Carburer au bois liquide

Offert par Les Affaires


Édition du 20 Février 2016

Carburer au bois liquide

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Édition du 20 Février 2016

[Photo : Shutterstock]

Les biocarburants font partie de la solution pour réduire l’empreinte carbone des entreprises, et l’industrie forestière compte bien en profiter.


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« Nous transformons la biomasse solide en liquide pour en faire de l’énergie renouvelable », a lancé Robert Graham, fondateur d’Ensyn Technologies, lors d’une conférence donnée à Paperweek Canada, la conférence annuelle de l’industrie canadienne des pâtes et papiers, tenue le 2 février.


L’entreprise ontarienne, qui œuvre dans le domaine de la bioénergie depuis 1984, transforme le bois en produits chimiques, en mazout renouvelable et autres biocarburants. Grâce à une technologie qui repose sur un transfert rapide de chaleur, l’entreprise est en mesure de convertir 75 % de la masse solide en liquide. Après 30 ans de R-D, la technologie est maintenant mature, soutient M. Graham.


Pour démontrer l’efficacité de ses technologies, Ensyn a créé une coentreprise avec Produits forestiers Arbec – AE Côte-Nord Canada Biœnergy. Son but est de fournir l’usine de bouletage d’ArcelorMittal en mazout renouvelable, en transformant les résidus de l’usine de sciage de Port-Cartier.


Dans le cadre d’un projet-pilote réalisé en 2015, ArcelorMittal a remplacé 20 % du mazout par ce nouveau biocarburant liquide. L’utilisation du mazout renouvelable fait partie de la stratégie de la multinationale pour verdir ses opérations, précise Catherine de Grandpré, chef des communications internes de l’entreprise.


Même s’il reste à conclure une entente commerciale à long terme pour assurer la pérennité du projet, Robert Graham croit que l’usine devrait entrer en service dans 18 mois et produire 38 millions de litres (ML) de mazout renouvelable avec des résidus forestiers.


L’Atlantique se lance dans le biodiesel


En décembre dernier, Cellufuel, établie à Halifax, a investi 3 millions de dollars pour construire la première bioraffinerie cellulosique en Amérique du Nord, à Liverpool en Nouvelle-Écosse. Le but du projet-pilote : produire 150 litres par heure (L/h) de biodiesel en transformant 6 000 tonnes (t) de résidus du sciage issus annuellement d’une usine à proximité, explique Gabriel Ouellet, directeur de l’exploitation de Cellufuel et directeur, biomasse, chez Boralex, le principal investisseur dans le projet.


« Au cours de la prochaine année, nous voulons confirmer nos hypothèses en matière de qualité, de coûts d’exploitation et de taux de conversion de la biomasse au biodiesel avant de passer à l’étape commerciale », dit-il.


Si les hypothèses se confirment, Cellufuel désire implanter deux unités modulaires commerciales d’une valeur totale de 40 M$ qui pourraient produire 2000 L/h. « On souhaite établir de bonnes relations d’affaires et des partenariats solides afin de cibler le meilleur endroit pour construire ces unités commerciales », ajoute M. Ouellet.


Selon le modèle de gestion de l’entreprise, de telles unités pourraient être implantées dans plusieurs régions du Québec où l’on retrouve de 60 000 à 70 000 t de résidus. Pour l’instant, le prix d’achat de la matière première est fixé à 70 $/t de matériaux secs. Ce nouveau débouché pour les sous-produits du sciage, en perte de vitesse à cause du déclin du papier, pourrait donner de l’oxygène à l’industrie, estime le directeur de l’exploitation.


Ce biodiesel peut être utilisé de la même façon que le diesel conventionnel. Étant donné que tous les producteurs de diesel doivent inclure 2 % de produits renouvelables, la demande est forte pour ce type de produit, note M. Ouellet.


Projet de 700 M$ à La Tuque


La Ville de La Tuque caresse aussi un projet de bioraffinage de 700 M$ qui générerait 300 emplois en valorisant les résidus forestiers laissés en forêt. « Une étude a confirmé qu’il y a de 650 000 à 1,2 million de tonnes métriques de résidus laissés en forêt (cimes des arbres et branches). On veut créer de la valeur en les transformant en biodiesel », soutient Normand Beaudoin, maire de La Tuque.


Pour propulser le projet lancé en 2010, la Ville a fondé l’organisme Bioénergie La Tuque (BELT) en compagnie de Patrice Mangin, professeur et titulaire de la Chaire de recherche sur la bioénergie/bioéconomie régionale à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).


Au début de 2014, des représentants de BELT ont mené une mission économique en Suède et en Finlande pour trouver des partenaires de l’industrie pétrolière intéressés par la création d’une bioraffinerie au Québec. « Nous sommes revenus avec un potentiel d’investisseurs supérieur à que ce nous avions imaginé », soutient M. Mangin, qui est également le directeur général de BELT. Quatre ententes de confidentialité ont été signées avec des entreprises européennes.


Pour confirmer le potentiel du projet, BELT, qui a déjà trouvé 500 000 $ de capitaux privés, a déposé des demandes aux deux ordres de gouvernement pour compléter les financements de l’étude de faisabilité qui coutera 1,5 M$. Selon l’échéancier établi, la décision pour la construction devrait être prise en 2019 pour une mise en opération en 2023.


À terme, l’usine de bioraffinage produirait 210 ML de biodiesel par an, ce qui représente 4,3 % de la consommation de diesel pour le transport au Québec. « En remplaçant les carburants fossiles par du biodiesel, on réduirait les émissions de CO2 de près de 14,5 Mt par an », note M. Mangin.


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