Jean-Paul Gagné : Le mythe de la rareté du crédit

Publié le 03/02/2009 à 00:00

Jean-Paul Gagné : Le mythe de la rareté du crédit

Publié le 03/02/2009 à 00:00

Par Jean-Paul Gagné

La première légende urbaine : les banques ne prêtent plus, elles conservent leur argent pour elles. La deuxième légende urbaine : quand elles daignent prêter, les banques font beaucoup d’argent.



Vérification faite auprès de l’Association des banquiers canadiens et de la Banque du Canada, les banques commerciales du Canada ont fortement augmenté le volume de leurs prêts aux entreprises et aux ménages canadiens tout au long de 2008 et notamment dans les derniers mois de 2008. Les dernières statistiques disponibles sont celles de novembre . Ainsi, le crédit bancaire aux entreprises de toutes tailles s’est accru de 13,4 % entre novembre 2007 et novembre 2008. Il avait augmenté de 8,2 % en août, de 8,3 % en septembre et de 11,4 % en octobre. Quant au crédit bancaire aux particuliers, il a augmenté de 12,1 % entre novembre 2007 et novembre 2008, après avoir crû de 14,2, de 14,1 et de 13,2 % les mois précédents.



La raison pour laquelle on pense naturellement que les banques ne prêtent plus est la rareté relative du crédit. En effet, le marché du crédit s’est rétréci à cause du retrait du marché canadien de plusieurs institutions américaines qui avaient augmenté leur présence au Canada ces dernières années et qui sont devenues plus frileuses à cause des difficultés financières de leur société mère. Les banques canadiennes prennent le relais, même elles n’arrivent pas à satisfaire les besoins du marché canadien.



Les banques font moins d’argent



Par ailleurs, s’il est vrai que les entreprises et les consommateurs paient très cher pour emprunter, cela ne veut pas dire que les banques et les caisses Desjardins ont accru leur marge de profit. Au contraire, le revenu net d’intérêt (écart entre les taux obtenus sur les prêts et le coût du capital) des banques et des caisses est à la baisse.



Cela s’explique par l’extrême prudence des marchés financiers à prêter aux banques, qui doivent emprunter pour s’alimenter en capitaux étant donné que l’épargne ne suffit pas à combler leurs besoins de fonds. Voilà pourquoi les banquiers restent de glace devant les supplications du ministre canadien des Finances, Jim Flaherty, qui leur dit de prêter davantage.



Heureusement, le gouvernement canadien aide les banques par la porte d’en arrière. Ainsi, celui-ci rachètera bientôt pour 50 milliards de dollars de prêts hypothécaires assurés, qui sont actuellement dans l’actif des banques. L’argent ainsi libéré pourra être reprêté aux entreprises et aux ménages canadiens. Ce rachat portera à 125 milliards le total des rachats de prêts hypothécaires par le gouvernement canadien en moins d’un an. D’autres mesures ont aussi été annoncées dans le dernier budget fédéral pour améliorer l’accès au financement.



Ceux qui empruntent à bas coût de ce temps-ci sont les gouvernements, à qui les épargnants et les investisseurs prêtent volontiers leur argent même si ça ne leur rapporte presque rien. Un gouvernement ne peut pas faire faillite. Par exemple, le gouvernement du Québec a récemment émis des bons du Trésor à quelque 0,70 % d’intérêt. Aux États-Unis, où le système bancaire est dans le pétrin, le gouvernement fédéral américain payait récemment 0,10 % sur des bons du Trésor de 90 jours.



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