Barcelone veut rester «la Mecque du tourisme espagnol»

Publié le 23/08/2017 à 09:48

Barcelone veut rester «la Mecque du tourisme espagnol»

Publié le 23/08/2017 à 09:48

Par AFP

Mecque du tourisme en Espagne, Barcelone retient son souffle et espère que l'attentat sanglant qui l'a frappée en plein centre n'affectera pas ce secteur clé de son économie qui jusqu'à présent tient le coup.


Difficile cette semaine de trouver une chambre à Barcelone si ce n'est à un prix exorbitant, 30.000 médecins étant attendus pour un congrès de cardiologie du samedi 26 au 30 août dans la deuxième ville d'Espagne.


Le puissant secteur touristique voit ce rendez-vous comme un test après les attentats jihadistes qui ont fait 15 morts et plus de 120 blessés à Barcelone et Cambrils, station balnéaire à 120 kilomètres plus au sud.


«Il y a une certaine inquiétude, car ce n'est évidemment pas un élément positif», déclare à l'AFP José Luis Zoreda, vice-président de la fédération patronale touristique Exceltur. Mais il ne s'attend à «aucune catastrophe».


Le double attentat, revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique, s'est produit en pleine haute saison dans deux sites touristiques: les Ramblas et la station balnéaire de Cambrils sur la «Costa Dorada» .


Neuf des quinze morts étaient en vacances, et parmi les blessés figurent 35 nationalités différentes.


Les restaurants, plus touchés



Les restaurateurs, eux, ont déjà constaté une baisse de leur chiffre d'affaires dans les jours suivants.


«Depuis jeudi, nos revenus ont baissé de 30, 35%», déplore José Yeste, directeur du restaurant La Tramoia dans le centre-ville.


«Tout fonctionne au ralenti. Des gens ont peur de s'asseoir en terrasse. Vendredi, nous avions des réservations pour 40 personnes et toutes ont annulé», a déclaré David Serrat, directeur d'un autre restaurant sur l'emblématique Plaça de Catalunya, à quelques mètres des Ramblas.


«Nous facturions entre 8.000 et 10.000 euros par jour. Ces jours-ci, on arrive à peine à 6.000», dit-il.


Pourtant, il veut croire que cela n'est que passager. «Barcelone reviendra. Peut-être pas au niveau d'avant, parce que nous étions dans une année record, battant chaque mois les records des années précédentes, mais ce ne sera pas aussi dramatique que ces jours-ci.»


Impact limité


Barcelone, qui avec plus de 400 hôtels tire 12 à 14% de ses revenus du tourisme, a accueilli en 2016 près de 30 millions de visiteurs.


Tant et si bien qu'avant les attentats, la municipalité réfléchissait à comment endiguer le flot de touristes, tandis que des citoyens manifestaient, parfois violemment, contre ce qu'ils considéraient comme une «invasion».



Les professionnels, qui se sont réunis en urgence mardi avec la maire Ada Colau, affirment avoir besoin de temps pour analyser l'impact des attaques, mais pour l'instant, il semble limité.


À l'hôtel Rialto, à une centaine de mètres de là où Younes Abouyaacoub a laissé sa camionnette avec laquelle il a tué 13 personnes, on n'a enregistré que cinq annulations sur 80 entrées prévues.


«C'est pratiquement inchangé. Il y a eu très peu d'annulations, surtout de gens qui venaient passer une seule nuit. Les séjours longs ont été maintenus», a assuré le chef de réception, Vicente Rodriguez.


En bord de mer, l'hôtel W à l'emblématique forme de voile, a bien enregistré quelques annulations, mais elles «se sont stabilisées ces dernières heures», indiquait mardi à la mi-journée son directeur général, Stijn Oyen, sans donner de chiffres.



« C'est arrivé à Paris, Bruxelles, Nice... on s'habitue à ce genre d'événements »


L'Union espagnole d'agences de voyage n'a pas non plus remarqué d'annulations. «Ce qu'il peut se passer, c'est que des gens qui avaient prévu d'aller bientôt à Barcelone attendent un peu», assure son vice-président José Luis Méndez.


«Le rythme de réservations reste le même. Le soir même de l'attentat, nous en recevions toujours», souligne le président de l'association d'appartements touristiques de Barcelone, Apartur.


«C'est arrivé à Paris, à Londres, à Berlin, à Bruxelles, à Nice... ma conclusion est triste, mais c'est qu'on s'habitue à ce genre d'événements», dit-il.


Sur les Ramblas, de nouveau grouillantes de touristes et de locaux, Falko Wieclemann, un professeur allemand de 49 ans, contemple avec son épouse et sa fille les fleurs, bougies et messages en mémoire des victimes.


Ils sont arrivés samedi, deux jours après la tragédie, pour y passer une semaine. «Nous nous sentons en sécurité. C'est un acte isolé. Nous venons de Berlin, là-bas il s'est passé la même chose, et la vie doit continuer».


 


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