Pfizer déçoit et arrête le développement d'un anticholestérol

Publié le 01/11/2016 à 16:32

Pfizer déçoit et arrête le développement d'un anticholestérol

Publié le 01/11/2016 à 16:32

Par AFP

(Photo: 123rf.com)

Le laboratoire pharmaceutique Pfizer a annoncé mardi des résultats trimestriels décevants et l'arrêt du développement d'un traitement censé diminuer le cholestérol, ce qui devrait peser sur ses bénéfices annuels.


Les bénéfices et le chiffre d'affaires au troisième trimestre ont été inférieurs aux attentes, principalement à cause d'une hausse de 18% des coûts et de la concurrence des génériques.


Le résultat net a plongé de 38% à 1,32 milliard de dollars. Si les revenus ont augmenté de 7,93% à 13,04 milliards de dollars, c'est néanmoins en dessous des 13,05 milliards espérés par les marchés.


Dans la foulée de cette contre-performance, le numéro deux mondial de la pharmacie a annoncé laisser tomber l'anticholestérol Bococizumab parce qu'il est parvenu à la conclusion qu'il est «peu probable qu'il apporte des bénéfices aux malades, médecins et actionnaires».


Pfizer arrête donc les essais cliniques de ce traitement prometteur qui fait partie d'une nouvelle génération d'anticholestérols dont les autorités ont limité le nombre de patients qui pouvaient en bénéficier parce qu'ils sont chers et n'ont pas montré de grandes différences à ce jour en termes de prévention par rapport aux médicaments existants comme les statines.


Le Bococizumab devait aussi arriver sur le marché bien après le Repatha, commercialisé par la biotech américaine Amgen, et le Praluent du duo franco-américain Sanofi-Regeneron. Ces médicaments sont appelés PCSK8 et permettent de lutter contre les hauts niveaux de lipoprotéines en faible densité (LDL), ou «mauvais cholestérol», qui seraient responsables de 610 000 décès par an aux États-Unis.


Le renoncement de Pfizer devrait réduire ses bénéfices annuels de l'ordre de 4 cents par action, ce qui a entraîné un abaissement des prévisions annuelles.


Le chiffre d'affaires 2016 devrait désormais être compris entre 52 et 53 milliards de dollars contre de 51 et 53 milliards de dollars auparavant, tandis que le bénéfice ajusté par action s'établirait, lui, entre 2,38 et 2,43 dollars contre de 2,38 à 2,48 dollars précédemment.


«Nous restons déterminés à investir dans l'innovation et à nous concentrer dans les domaines où nous pouvons apporter des thérapies novatrices pour répondre aux besoins en matière de maladies cardiovasculaires et du métabolisme», a assuré James Rusnak, en charge du développement. 


Le Bococizumab était considéré comme un futur «moteur majeur de la croissance», selon BMO Capital, qui estime que Pfizer va devoir effectuer de nouvelles acquisitions pour combler le manque à gagner.


L'action pénalisée


À Wall Street, l'action Pfizer a perdu 2,02% à 31,07$US. 


«Medivation et Anacor fournissent des opportunités de croissance à court terme», a essayé de rassurer le PDG Ian Read.


Pfizer a racheté en août pour 14 milliards de dollars Medivation dont le médicament Xtandi, un traitement contre la prostate, peut générer à lui seul 1,33 milliard de dollars de revenus par an d'ici à 2020, selon les calculs des analystes. 


Anacor est pour sa part spécialiste des anti-inflammatoires et développe le crisaborole, un médicament prometteur contre l'eczéma. 


Lors du troisième trimestre, les ventes des traitements contre les cancers ont bondi de 41%, principalement grâce au médicament contre le cancer du sein métastatique Ibrance, dont les revenus sont passés de 230 millions à 550 millions de dollars en un an. Cet anti-cancéreux est censé devenir un «blockbuster» dans les prochains mois.


Les ventes de l'antalgique Lyrica contre l'épilepsie ont augmenté de 2% à 1,24 milliard de dollars.


À l'inverse, les vaccins de la famille Prevnar contre les infections invasives comme la pneumonie et la méningite ont enregistré un déclin de 3% à 1,53 milliard de dollars de leurs ventes.


La division «médicaments matures», regroupant les traitements dont les brevets ont expiré ou vont bientôt expirer et pâtissent ainsi de la concurrence des génériques, a enregistré une hausse de 7% à 5,71 milliards de dollars de ses ventes, principalement grâce à l'intégration du spécialiste des perfusions Hospira, racheté en 2015.


Hors Hospira, qui fabrique des produits injectables et des biosimilaires qui sont des génériques spécifiques pour les traitements issus des biotechnologies, les revenus ont diminué de 8%.


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