Un transporteur aérien tâche de profiter d'un contexte difficile pour se tailler une place

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Février 2016

Un transporteur aérien tâche de profiter d'un contexte difficile pour se tailler une place

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Édition du 20 Février 2016

Par Martin Jolicoeur

[Photo : Shutterstock]

Un jeune transporteur aérien de Québec profite des difficultés financières de ses vis-à-vis pour tenter de se tailler une place de choix dans le secteur du nolisement.


Fondée il y a seulement trois ans, Chrono Aviation met actuellement les bouchées doubles. Déjà forte d'une flotte de 10 appareils et d'une équipe de 51 employés, la jeune entreprise vient de déposer une nouvelle demande de permis à Transports Canada.


S'il lui est accordé, ce permis (705) lui permettra d'exploiter des avions de 19 passagers et plus, le seul marché que Chrono Aviation n'avait pas encore investi dans cette industrie ultra-concurrentielle. Jusque-là, l'entreprise de Québec proposait essentiellement des vols pour 9 passagers et moins et pour 10 à 19 passagers.


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«Nous dérangeons, c'est certain, concède en entrevue l'animateur de radio Dany Gagnon, copropriétaire de Chrono Aviation avec Vincent Gagnon, pilote professionnel. Nos appareils sont plus récents, leur confort et le service de nos employés sont supérieurs. Et nous offrons tout cela à des tarifs comparables à ceux de la concurrence.»


Au Québec, le marché du transport par nolisement est déjà passablement encombré. Il l'est d'autant plus aujourd'hui que les promesses qu'a suscitées le Plan Nord se sont évanouies avec la dégringolade du cours des matières premières.


Résultat, explique Jacques Prud'Homme, président du transporteur Nolinor Aviation de Mirabel, l'industrie québécoise du charter est forcée d'offrir ses services à des tarifs qui sont inférieurs de 20 % à 30 % à ceux de n'importe où au Canada. «Nous n'avons pas le choix, dit-il. Au nombre de transporteurs que nous sommes [Nolinor, Max Aviation, Vinci Aviation, Air Labrador, Air Inuit, Air Creebec, Pascan Aviation, etc.] et en raison du peu de projets de développement en cours, chacun fait ce qu'il peut pour tirer son épingle du jeu.»


Cela est sans compter le nouveau service de taxi aérien par abonnement mensuel avec transport illimité entre Québec, Montréal et Toronto, que s'apprête à lancer Chrono le mois prochain, en s'inspirant d'expériences américaines comme celles de Surf Air et Beacon Air. «Deux cents abonnés nous suffiront pour assurer notre rentabilité», soutient le copropriétaire.


Lutte pour la survie


Une des victimes de cette bataille du ciel, dans un contexte d'écroulement du Plan Nord, est Pascan Aviation, spécialisée dans le transport de passagers dans toutes les régions éloignées du Québec ; de Havre-Saint-Pierre à Rouyn-Noranda, en passant par Roberval et les Îles-de-la-Madeleine.


Le 31 août dernier, Pascan a obtenu de la Cour supérieure du Québec le droit de recourir à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Les sept sociétés apparentées, regroupées au sein du Groupe Pascan, ont présenté des créances de 35,9 millions de dollars, dont 14,8 M$ à la Banque de développement du Canada et 6,1 M$ à Investissement Québec.


«Nous n'avons pas eu le choix. Par exemple, le projet de mine de Cliffs Natural Resources, au lac Bloom près de Fermont, est passé du jour au lendemain de 800 à 50 employés. Ça a été comme ça partout. Dans ces conditions, nous ne pouvions continuer comme prévu», explique Yani Gagnon, vice-président et chef de la direction financière de Pascan Aviation.


Depuis, l'entreprise de Saint-Hubert a réduit son personnel de 340 employés des deux tiers, de même que le nombre de ses liaisons pour ne conserver que les plus rentables, et n'exploite plus que la moitié de sa flotte de 22 appareils, de 9 à 42 passagers. Encouragée, l'entreprise poursuit aujourd'hui ses activités et doit faire une proposition aux créanciers le 1er mars prochain.


Dans ce contexte, la demande d'un nouveau permis de Chrono Aviation paraît n'être qu'une mauvaise nouvelle parmi d'autres, pour Jacques Prud'homme, un doyen de 48 ans dans l'industrie : «Qu'il s'amène avec son [permis] 705 s'il ose. C'est là qu'on pourra séparer les hommes des enfants !» Un combat suivre.


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