Ludia poursuit sa croissance et lance M. Peabody et Sherman

Publié le 13/02/2014 à 10:49

Ludia poursuit sa croissance et lance M. Peabody et Sherman

Publié le 13/02/2014 à 10:49

Par Denis Lalonde








L’éditeur de jeux vidéo mobiles et sociaux Ludia lance cette semaine M. Peabody et Sherman, le premier titre lié à l’entente signée en novembre dernier avec le studio de cinéma californien DreamWorks. L’entreprise montréalaise soutient que le seul frein à sa croissance est sa capacité à recruter des employés qualifiés.


«M. Peabody et Sherman : Les voyages dans le temps est un jeu-questionnaire lié au film du même nom qui sortira le 7 mars», affirme le PDG de Ludia, Alexandre Thabet, en entrevue.


Le film raconte l’histoire du chien le plus intelligent du monde qui décide d’adopter un garçon. Le chien amène son enfant adoptif à travers les âges grâce à une machine à voyager dans le temps pour lui faire voir les grands moments de l’histoire de l’humanité.


«Le jeu lié au film a pu bénéficier de la plateforme développée pour nos jeux Family Feud et Who wants to be a Millionnaire. On a donc créé un jeu-questionnaire où le chien pose des questions sur différents évènements de l’histoire. Il s’agit d’un jeu pour toute la famille ayant également une vocation éducative», explique M. Thabet.


Ce dernier ajoute que c’est la première fois, mais non la dernière, que Ludia lance un jeu avant même la sortie du film auquel il se rattache. «Nous allons lancer un autre titre cette année et deux autres ultérieurement», dit-il. DreamWorks a deux autres lancements prévus cette année : How to train your Dragon 2 en juin et Happy Smekday en novembre. L’un des deux films aura donc droit à un jeu signé Ludia.


Croissance freinée par un recrutement difficile


«En avril dernier, nous avions annoncé notre intention de recruter 100 personnes d’ici la fin de 2013. Or, l’objectif a été atteint à seulement 70% en raison d’un manque de ressources qualifiées. Aujourd’hui, sans avoir de cibles précises, nous sommes en période de recrutement dans tous les métiers liés à la production de jeux vidéo», confie Alexandre Thabet.


Ce dernier illustre que l’entreprise, qui compte 250 employés dans son studio montréalais, pourrait embaucher 50 candidats «demain matin» s’ils possédaient les qualifications recherchées.


«Nous vivons un beau problème. Lorsque nos jeux connaissent du succès, nous ne pouvons pas migrer nos employés sur d’autres projets. Il faut en effet continuer d’alimenter les jeux longtemps après leur lancement. Parfois, les équipes qui travaillent sur les mises à jour sont plus imposantes que pour la version originale du jeu», dit-il.


M. Thabet explique que le modèle d’affaires des jeux sociaux et mobiles a complètement changé au cours des deux dernières années. Le temps de développement a doublé, voire triplé, et les budgets oscillent entre 1 et 10 millions de dollars selon le type de produit qui doit être créé : «Aujourd’hui, 90% des revenus générés dans le jeu mobile proviennent de titres freemium. On offre le jeu gratuitement et on monétise ensuite avec des micro-transactions. Cela exige de penser le développement de jeux de manière complètement différente», affirme-t-il.


Le dirigeant explique que le jeu Jurassic Park Builder, où l’objectif est d’avoir le plus beau parc de dinosaures, est celui qui a généré le plus de revenus pour Ludia en 2013. Or, le jeu téléchargé à plus de 25 millions de reprises a été lancé en 2012.


«C’est très différent du modèle d’affaires traditionnel où les jeux génèrent le gros de leurs revenus dans les deux ou trois premiers mois suivant leur lancement. Avec les jeux freemium, le potentiel de revenus s’étale sur une bien plus longue durée, selon la capacité et le désir de l’éditeur de continuer à alimenter l’audience engagée dans le jeu avec du nouveau contenu. On estime que le revenu potentiel moyen d’un joueur qui télécharge le jeu est d’environ deux dollars», explique-t-il.


Dans le cas du jeu Jurassic Park Builder, il est notamment possible d’acheter des dinosaures et de la nourriture. Il est aussi possible d’acheter des décorations et des bâtiments. Il y a un nombre presque infini de consommable que les joueurs peuvent acheter. «Les joueurs veulent avoir toutes les espèces de dinosaures. Aujourd’hui, on en a 95 et on en ajoute toutes les semaines. Il est possible de se les procurer gratuitement en explorant son île et en découvrant des ambres de dinosaures que le joueur peut amener dans son labo pour en extraire l’ADN. Toutefois, les joueurs qui veulent aller plus vite peuvent payer pour se les procurer», raconte le dirigeant.


Forte croissance en 2013


Sans pouvoir être plus précis, Alexandre Thabet soutient que les revenus de Ludia ont progressé de 70% en 2013 par rapport à 2012. Il estime que la société aura une croissance similaire en 2014.


L’entreprise, dont l’actionnaire majoritaire est la société britannique FremantleMedia, a généré plus de 100 millions de téléchargements depuis sa création en 2007. Ludia dit compter sur un bassin de plus de 10 millions de joueurs qui se connectent à ses jeux chaque mois.


 

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