Responsabilité sociale de l'entreprise : vers plus de rigueur ?

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Août 2015

Responsabilité sociale de l'entreprise : vers plus de rigueur ?

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Août 2015

Par Robert Dutton

Robert Dutton.

En 1962, dans son essai Capitalisme et liberté, qui allait devenir un immense succès de librairie, le prix Nobel d'économie Milton Friedman écrivait que «dans une économie libre, l'entreprise n'a qu'une et une seule responsabilité sociale : utiliser ses ressources et poursuivre des activités qui accroissent ses profits...» Il a repris cette thèse dans d'autres publications, notamment dans un article d'opinion publié dans le New York Times en 1970, et toujours abondamment cité.


Sur la base de cette phrase, M. Friedman a été glorifié par certains, diabolisé par d'autres. Ce qui n'implique pas qu'il a été compris, ni par les uns, ni par les autres ! Car M. Friedman terminait sa phrase par les mots suivants : «[...] en autant [que l'entreprise] respecte les règles du jeu.» Il ajoutait plus loin que c'est à la société qu'il incombe d'établir un cadre juridique qui fasse en sorte que la poursuite de l'intérêt personnel produise des résultats socialement souhaitables.


Bref, Milton Friedman n'a jamais fait la promotion de la poursuite du profit au mépris des conséquences sociales des activités économiques. Il était toutefois d'avis qu'il ne revenait pas à l'entreprise, mais bien à une société gouvernée démocratiquement, de définir ce qui était socialement souhaitable.


Pallier les défaillances de l'État


Pour M. Friedman, l'État doit intervenir si (mais seulement si) une défaillance de marché empêche ce dernier de produire un résultat socialement optimal.


En revanche, les tenants de la responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) pourraient exprimer ainsi leur conviction : la RSE intervient pour remédier aux défaillances de l'État dans la poursuite de l'intérêt collectif.


De fait, les marchés n'ont pas le monopole de la défaillance. Les États en affichent une vaste part. On pense certes aux États non démocratiques ou aux États dysfonctionnels. Cependant, même les meilleures démocraties peuvent être taxées de défaillantes, ne serait-ce qu'à cause du temps que met le processus démocratique à se saisir de nouveaux enjeux. La gestion de certains enjeux, comme le réchauffement climatique, demande une telle coordination inter-États que l'évolution du cadre juridique pertinent est désespérément lente. Dans tous ces cas, la RSE peut, voire doit, pallier la défaillance de l'État.


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