Québec imposera bientôt un seuil minimal pour les biocarburants

Publié le 27/10/2017 à 16:08

Québec imposera bientôt un seuil minimal pour les biocarburants

Publié le 27/10/2017 à 16:08

Par François Normand

(Photo: 123rf.com)

Québec imposera «probablement d’ici Noël» un seuil minimal pour les biocarburants vendus dans la province, affirme le ministre des Ressources naturelles et de l’Énergie du Québec, Pierre Moreau.


«On est en réflexion, la décision finale n’est pas prise, mais on est au-delà des 2%», a-t-il déclaré ce vendredi lors d’un point de presse en marge de son allocution devant la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain.


En janvier, Les Affaires avait rapporté que le gouvernement Couillard travaillait sur un scénario pour imposer un seuil minimal d’au moins 2%. Cela signifie que la totalité des carburants vendus au Québec devrait contenir au moins 2% de biocarburants.


Pierre Moreau n’a pas voulu préciser la cible minimale que son gouvernement a en tête, mais il a dit qu’il l’annoncerait bientôt. «C’est prochainement. J’essaie de vous l’exprimer en termes de semaines ou de mois, dit-il. […] Probablement d’ici Noël.»


Cette mesure favorisera le projet d’un milliard de dollars canadiens de bio raffinerie à La Tuque, en Mauricie, mais aussi les biocarburants de Gaz Métro (par exemple, le biométhane tiré des déchets domestiques).


Ce projet de La Tuque prévoit la construction d'une bio raffinerie (qui entrerait en fonction en 2023) capable de produire du diesel renouvelable à partir de résidus forestiers. Ce carburant serait utilisé dans les véhicules routiers (camions, voitures, etc.) circulant au Québec.


Neste veut un seuil de 10%


De plus, en entretien à Les Affaires le 17 janvier, un dirigeant de la finlandaise Neste, un leader mondial dans la production de biocarburants et partenaire pour le projet de La Tuque, a déclaré que la cible devrait être d'au moins 10% pour assurer la viabilité du projet.


«Il faut que la loi québécoise garantisse que les biocarburants représentent un minimum de 10% des carburants vendus au Québec», a déclaré Lars Perter Lindfors, vice-président principal et directeur technique de la multinationale finlandaise, en précisant que cette nouvelle réglementation doit être implantée d'ici 2 à 3 ans.


Le seuil minimal que Québec annoncera bientôt est le nerf de la guerre afin de garantir la rentabilité à terme des projets de biocarburants au Québec.


Premièrement, parce qu'il faut que cette cible soit supérieure à celle en vigueur dans les autres provinces, au premier chef en Ontario, car elle incitera Neste -et d'autres investisseurs- à investir au Québec et non pas ailleurs au Canada.


Deuxièmement, parce que dans l'industrie mondiale des biocarburants, la cible idéale serait grosso modo un seuil minimal de 10%, comme c'est du reste le cas actuellement en Finlande -cette cible sera toutefois portée à 20% dans ce pays en 2020.


Le seuil minimal qui sera annoncé sous peu favorisera aussi indirectement le projet de brut biologique à Port-Cartier, sur la Côte-Nord, qui a besoin aussi d'un marché domestique pour être rentable à long terme.


Le projet à Port-Cartier (qui devrait être opérationnel en 2017-2018) prévoit produire du brut biologique (ce n'est donc pas un carburant) à partir de la biomasse forestière. Des entreprises comme Arcelor Mittal pourraient l'utiliser comme combustible dans leurs procédés de production.


 


 


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