Une culture entrepreneuriale à améliorer

Suzanne Dansereau . Les Affaires . 25-03-2010

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Le Québec manque-t-il de capital de risque ? Non, répond l'entrepreneur en série Louis Têtu. La province a davantage besoin de renforcer sa culture entrepreneuriale et de mieux encadrer ses jeunes entrepreneurs pour les aider à monter des projets de meilleure qualité. M. Têtu a tenu ces propos à l'occasion d'un panel sur l'entrepreneuriat organisé dans le cadre du récent congrès annuel de l'association Réseau Capital, qui a eu lieu à Montréal. Voici, en cinq points, son message.


1 Une bonne idée n'est pas nécessairement une bonne affaire


Les investisseurs de capital de risque ne cherchent pas de bonnes technologies, ils cherchent de bons modèles d'entreprises en technologies. On a souvent tendance à confondre les deux.


2 Les plans d'affaires doivent être étoffés


Beaucoup d'entrepreneurs inexpérimentés se présentent à une société de capital de risque armés d'un plan d'affaires incomplet ou irréaliste, affirme M. Têtu, qui est investisseur et conseiller pour des firmes de capital risque. Il cite l'exemple d'une entreprise en démarrage du domaine de la sécurité qui affirmait que sa technologie encaisserait des revenus de 250 millions de dollars (M$) en cinq ans. "Impressionné, je l'ai référée à une firme américaine [de capital de risque]. Or, à la suite de vérifications effectuées par des experts, les 250 M$ représentaient 65 % du marché de ce secteur. Visiblement, les dirigeants de cette entreprise avait surévalué l'appétit des acheteurs. "


3 Misez sur des équipes expérimentées


L'équipe compte pour 80 % de la réussite d'une entreprise technologique et la technologie, pour 20 % seulement, estime Louis Têtu, qui se souvient d'avoir eu du mal à faire reconnaître la valeur de son équipe au Québec, tandis qu'aux États-Unis, les investisseurs étaient prêts à payer pour celle-ci. Une des erreurs consiste à nommer à votre conseil d'administration votre investisseur en capital de risque. " Son rôle, ce n'est pas de vous aider à gérer votre entreprise, mais plutôt d'activer son réseau pour vous présenter des gens d'expérience. " Ainsi, chez Coveo, l'entreprise que dirige maintenant M. Têtu, la Banque de développement du Canada n'a qu'un rôle d'observateur au c.a., tandis qu'un siège a été octroyé à un ancien vice-président de la firme américaine Oracle.


4 Quand c'est bon, mettez l'argent qu'il faut


Inutile d'investir 500 000 $ dans une entreprise en démarrage quand on sait qu'elle a besoin de 5 M$ pour que le projet lève.


5 Inculquez une culture entrepreneuriale forte


Les statistiques récentes sont alarmantes : il y a chez les 18-34 ans au Québec deux fois moins d'entrepreneurs que dans le reste du Canada, et trois fois moins d'entrepreneurs en technologie de l'information. Et si on compare le Canada au reste du monde, nous sommes loin derrière les meilleurs. " La création de la richesse n'est pas valorisée au Québec ", dit M. Têtu. C'est cette lacune qui explique le faible nombre d'entrepreneurs qui réussissent ici, selon lui. Et c'est en éducation que les efforts doivent être consacrés, ajoute-t-il.

1 commentaire

Yvon Rudolphe le 25-03-2010

Il y a une distinction profonde entre capital de risque et capital de démarrage notamment lorsque l'on parle d'entrepreneuriat. Le capital de risque peut être présent, mais le capital de démarrage est absent. D'autre part, cette absence de capital de démarrage est due en très grande partie à notre manque de culture au Québec en investissement et placement privé. Monsieur Têtu est dans un autre monde lorsqu'il parle de 0,5 à 5 millions. On ne parle certainement pas de capital de démarrage et d'entrepreneuriat. Toutefois, il est tout à fait exact de mentionner la faible présence de culture entrepreneuriale au Québec.

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