Les administrateurs québécois valent-ils leur salaire ?

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Septembre 2015

Les administrateurs québécois valent-ils leur salaire ?

Offert par Les Affaires


Édition du 26 Septembre 2015

Par Diane Bérard
Assurer une croissance internationale


Reste le troisième scénario. L'entreprise augmente la rémunération de ses administrateurs pour attirer davantage d'administrateurs étrangers. C'est un enjeu réel pour les entreprises de cette étude. Elles veulent croître. Et la croissance passe souvent par les marchés étrangers. «Les entreprises québécoises se montrent bien plus accueillantes pour les administrateurs étrangers que les entreprises canadiennes, constate Michel Nadeau. Nous avons une meilleure réputation de diversité géographique que le Canada.» D'ailleurs, au fil des ans, le nombre de Québécois siégeant aux CA de sociétés canadiennes diminue.


En 2013, 39 % des nouveaux administrateurs nommés par les 50 plus grandes entreprises québécoises du TSX n'étaient pas des résidents canadiens. Ce qui porte la proportion des administrateurs non-résidents canadiens dans ces entreprises à 19 %. L'administrateur qui vient de l'Asie ou de la Californie pour assister à une réunion assume des frais que celui qui n'a qu'à traverser la rue ou la ville n'a pas à absorber. C'est pourquoi les entreprises ont des politiques de remboursement des dépenses. Mais cela ne compense pas le manque à gagner ni le temps de travail perdu.


Qu'est-ce qui pousse un administrateur à siéger au CA d'une entreprise étrangère ? Il y a un certain prestige à siéger au CA d'une entreprise étrangère, même si elle paie moins, avance Michel Nadeau. Le temps perdu demeure toutefois une réalité. On en arrive à ouvrir la boîte de Pandore... Tous les administrateurs devraient-ils recevoir la même rémunération ?




Il existe déjà des écarts, mais ils tiennent à des différences mesurables. Le président du conseil ainsi que les présidents des comités reçoivent une rémunération supplémentaire. Payer selon la distance ou le rendement, cela ne se fait pas ici. Mais cela se discute aux États-Unis, indique Richard Leblanc. Toutefois, il faut une évaluation juste de la performance de chacun.



Au Canada, depuis 2005 , toutes les commissions des valeurs mobilières, incluant l'Autorité des marchés financiers, appliquent la politique «se conformer ou expliquer» à propos de l'évaluation des conseils d'administration (politique 58-101). Cette politique prescrit que les sociétés cotées doivent évaluer leurs administrateurs et publier le résultat de cette évaluation dans leur circulaire ou dans leur rapport annuel. Si elles ne le font pas, elles doivent justifier pourquoi. Cela demeure une pratique peu répandue, commente Richard Leblanc. «Dans les équipes de sport, on sait quels joueurs marquent des points et lesquels en marquent moins, souligne-t-il. Les CA devraient s'en inspirer et augmenter leur niveau de transparence.» Cela viendra, croit Jérôme Piché. «On évalue davantage les administrateurs aux États-Unis, parce que l'idée a surgi depuis plusieurs années déjà.» Bref, il faut en parler et l'apprivoiser avant de le faire.


Un acte de foi


Les grandes sociétés québécoises du TSX ont-elles eu raison d'augmenter de 88,6 % la rémunération médiane de leurs administrateurs depuis 2007 ? En ont-elles pour leur argent ? C'est un acte de foi, comme le dit Hugues Lacroix. Une meilleure rémunération augmente le bassin de candidats. Mais si l'objectif est de constituer un CA de rêve, une équipe d'attaque qui pousse la direction à se dépasser plutôt qu'une bonne équipe de défense qui pose des pare-feu, la rémunération devient un facteur parmi d'autres.


En 2013, la rémunération médiane d'un administrateur des plus grandes sociétés québécoises inscrites à la Bourse de Toronto était de 102 148 $. En 2007, la médiane était de 54 174 $


Les entreprises québécoises du secteur des mines et de la construction sont celles qui rémunèrent le mieux leurs administrateurs, leur rémunération médiane s'élevant à 199 475 $.


Près de 7 entreprises sur 10 (68 %) donnent le choix à leur administrateur de recevoir leur rémunération sous forme de titres.



Profils des présidents de conseils - Québec, 2013


› 36 % Le président du conseil est un ancien chef de la direction qui ne provient pas de l'industrie.
4 %
Le président du conseil est un ancien chef de la direction qui provient de la même industrie.
4 %
Le président du conseil n'est pas indépendant, mais il n'est pas l'ancien chef de la direction.
18 %
Le président du conseil est aussi le chef de la direction.
24 %
Le président du conseil est l'ancien chef de la direction.
14 %
Autres profils.


Médiane de la rémunération globale des administrateurs


Québec 2007 : 54 714 $
› Argent 77 %
› Actions 13 %


Québec 2013 : 102 148 $
› Argent 56 %
› Actions 44 %  


Canada 2013 : 172 000 $
› Argent 64 %
› Actions 36 %


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