La révolution des services bancaires mobiles est en marche

Publié le 08/03/2010 à 07:00

La révolution des services bancaires mobiles est en marche

Publié le 08/03/2010 à 07:00

Par Alain McKenna

Il y a dix ans, l'idée de payer une facture ou de transférer de l'argent à un proche par l'entremise d'un téléphone portable était inimaginable. Mais avec la multiplication d'applications pour téléphones intelligents comme le BlackBerry et le iPhone d'Apple, une révolution se prépare dans le monde bancaire.


Les Canadiens commencent peut-être à peine à adopter les services bancaires mobiles, mais ce marché n'en recèle pas moins un grand potentiel. L'an dernier, environ 9 % de la population canadienne a effectué au moins une transaction bancaire à partir d'un sans-fil. Mercator Advisory Group, une société de Boston qui a étudié l'émergence des services bancaires mobiles au Canada, prévoit que 33 % des Canadiens feront affaire avec leur banque à partir d'un appareil mobile au cours de la prochaine année.


Les services bancaires mobiles, comme le paiement de factures par messagerie texte et le virement de fonds à même l'écran d'un iPhone, prennent leur envol aux États-Unis. Certaines institutions financières permettent à leurs clients de déposer un chèque en le photographiant, à partir d'un sans-fil, et en transmettant la photo via les ondes cellulaires.


Traditionnellement, les banques canadiennes ont été à l'avant-garde des nouvelles technologies. Elles s'attaquent cette fois-ci plus lentement à ce nouveau créneau. Le 3 février, la CIBC est devenue la première banque canadienne à offrir une application mobile pour le iPhone. Ce lancement a été couronné de succès : des dizaines de milliers de clients ont téléchargé l'application en une semaine.


" Les banques n'ont compris que tout récemment l'importance de ces nouvelles technologies ", dit Sylvain Sénécal, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier.


Un marché sur le point d'exploser


Le marché du paiement mobile s'annonce déjà comme le principal champ de bataille de la révolution bancaire sans fil.


" Le paiement mobile, c'est le Saint Graal. Tout le monde veut sa part du gâteau : les banques, les sociétés de télécommunication, les émetteurs de cartes de crédit Il y a une occasion de croissance exceptionnelle des revenus dans ce marché ", croit M. Sénécal.


Le cabinet de recherche Gartner prévoit que 190 millions de personnes dans le monde régleront leurs achats à partir d'un appareil sans fil en 2012, par rapport à 32 millions en 2009.


Les banques canadiennes ne sentent pas encore l'urgence d'offrir une solution de paiement mobile à leurs clients. " Cela viendra, c'est sûr, mais pas avant trois à cinq ans ", estime Joan Dal Bianco, vice-présidente et responsable des services en ligne nord-américains du Groupe TD. " Les Canadiens se posent encore des questions sur la sécurité du paiement mobile. Le coût élevé des communications sans fil au Canada est également un frein important au développement de ces nouveaux services. "


Bell, Rogers et Telus s'unissent dans le marché du paiement mobile


En fait, les exploitants de réseaux sans fil semblent plus pressés que les banques de se positionner sur ce marché.


Bell, Rogers et Telus ont lancé, l'été dernier, un service conjoint de paiement appelé Zoompass. À partir d'un téléphone cellulaire, un client de Zoompass peut verser de l'argent à un autre client Zoompass sans avoir à sortir son portefeuille. Pour l'heure, cette technologie, qui permet à deux utilisateurs de sans-fil de s'échanger de l'argent, est peu utilisée. Mais ce n'est qu'un début, dit Robin Dua, président d'EnStream, la société créée par les trois géants du sans-fil pour superviser le service Zoompass. " De nombreux Canadiens voient d'un bon oeil la fusion de leur portefeuille et de leur mobile afin de simplifier leurs transactions de tous les jours. "


EnStream veut permettre à ses clients de régler leurs achats en magasin directement à partir de leur téléphone. L'entreprise dit travailler avec les cinq plus grandes banques canadiennes pour y parvenir.


Un tel service signifie-t-il que Bell, Rogers et Telus deviendront des concurrents des grandes banques dans ce marché ? " Je ne crois pas. Si la population démontre un intérêt pour ce type de services, nous réagirons rapidement ", dit Joan Dal Bianco, du Groupe TD.


Si elles veulent dominer le marché des paiements mobiles, les banques ont intérêt à accélérer le pas. C'est un secteur qui intéresse aussi plusieurs nouveaux entrepreneurs du sans-fil. Square, lancée par un des cofondateurs de Twitter, Jack Dorsey, offre un service qui permet aux commerçants de recevoir des paiements par carte de crédit à partir d'un téléphone intelligent. Un lecteur de bandes magnétiques se branche à l'appareil, qui peut afficher un échantillon de signature et une photo du propriétaire de la carte de crédit. Ce n'est qu'un début, car les géants technos veulent aussi participer à la révolution bancaire sans fil.


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