le plus souvent les entreprises lors d'un passage au DevOps ? De retomber dans leurs vieilles habitudes est sans conteste au sommet de la liste, explique M. Leblanc. Tant que les nouveaux réflexes et les nouvelles habitudes DevOps ne se sont pas cristallisés, les équipes et leurs membres ont souvent tendance à recréer leurs anciennes façons de faire. « Quand vous tournez les coins ronds, vous payez en double plus tard », met en garde M. Leblanc. Selon lui, les enjeux humains sont réellement le plus important enjeu d'une mise en place DevOps. Les pratiques comme telles, elles, sont plutôt simples. « La connaissance est là, dit M. Leblanc. Il n'y a plus de mystères. On peut apprendre la moitié de ce qu'il faut savoir en faisant deux jours de recherches sur Google. »


Changer les habitudes d'un humain qui a travaillé de la même manière durant des années, en revanche, est plus difficile. Les organisations qui décident de changer doivent donc reconnaître que c'est la culture d'abord qui doit changer, puis soutenir les équipes, leur donner de l'information et, par-dessus tout, croire au changement.

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