Devolutions, ou quand un besoin personnel devient la pierre d'assise d'une entreprise

Offert par Les Affaires


Édition du 27 Février 2016

Devolutions, ou quand un besoin personnel devient la pierre d'assise d'une entreprise

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Édition du 27 Février 2016

Par Denis Lalonde








L'Association québécoise des technologies (AQT) a couronné son pdg de l'année lors du colloque Vision PDG, qui se tenait à Mont-Tremblant du 17 au 19 février. Nous vous présentons un portrait du gagnant et des deux finalistes.


C'est l'histoire d'un jeune entrepreneur qui a conçu un logiciel pour combler l'un de ses propres besoins d'affaires. À l'époque, il était loin de se douter où tout ça allait le mener.


«En 2004, je me suis incorporé pour devenir consultant en informatique. J'avais alors quelques années d'expérience en programmation, et je voulais travailler tout en concevant des produits pour mes projets personnels menés en parallèle», raconte David Hervieux, nommé PDG de l'année Investissement Québec 2016 durant le colloque Vision PDG, organisé par l'AQT.


M. Hervieux conçoit alors quelques produits qui sont des échecs commerciaux. «Il s'agissait de bons produits, mais la commercialisation était très difficile», dit-il.


Puis, un jour, dans le cadre de ses fonctions de consultant, il a besoin de se connecter à distance aux ordinateurs dans les bureaux d'un client afin d'y effectuer des tests. Pour ce faire, il conçoit le logiciel Remote Desktop Manager (RDM).


David Hervieux met le produit dans son portfolio et quelque temps plus tard, surprise, un Américain lui donne 150 $ pour pouvoir utiliser le logiciel. Le jeune entrepreneur en profite pour créer la cinquième version de RDM, la première qui peut être commercialisée. «J'ai constaté que le produit pouvait avoir du potentiel», dit-il.


Puis, la société américaine Desktone, rachetée en 2013 par VMware, signe une entente de 100 000 $ sur deux ans pour créer une marque blanche (white label) du logiciel. «Les paiements entraient régulièrement, et c'est ce qui m'a permis de quitter la consultation pour me consacrer à Devolutions à temps plein. C'est à partir de ce moment que la société a vraiment décollé», raconte-t-il.


En 2011, il est admis au sein de l'accélérateur Croissance Québec Techno (CQT), volet Relève. Son mentor est le président et chef de la direction d'iBwave, Mario Bouchard.


Un an plus tard, il tente sa chance au programme CQT Régulier. «Ce programme exigeait un chiffre d'affaires annuel d'un million de dollars et 15 employés. J'avais un chiffre d'affaires de 400 000 $ et 7 employés, mais une lettre de recommandation "béton" de Mario Bouchard, qui avait participé au programme l'année précédente. Notre candidature a donc été retenue», se rappelle-t-il.


Le MIT Sloan School of Management participe au programme CQT. Pendant qu'il effectue le programme, David Hervieux bâtit le squelette de son modèle d'entreprise. «J'ai beaucoup appris sur le focus. Ma force, c'est de rester concentré et de laisser tomber les mauvaises occasions d'affaires rapidement. La devise, au MIT, c'est de viser la total global domination of your chosen niche [domination totale et mondiale de votre créneau d'affaires]», dit-il.


Puis, il s'intéresse au concept de réduction du coût d'acquisition de clients (cost of customer acquisition). Ainsi, il décide de miser sur le marketing entrant (inbound marketing), modèle qui vise à attirer les clients vers soi. Il renonce donc à embaucher une équipe de vendeurs en misant sur les ventes directes en ligne.


La stratégie semble bien fonctionner. La société compte 270 000 utilisateurs dans 120 pays et des clients comme Boeing, Shell, Walt Disney, la NASA, Dell et Sony.


Le fait d'avoir un siège social à Lavaltrie lui permet d'offrir de bonnes conditions de travail à des employés qui, autrement, devraient se rendre à Montréal pour trouver un emploi.


Devolutions a quitté le sous-sol du fondateur pour se retrouver, avec sa quarantaine d'employés, dans les locaux d'une ancienne caisse Desjardins au coeur de Lavaltrie. David Hervieux caresse le rêve de faire de la municipalité, située à mi-chemin entre Montréal et Trois-Rivières, un petit hub techno.


