Revoir la gouvernance pour mieux gérer les transports

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Septembre 2017

Revoir la gouvernance pour mieux gérer les transports

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Édition du 16 Septembre 2017

L’Autorité régionale de transport métropolitain aimerait proposer une tarification intégrée sur l’ensemble du territoire.

Le 1er juin dernier, le nombre d'organisations de transport dans la région métropolitaine est passé de 16 à 5 alors qu'entrait en fonction l'Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM). Pourquoi un tel changement, et quelles leçons en tirer d'un point de vue organisationnel ?


«Notre objectif, c'est d'harmoniser et de simplifier», dit Paul Côté, le directeur général de l'ARTM. Son organisation est venue remplacer il y a deux mois l'Agence métropolitaine de transport (AMT) ainsi que les conseils intermunicipaux de transport (CIT).


Simplifier quoi ? D'abord, les tarifs. Plutôt que d'offrir 700 titres, la nouvelle autorité aimerait proposer une tarification intégrée sur l'ensemble du territoire. À plus long terme, l'ARTM rêve de mobilité intégrée : elle voudrait ne plus gérer seulement les activités de transport en commun, mais bien l'ensemble des transports.


Elle souhaite ainsi transiger avec l'usager pour ses déplacements en métro et en autobus, mais aussi en BIXI, en taxi et avec Uber. L'utilisateur pourrait donc un jour obtenir un abonnement uniquement pour les services qu'il utilise, par exemple le métro et le taxi, ou encore le train et le taxi mais pas le métro, et payer en fonction de la distance qu'il parcourt.


«Il serait même possible de payer avec son appareil intelligent», dit Paul Côté, qui sera conférencier à l'événement Sommet transport et mobilité organisé par le Groupe Les Affaires le 3 octobre.


Les problèmes et les enjeux liés aux transports à Montréal pourraient alors être solutionnés non pas de façon fragmentée, par région, mais bien de façon intégrée, en fonction des besoins de l'utilisateur. Une telle intégration permettrait aussi de mieux coordonner les horaires des différents modes de transport, de faciliter l'utilisation du transport collectif et ainsi d'améliorer la qualité du service. Des améliorations qui pourraient sans doute inciter la population à utiliser davantage les transports en commun.


Redistribuer les responsabilités


Au-delà de la réduction du nombre d'organisations en transport, l'ARTM vise à mieux répartir les fonctions et les responsabilités. D'un point de vue organisationnel, la fonction politique a donc été séparée de la fonction stratégique et de la fonction opérationnelle.


Avec ces changements, le gouvernement du Québec ainsi que la Communauté métropolitaine de Montréal deviennent entièrement responsables des choix politiques. Comment aménager le territoire et les transports ? Où investir ? Quels objectifs atteindre ?


L'ARTM, elle, est responsable du rôle stratégique, soit de proposer des méthodes qui permettront d'atteindre les objectifs établis par le gouvernement. Plus concrètement, la planification, le financement et la tarification du transport relèvent d'elle.


Les quatre organismes de transport restants, soit le Réseau de transport métropolitain, la Société de transport de Montréal, la Société de transport de Laval et le Réseau de transport de Longueuil, sont simplement responsables de l'exploitation.


L'ARTM approche tranquillement de sa vitesse de croisière.


La prochaine rencontre de son conseil d'administration est prévue le 8 septembre. La principale question qui y sera abordée sera celle de la politique de rémunération et de ressources humaines. L'adoption de celle-ci devrait permettre à l'ARTM de pourvoir les quelque 45 postes encore vacants. Pour le moment, une quarantaine d'employés lui ont été transférés par l'Agence métropolitaine de transport.


Leçon à retenir


Selon une perspective organisationnelle, quelle est la leçon à retenir de ces grands changements relatifs au transport dans la région de Montréal ? S'agit-il au final de simples pirouettes bureaucratiques ou présentent-ils un avantage réel ? «Normalement, quand tout fonctionne bien, une telle répartition des rôles amène plus de transparence», dit Florence Paulhiac, professeure à l'ESG-UQAM et titulaire de la Chaire de recherche-innovation en stratégies intégrées transport-urbanisme.


En d'autres termes, la séparation des fonctions clarifie en théorie le rôle de chacune des organisations, ce qui permet de mieux attribuer les responsabilités et d'éliminer les chevauchements. Cela permet en général de rendre le processus décisionnel plus efficace. Limiter les compétences devrait également aider chaque organisme à prendre des décisions qui seront plus en adéquation avec les besoins, explique Mme Paulhiac.


«Quant à savoir s'il y aura des gains réels, il faudra faire le suivi dans 5 ou 10 ans», conclut la professeure.


SOMMET TRANSPORT ET MOBILITÉ

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