Le pétrole retournera-t-il à 100 $ US le baril ?

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Février 2018

Le pétrole retournera-t-il à 100 $ US le baril ?

Offert par Les Affaires


Édition du 10 Février 2018

Comme les places boursières, les prix des matières premières profitent actuellement de l'amélioration des perspectives économiques mondiales et de l'enthousiasme des investisseurs. Les prix du pétrole Brent et du West Texas Intermediate (WTI) ont ainsi respectivement bondi à plus de 70 $ US et de 65 $ US le baril, des niveaux qui n'avaient pas été observés depuis 2014. Au rythme où vont les choses, on peut se demander s'il faut se préparer à revoir bientôt un pétrole à 100 $ US le baril et à une hausse spectaculaire des prix de l'essence.


En plus de l'accélération de l'économie mondiale qui soutient la demande de pétrole, la remontée récente des prix s'est appuyée sur d'autres facteurs, dont une augmentation des tensions au Moyen-Orient et un recul du dollar américain. Le changement le plus fondamental depuis la fin de 2016 est cependant la discipline des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et d'autres importants producteurs, dont la Russie. En limitant l'offre de pétrole, ces pays ont réussi à faire complètement disparaître l'important surplus sur le marché mondial du pétrole et même à ramener un léger déficit pour l'ensemble de l'année 2017. Les stocks mondiaux de produits pétroliers ont ainsi reculé l'an dernier pour la première fois depuis 2013.


À première vue, on pourrait penser que l'OPEP et ses alliés ont gagné leur pari et qu'ils pourront bientôt recommencer à augmenter leur production tout en profitant de prix plus élevés. La réalité est toutefois plus complexe puisque les grands gagnants de la situation actuelle semblent plutôt être les producteurs américains de pétrole. Ces derniers ont recommencé à investir massivement au cours des derniers trimestres et la production américaine de pétrole connaît une progression spectaculaire qui devrait l'amener bientôt à un nouveau sommet historique. Elle a ainsi déjà rattrapé celle de l'Arabie Saoudite et pourrait s'approcher de celle de la Russie, le premier producteur mondial, d'ici la fin de 2018.


Pas de risque de pénurie à court terme


Les dernières prévisions de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) laissent ainsi entrevoir une poussée de 1,5 million de barils par jour (mbj) de la production pétrolière en Amérique en 2018, qui dépasserait à elle seule la progression attendue de 1,3 mbj de la demande mondiale. Loin de s'amplifier, le déficit de 2017 devrait ainsi faire place à un marché du pétrole équilibré en 2018. Dans ce contexte, un relâchement des efforts de l'OPEP et de la Russie ou une poussée supplémentaire des cours pétroliers, qui risquerait de freiner la progression de la demande mondiale, ouvrirait la porte à une nouvelle période de surplus et à une rechute des cours pétroliers.


À notre avis, les efforts de plusieurs pays producteurs et les perspectives économiques favorables justifient le retour des prix du pétrole WTI aux environs de 60 $ US le baril. L'absence de risque de pénurie pour les prochains trimestres, surtout dans un contexte où les capacités non utilisées de l'OPEP représentent une marge de sécurité importante, permet toutefois de conclure qu'une poussée au-dessus de ce niveau n'est pas justifiée par des facteurs fondamentaux.


EXPERT INVITÉ
Mathieu D’Anjou
, CFA, est économiste principalaux Études économiques du Mouvement Desjardins.


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