SAMER SAAB, FINALISTE, EXPLORANCE


Malheureux employé, heureux patron


Le président d'eXplorance, Samer Saab, soutient qu'il a toujours été malheureux comme employé. Il s'est donc résolu à devenir son propre patron.


«J'ai travaillé chez Bombardier, Nortel, pour des start-up... Plus ma carrière avançait, plus l'entreprise pour laquelle je travaillais devenait petite. Puis, j'ai décidé de foncer et de bâtir mon entreprise», explique M. Saab.


Le dirigeant ajoute que ce qui a facilité la décision de mettre sur pied le projet eXplorance est que personne, parmi sa famille et ses amis, n'a essayé de le décourager.


eXplorance conçoit les solutions Blue et BluePulse. Le logiciel Blue permet de gérer l'amélioration continue dans les établissements d'enseignement, les entreprises et les organisations gouvernementales. De son côté, BluePulse vise le marché des évaluations de cours et d'enseignants dans les collèges et les universités.


«Ma motivation comme dirigeant, c'était de bâtir une entreprise où la fin ne justifiait pas les moyens. Je ne veux pas que mes employés posent des gestes uniquement parce que c'est bon pour les affaires, ce qui est malheureusement le cas dans trop de sociétés», dit Samer Saab, un Libanais arrivé à Montréal en 1990 à 20 ans pour ce qui devait, à l'origine, n'être qu'un voyage de deux semaines. Il a finalement choisi de s'établir dans la métropole et a fondé eXplorance en 2003, grâce à un investissement de 55 000 $.


À ce jour, l'entreprise compte près de 90 employés, 9 millions d'utilisateurs dans 24 pays et un chiffre d'affaires qui devrait osciller entre 15 et 20 millions de dollars cette année. Au nombre de ses clients, notons la NASA, The Petroleum Institute, l'Université de Melbourne, Nexen, la Banque Nationale et l'Université de Californie à Berkeley.


Le dirigeant affirme que l'entreprise a le vent dans les voiles, du Canada à l'Australie en passant par les Pays-Bas, la Colombie et les États-Unis. M. Saab affirme que la croissance annuelle d'eXplorance varie de 60 à 80 % depuis 2012. Il vise un chiffre d'affaires de 100 à 200 M$ dans cinq ans.



PAUL RAYMOND, FINALISTE


La révélation grâce au TRS-80


À 46 ans, Paul Raymond a laissé un emploi bien rémunéré chez CGI pour accéder au poste de dirigeant de la société de services-conseils en technologies de l'information CIA, qui allait devenir Alithya.


«Dans ma famille, à Asbestos, j'ai été le premier enfant à vouloir aller à l'université. À un moment, l'ordinateur personnel TRS-80 est arrivé, et ça a été une révélation. J'ai abandonné mes études en architecture pour me diriger en génie informatique au Collège militaire», dit-il.


Après un séjour de 11 ans au sein de l'armée, il devient consultant en technologies de l'information (TI) et entre chez CGI, qui comptait alors 500 employés. Il y est resté 18 ans, a gravi les échelons jusqu'à être l'un des principaux dirigeants de la société aux États-Unis.


Puis, en 2010, il dit avoir été frappé par la «crise de la quarantaine». «J'avais un très bon emploi, un gros salaire... mais le désir de fonder mon entreprise était toujours présent. Un jour, ma femme m'a dit d'arrêter de penser à la famille et de songer à moi», dit-il. Seule condition, l'entreprise devait être lancée à Montréal.


Un an après son retour dans la métropole, Paul Raymond fait la connaissance de Ghyslain Rivard, de CIA, qui cherchait des investisseurs pour donner un nouveau souffle à son entreprise. «Je lui ai répondu qu'investir m'intéressait à condition de devenir le dirigeant de la société», dit-il.


Après avoir vendu ses actions de CGI, Paul Raymond devient président de CIA en avril 2011. La société compte alors 200 employés et génère des revenus annuels de 30 M$. Il orchestre le changement de nom pour Alithya et met en place un plan quinquennal pour atteindre les 100 M$ de chiffre d'affaires annuel. L'entreprise, qui a acheté le Groupe Conseil OSI en juillet 2015, compte 1 200 employés et a un chiffre d'affaires de 140 M$. D'ici trois ans, Alithya souhaite atteindre les 300 M$ de chiffre d'affaires, entre autres grâce à l'ouverture de nouveaux bureaux au Canada et aux États-Unis.


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