Défi : croissance

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Novembre 2015

Défi : croissance

Offert par Les Affaires


Édition du 07 Novembre 2015

Ruth Vachon, pdg du RFAQ, qui présente la 15e édition des Prix Femmes d’affaires du Québec.

Même si la proportion de femmes en affaires augmente, plusieurs hésitent à prendre des risques, ce qui freine la croissance de leur organisation. Explications et pistes de solutions avec Ruth Vachon, pdg du Réseau des Femmes d'affaires du Québec (RFAQ).


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Aujourd'hui encore, certaines femmes ont tendance à voir plus petit que leurs confrères masculins, constate la pdg. C'est le cas, notamment, lorsqu'il est question de financer leur entreprise. Plusieurs préfèrent vider leur bas de laine et demander l'aide de leurs proches avant de se tourner vers les institutions financières, constate Ruth Vachon. «Elles ont peur de se faire dire non ou ne veulent pas trop s'endetter, mais elles y engouffrent leurs économies.»


Une réalité que confirme Nancy Goudreau, directrice du financement corporatif à la Banque de développement du Canada (BDC) et présidente du comité 50+Une du RFAQ, un groupe qui veut propulser la croissance des entreprises avec des femmes aux commandes.


«En moyenne, les femmes d'affaires empruntent 50 % moins que leurs confrères masculins. De plus, elles ont tendance à rembourser plus rapidement leurs prêts.»


Un réflexe louable, mais qui mine leurs possibilités d'investir pour améliorer leurs performances, en achetant de l'équipement par exemple. Si bien que les entreprises dirigées par des femmes affichent un léger retard en matière de croissance, observe Mme Goudreau. Cela peut s'expliquer par différents facteurs. «Plusieurs études montrent que les femmes ont tendance à se lancer dans des secteurs moins porteurs, comme les services, dit-elle. Ce sont des domaines où il est plus difficile d'exporter ou de se déployer à l'extérieur de sa région.»


D'autres ont le vertige quand vient le moment de faire croître leur entreprise. Elles craignent la faillite et préfèrent conserver une entreprise de plus petite taille, ce qui leur permet de se verser un salaire, constate Ruth Vachon. La peur de se tromper, une faible confiance en soi et la difficulté à se vendre sont autant de raisons qui expliquent ce phénomène.


«Le manque d'information sur les ressources disponibles est un des freins à la croissance. Il faut que les entrepreneures soient accompagnées par des personnes capables de démystifier les risques et de les aiguiller vers les bonnes solutions», ajoute Mme Vachon.


Briser l'isolement


Une vision que partage Nancy Goudreau. «C'est important que les femmes ne restent pas seules à jongler avec leurs bonnes idées, en ayant l'impression que c'est trop gros.» Elles doivent en parler pour déterminer jusqu'où elles se sentent à l'aise et établir un plan réaliste, par petites étapes, par exemple. Une bonne façon de mieux comprendre et dompter le risque.


De son côté, le RFAQ tente de multiplier les occasions de réseautage et de maillage. «Mais c'est difficile de sortir les entrepreneures de leur isolement», souligne Ruth Vachon. Encore aujourd'hui, elles ne voient pas toujours l'intérêt de quitter leur bureau pour serrer des mains, échanger des cartes professionnelles, etc. «Il faut les aider à bien préparer, avec des objectifs précis en tête, un "discours d'ascenseur" tout prêt pour décrire leur entreprise en 60 à 90 secondes. Ça ne s'improvise pas !»


En plus de participer à des missions commerciales, le RFAQ a créé des groupes d'entrepreneures qui échangent sur les problèmes et les solutions en matière de croissance. L'organisme a aussi adhéré à WeConnect, un réseau de certification international permettant aux entreprises détenues par des femmes d'accéder aux chaînes d'approvisionnement des multinationales.


Des faits encourageants


Par ailleurs, «tout n'est pas noir ou blanc, nuance Ruth Vachon. Plusieurs entreprises appartenant à des femmes connaissent une très forte croissance.» Elle constate d'ailleurs que plusieurs osent sortir des sentiers battus et s'attaquer à des domaines non traditionnels.


En témoigne la liste des candidates au concours Prix Femmes d'affaires du Québec 2015, qui touche des secteurs aussi diversifiés que la construction, la formation, la nutrition ou les produits électriques. «Les finalistes de cette quinzième édition reflètent cette diversité, en plus de provenir de 10 régions du Québec. C'est une participation beaucoup plus éclatée qu'avant. Cela montre que les femmes, de plus en plus, prennent des risques.»


Quelques chiffres


3/10 : Nombre de PME dirigées par des femmes au Canada. Source : BMO


4/10 : Proportion des PME qui relèvent avec succès les défis de la croissance. Source : BMO


201 729 $ : Somme moyenne injectée par les entrepreneures canadiennes pour démarrer leur entreprise. Source : BMO


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