Desjardins: 16 ans de transactions aux Bahamas

Publié le 13/03/2014 à 16:43

Desjardins: 16 ans de transactions aux Bahamas

Publié le 13/03/2014 à 16:43

Par Hugo Joncas

En 1999, des conseillers en placement de la Financière Banque Nationale, dont Marc Dalpé, se sont rendus à l’Atlantis Hotel de Nassau. Sur place, la National Bank of Canada (International) faisait la promotion de ses services.

Une série de documents judiciaires et confidentiels et des témoignages qu’a recueillis Les Affaires permettent d’en savoir plus sur le passé trouble de Desjardins, de la Banque Nationale et de la Banque Laurentienne aux Bahamas.


Lisez notre dossier sur Desjardins et les comptes aux Bahamas:


Pas si occultes, les comptes à Nassau


Les conseillers et leurs clients rattrapés par le fisc


Dossier de Finance et Investissement sur les conseillers congédiés chez VMD


Congédiés en 2011 par Valeurs mobilières Desjardins (VMD), Marc Dalpé, Jean-Marc Milette et sept autres conseillers en placement sont les pénitents les plus connus d’un vieux vice bien canadien: les paradis fiscaux tropicaux. En fait, l’histoire d’amour du mouvement coopératif avec les Bahamas commence en 1994, alors que Desjardins devenait propriétaire de la Laurentian Bank & Trust (LB&T) à Nassau.


Deux des neuf conseillers licenciés ont connu cette structure exotique. Guylaine Raby et Daniel Gérard Bergeron étaient déjà chez VMD en 1994 quand Desjardins a mis la main sur la Banque Laurentienne et, du même coup, sur ce «pied-à-terre» au large de la Floride.


Les Affaires a obtenu un document datant de mai 1995, qui expliquait la marche à suivre pour transférer des sommes de clients de VMD à la LB&T. Les chèques et les titres transitaient par la Banque Laurentienne et le Trust La Laurentienne, avant d’être envoyés à Nassau.


André Lamothe, 70 ans, fut pdg de la LB&T en 1996 et 1997, puis chef de la direction et directeur général pour BNP Paribas Private Bank & Trust jusqu’en 2000, après le rachat par la banque française. Joint par Les Affaires, il raconte «une expérience qui n’est pas facile». «Je suis revenu fatigué», dit le retraité de la finance. Le défi, «clairement, c’était surtout de s’assurer que les activités étaient menées selon les lois, l’éthique professionnelle».


Ombudsman de la Laurentienne avant d’accepter le poste à Nassau, André Lamothe assure que ses priorités étaient «l’honnêteté, l’intégrité», et ce, «même si ce n’était pas toujours facile». «Il fallait être très attentifs et s’assurer que les choses sont correctes, que la clientèle qui arrivait était de qualité», c’est-à-dire qu’elle n’apportait pas de l’argent sale à blanchir.


Quand BNP Paribas a racheté la LB&T en 1997, les clients de VMD ont pu continuer à utiliser un compte dans la nouvelle institution. Mais en 2004, la grande rivale de Desjardins, la Banque Nationale, rachetait BNP Paribas Private Bank & Trust à son tour.


Dès lors, les relations officielles ont cessé, mais pas les transactions à la National Bank of Canada (International). Les conseillers en placement ont simplement cessé de les déclarer.


De la Banque Nationale au Crédit agricole suisse


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