Les cabinets se placent sur l’échiquier mondial

Publié le 21/05/2015 à 08:00

Les cabinets se placent sur l’échiquier mondial

Publié le 21/05/2015 à 08:00

Face à la crise économique, les grands cabinets partent à l’assaut des marchés internationaux : Gowlings se positionne à Cuba, Dentons fusionne avec un cabinet chinois et américain, tandis que d’autres consolident leur place à l’étranger grâce à des partenariats.


Et si les firmes québécoises devaient s’attendre, après les années 2000, à une nouvelle vague d’internationalisations ? C’est ce que croit le bâtonnier du Québec et associé chez Fasken Martineau, Bernard Synnott. Il constate que les cabinets d’ici tentent d’aller chercher des marchés en prenant pied sur d’autres continents.


« On le voit avec Clarkson Tétrault qui est devenu McCarthy Tétrault, Ogivly qui est devenu Norton Rose, ou Fasken Martineau qui a maintenant des bureaux à Londres, Johannesburg et Paris. Toutes ces firmes continuent à être des concurrents, mais à l’international », explique-t-il.


Même phénomène chez Dentons, qui vient de fusionner avec le cabinet chinois Dacheng et l’américain McKenna Long & Aldridge LLP. Gowlings, en plus d’être implantée à Moscou, Londres et Beijing, souhaite désormais offrir ses services à Cuba par l’intermédiaire d’un avocat canadien habitant à La Havane. La firme voit là une nouvelle occasion d’affaires depuis l’annonce du gouvernement américain, en décembre dernier, selon laquelle il allait entamer une normalisation de ses relations avec le régime cubain.


« Nous nous limitons pour l’instant à fournir des conseils de nature générale en matière d’activités commerciales. Sous réserve d’obtention des approbations gouvernementales nécessaires, nous espérons travailler en collaboration avec des cabinets juridiques locaux », avance Joëlle Boisvert, directrice du cabinet montréalais de Gowlings.


Une logique de partenariats


Si la tendance se maintient, « les sept plus grands cabinets nationaux pourraient se retrouver intégrés dans une structure à l’international, qui signifierait plus qu’un simple accord de service, même s’il existera toujours de petits cabinets boutiques, spécialisés dans leur domaine », souligne M. Synnott. Pour l’instant, plusieurs tentent de tirer leur épingle du jeu en créant des partenariats avec des firmes internationales dans un contexte où 28,7 % des avocats du Barreau ont eu à pratiquer un droit étranger en 2013-2014.


« Fusionner avec des plateformes globales n’est pas la seule façon de faire. Nous œuvrons à l’international depuis bientôt deux décennies avec des contacts privilégiés », assure Clemens Mayr, associé, droit des affaires, spécialisé en fusion et acquisition chez McCarthy Tétrault.


« Il n’est pas indispensable d’avoir forcément la même bannière dans tous les pays », estime aussi Mario Charpentier, associé directeur chez BCF. Il affirme pouvoir compter sur plusieurs avocats possédant une double formation dans d’autres pays. « Il faut savoir s’entourer des bons alliés partout dans le monde. »


Pour Don McCarty, associé directeur chez Lavery, la tendance est de miser sur une structure de partenariats, moins gourmande qu’une acquisition ou un bureau, et où chaque cabinet reste indépendant, mais partage des plateformes et des références d’affaires. « Nous faisons partie d’un groupe international, WLG, qui nous permet de servir nos clients dans près de 150 pays », explique-t-il.


Chez Osler, qui possède un bureau de 25 personnes à New York, on préfère continuer à travailler en partenariat avec plusieurs firmes, et ce, pour une raison simple : « Si nous avions choisi de nous associer à l’une d’entre elles, nous aurions forcément perdu nos relations d’affaires et les références des autres », justifie Shahir Guindi, associé directeur.


Même tendance chez Davies. La firme compte un bureau à New York, d’où elle dessert le triangle Toronto, Montréal et New York. Après s’être installée en Asie dans les années 1980, Davies a d’ailleurs fait demi-tour après un renversement du marché. « Nous accompagnons maintenant les investisseurs asiatiques en allant sur le terrain tous les mois, ou presque », affirme Pierre André Themens, associé directeur chez Davies.


De nouveaux débouchés


Selon Bernard Synnott, les cabinets canadiens présents aux États-Unis « se sont souvent associés à un voisin européen pour pouvoir pénétrer le marché américain, assez protectionniste ». Une formule gagnant-gagnant : en se joignant à de grandes structures, les cabinets d’ici disposeraient d’un réseau sur place, tout en permettant à leurs partenaires de bénéficier de leur PPP (profit per partner) qui reste relativement élevé.


Norton Rose Fulbright illustre bien ce mouvement. Après avoir intégré Deneys Reitz, Macleod Dixon ainsi que le cabinet américain Fulbright & Jaworski, qui lui assurent une présence en Afrique du Sud, aux États-Unis ainsi qu’à Caracas, la firme vient d’ouvrir un bureau au Brésil. Elle envisage sérieusement de s’établir au Mexique à court terme, ainsi qu’en Chine. Elle est présente à Beijing, Shanghai et Hong Kong, mais veut y renforcer sa présence.


En plus des investisseurs asiatiques, qui montrent un intérêt croissant à l’égard de Montréal, les échanges avec l’Europe sont aussi appelés à se resserrer avec la signature d’un accord de libre-échange. « Pour les sociétés européennes qui sont dans un contexte de récession économique, le Canada représente un tremplin très intéressant pour accéder au marché nord-américain », souligne M. Mayr.


Plusieurs firmes se positionnent sur ce marché. C’est le cas de Lavery, qui compte dans ses rangs Pierre Marc Johnson, le négociateur en chef pour le Québec du projet d’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne. « Cet accord de libre-échange est une bonne occasion, car les entreprises européennes viendront compléter les savoir-faire que nous avons déjà », juge Mario Charpentier.

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