Mines : les leçons de Detour Gold

Publié le 04/03/2013 à 14:34, mis à jour le 05/03/2013 à 09:17

Mines : les leçons de Detour Gold

Publié le 04/03/2013 à 14:34, mis à jour le 05/03/2013 à 09:17

Par Suzanne Dansereau

Le début de la production d’or à la mine Detour Lake, qui appartient à Detour Gold, a été présenté lundi au congrès de l'Association des prospecteurs et entrepreneurs miniers du Canada (PDAC) comme un succès à étudier.


La première ligne de production a été démarrée le 18 février et une deuxième ligne devrait s’ajouter dans les prochains jours.


Située dans le nord de l’Ontario, Detour Lake devrait atteindre l’étape de la production commerciale à l’été 2013 alors qu’elle sera en mesure de traiter 42 000 tonnes de minerai quotidiennement pendant 60 jours.


Detour Gold est une mine à ciel ouvert, de taille intermédiaire, comme Osisko au Québec. Sa fosse fait plus de 3 kilomètre de long. Elle devrait livrer à ses actionnaires 650 000 onces d’or par année à un coût total de 850$ l’once, selon le pdg de la minière, Gérard Panneton. Ce coût inclut non seulement les coûts comptants totaux (cout de production et cout de redevances) mais aussi les coûts d’entretien de la mine.


La mine est donc assez rentable, malgré la baisse du prix de l’once d’or.


« Nous avons été très chanceux, indique Gérard Panneton, qui en est à sa troisième mine. (Il a participé à l’ouverture de deux autres mines en Afrique pour Barrick Gold).


Detour Gold a acheté pour 75 M$ le gisement appartenant autrefois à Placerdome en 2006, alors que l’or se vendrait à 450$ l’once. Ils ont ensuite dépensé 1,5 milliards$ pour pouvoir produire 15 millions d’onces durant 21 ans. Aujourd’hui le métal précieux frôle les 1500$ l’once. Et la mine vaut 2,4 milliards$.


Selon M. Panneton, la recette de son succès est composée des ingrédients suivants :


-Detour Gold n’a jamais raté aucun échéancier.


-Elle a investit ce qu’il fallait en temps et en argent pour obtenir l’approbation des communautés, notamment les autochtones qui représentent 25% du personnel qui travaille à la mine.


-À l’automne 2010, elle a préféré un financement par dette convertible à un prêt bancaire. Avec un prêt, le projet aurait pu être retardé par la banque rendue nerveuse. En novembre 2012, Detour Gold a dû faire une petite émission d’actions (4 millions) pour se donner un coussin financier car les banques voulaient attendre en mars 2013 (date du début de la production) pour activer leur prêt.


-Detour Gold avait une bonne idée de ses coûts. Toute surprise a un effet désastreux sur les investisseurs, surtout en ce moment, a signalé M. Panneton.


Même si le gisement contient des ressources de 30 millions d’onces d’or, le président de Detour Gold n’entend pas démarrer immédiatement une expansion. Il veut laisser le temps aux opérations de bien se roder après 27 mois de préparation. Detour Gold poursuit toutefois son exploration, à la recherche de teneurs plus élevées, mais avec un budget moins élevé en 2013.


Un conseil aux prospecteurs : ne soyez pas trop éloignés des infrastructures.


M. Panneton refuse de faire des pronostics sur le prix de l’or, mais il affirme que l’offre n’est pas prête à augmenter considérablement.


 


 


 

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