Orford: Québec reprend l'exploitation de la station de ski

Publié le 25/11/2010 à 08:44, mis à jour le 25/11/2010 à 11:55

Orford: Québec reprend l'exploitation de la station de ski

Publié le 25/11/2010 à 08:44, mis à jour le 25/11/2010 à 11:55

Par Martin Jolicoeur

Photo: Mont Orford

C’est le retour à la case départ dans l’industrie du ski des Cantons-de-l’Est.


À la veille de la reprise de la saison hivernale, la station du Mont-Orford se prépare à reprendre ses activités, et ce aux frais du gouvernement du Québec qui se chargera, aussi bien d’exploiter la montagne que d’éponger son déficit.


«C’est du pareil au même depuis des années, se plaint comme d’autres Benoît Boulanger, le président de Ski Sutton, une station de ski concurrente des environs. Malgré des années passées à répéter qu’il n’est pas de la responsabilité d’un gouvernement de gérer une station de ski, ce même gouvernement s’apprête à continuer de faire le contraire de ce qu’il dit.»


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Après le rejet en octobre de la seule proposition d’achat reçue –celle de Camp Fortune Resort-, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Pierre Arcand, a prolongé jusqu’au 31 mai le mandat d’exploitation de la station de ski et du terrain de golf du Mont Orford.


Ce mandat a été confié à la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) qui a aussitôt transféré la responsabilité à la société privée Gestion Soroma, sise rue Saint-Paul Ouest, à Montréal. À ce jour, nos efforts afin de connaître le montant payé par la Sépaq pour la réalisation de ce mandat sont demeurés vains.


Un cirque d’improvisations


«C’est tout simplement la poursuite d’un amateurisme crasse du gouvernement en place, s’insurge Étienne-Alexis Boucher, le député péquiste du comté de Johnson, qui suit le dossier de près depuis 2006. Il faut à tout prix que cesse ce cirque d’improvisations dans lequel se complaît le gouvernement libéral dans ce dossier.»


 


C’est qu’en plus des frais d’exploitation de la montagne et de son déficit d’exploitation annuelle, qui s’élèverait bon an mal an à 2M$, le gouvernement du Québec continue depuis quatre ans d’assumer l’entretien et la réparation des équipements en place.


Au cours des derniers mois, par exemple, le chalet principal de la station a dû être remise à niveau pour se conformer aux avis de défectuosité émis par la Régie du bâtiment du Québec. La facture de ce seul ouvrage s’est élevée à 700 000$, si l’on se fie au ministère du Développement durable, Environnement et Parcs.


Et ce n’est pas fini. Selon de nombreux observateurs, le gouvernement s’apprêterait aussi à entreprendre des travaux d’environ 2 M$, liés entre autres à la prise d’eau de l’Étang aux Cerises, duquel s’allimente le système de fabrication de neige artificielle.


Concurrence déloyale


«Je comprends la décision du gouvernement qui, pour des raisons essentiellement sociales, a décidé de donner le temps à la région de déposer un projet de relance, affirme Charles Désourdy, président de SkiBromont.com, gestionnaire de la montagne du même endroit. Mais ça a assez duré ; à coups de 2M$ d’achats par ci et de 1M$ de réparations par là, tous ces investissements publics finissent par peser sur la concurrence. Ça ne pourra, prévient-il, durer un autre dix ans comme cela.»


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Déjà, le président de Bromont affirme avoir dû réduire son ticket de la journée d’au moins 5$ pour s’ajuster aux prix dérisoires du Mont-Orford. Il en va de même à la station du Mont Sutton, où l’on ne se gêne pas pour qualifier de «concurrence déloyale» la politique de prix d’Orford.


Le billet de la journée coûte 60$ au Mont Sutton, contre 51$ seulement à Orford. «Pour parvenir à financer mes équipements et à rentabiliser mes activités, il faudrait charger 65$, explique le président de Ski Sutton, Benoît Boulanger. Mais avec la concurrence déloyale du Mont Orford, qui se fout de faire des déficits qui sont épongés par Québec, cela nous est absolument impossible.»


Pourtant, de son avis, il suffirait aux administrateurs d’Orford de charger le juste prix à sa clientèle pour que la station cesse d’accumuler les déficits et permette aux stations voisines de poursuivre leurs activités dans un environnement concurrentiel juste.


Deux millions par année ?


Dans une lettre datée du 29 octobre dernier, la MRC de Memphrémagog a demandé au ministre Arcand de sursoit au démantèlement de la montagne et de lui accorder une période de 90 jours pour se porter acquéreur de la station, d’en assurer l’exploitation ou d’en confier la responsabilité à un tiers. Ce délai lui a été accordé.


Reste à voir l’avenue que la région, par l’intermédiaire de la MRC, choisira d’emprunter. Est-ce que la voie d’une coopérative régionale, comme cela a été évoqué, serait porteuse? Est-ce que les retombées économiques régionales de la station justifieraient que la MRC éponge un déficit de 2 M$ annuellement?


Charles Désourdy de Ski Bromont est loin d’en être certain, craignant que la peine en emporte le profit. Ce dernier invite la région à retirer ses œillères pour tirer plein profit de «ce trésor caché» qu’est le Parc du Mont Orford, bien au-delà du ski alpin. Les retombés économiques d’une destination, résume-t-il, ne se mesurent pas qu’en nombre de visiteurs.


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