«L'exploitation des gaz de schiste au Québec est incontournable», dit Lucien Bouchard

Publié le 08/02/2013 à 12:01, mis à jour le 08/02/2013 à 13:03

«L'exploitation des gaz de schiste au Québec est incontournable», dit Lucien Bouchard

Publié le 08/02/2013 à 12:01, mis à jour le 08/02/2013 à 13:03

Par lesaffaires.com

Lucien Bouchard

Lucien Bouchard a dû expliquer sur plusieurs tribunes les raisons de sa démission de son poste de président de l’Association pétrolière et gazière du Québec, tel que l’a appris LesAffaires.com jeudi. En entrevue à l’émission Puisqu’il faut se lever, de Paul Arcand, vendredi, M. Bouchard a déclaré que l’exploitation des gaz de schiste au Québec est incontournable. Voici des extraits marquants de l’entrevue accordée par M. Bouchard.


Lisez notre primeur: Lucien Bouchard démissionne de la présidence du lobby gazier


et l'analyse de François Pouliot Ce que signifie le départ de Lucien Bouchard


À propos de la mise en valeur des ressources naturelles


«Ce n’est pas une question à se poser. C’est une nécessité, il faut développer nos ressources naturelles. Le souci de l’environnement n’a jamais été présenté comme étant un obstacle absolu au développement, au contraire. Oui il faut développer, mais de façon durable et responsable, en adoptant des meilleures techniques.»


M. Bouchard a insisté sur le fait qu’on ne peut être contre le développement, on doit être pour le développement. «S’il y a un endroit où on a besoin de développer nos richesses, c’est bien au Québec. La création de richesse, développer les nouvelles techniques, c’est l’avenir. Il faut le faire de façon responsable dans l’intérêt collectif.»


À propos du gaz de schiste


«Le monde entier va développer les gaz de schiste et le Québec n’est pas un îlot d’irréductibles Gaulois [...]. En Amérique du Nord, aux États-Unis, vous voyez à quel point c’est extraordinaire.[...] On a pas à faire l’apologie du gaz naturel, c’est plus écologique et il y a en beaucoup...Toutes les générations qui viennent vont devoir vivre avec la montée du gaz naturel. Les Américains misent là-dessus, ça va réduire leur dépendance géopolitique vis-à-vis du Moyen-Orient. Nous, au Québec, on va être là-dedans et on n’aura pas le choix.»


À propos de l’exploitation du pétrole au Québec


M. Bouchard croit que le débat va se transposer sur l’exploitation du pétrole présent au Québec. «Le gouvernement a raison de vouloir assurer le développement du pétrole dans la province. Ça va être difficile aussi, le pétrole va susciter des obstacles. Entre nous, le pétrole est moins écologique que le gaz naturel.»


À propos de l’approche de l’industrie gazière au Québec


L'ex-premier ministre du Québec a reconnu que l’industrie avait une responsabilité dans la façon dont elle a réalisé son incursion dans la province. «[...]On a foncé dans le développement sans préparer les mentalités. On n’avait pas d’encadrement réglementaire suffisant. Les premiers gestes qui ont été posés [par les entreprises gazières de l’Ouest Canadien] ont été posés ont été brutaux. Ça a été fait trop vite et il y a eu un gros prix à payer, car ça a braqué l’opinion publique.»


«La technologie et la science vont venir au secours d’un débat qui est devenu trop passionnel, ils vont le rendre plus objectif.»


À propos du rôle des municipalités


Lucien Bouchard a indiqué qu’il ne pouvait blâmer le maire de Gaspé d’avoir des appréhensions à l’égard de l’exploitation du pétrole, mais il croit que c’est à Québec que revient le rôle de gérer l’exploitation des ressources et non aux municipalités.


«Dans quelle mesure le développement économique du Québec et de ses ressources naturelles, va être assujetti au droit de veto de chaque municipalité? Ce n’est pas possible, il n’y a pas un pays où c'est comme ça. L’État du Québec a un rôle déterminant à jouer. Ça ne veut pas dire que ce rôle doit être joué en méprisant les responsabilités municipales, mais il y a un équilibre qui n’est pas établi.»


M. Bouchard a indiqué qu’il ne représentait pas Petrolia, mais il juge qu’il est impossible d’accepter qu’une entreprise qui obtient des permis de Québec, investisse, se soumette aux règlements et que tout à coup la municipalité adopte un règlement pour empêcher de développer. «Il faut connaître d’avance les règlements, ceux-ci doivent être uniformes et ne doivent pas dépendre de l’humeur d’une municipalité par rapport à l’autre.»


À propos de la propriété des ressources naturelles


«Pour ce qui est d’exiger un partage équitable avec la population des bénéfices de la ressource, bien sûr. Il faut que l’État et les contribuables puissent aller chercher le maximum des profits qui sont dégagés de l’exploitation des ressources. [...] Il faut aussi s’ajuster en fonction de ce qui se fait ailleurs.»

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