Jeu vidéo : de nouvelles mesures qui étonnent

Publié le 19/11/2012 à 17:25, mis à jour le 18/10/2013 à 13:59

Jeu vidéo : de nouvelles mesures qui étonnent

Publié le 19/11/2012 à 17:25, mis à jour le 18/10/2013 à 13:59

Le premier budget du Parti Québécois, mardi, devrait contenir des mesures additionnelles destinées au secteur du jeu vidéo, ce qui étonne les principaux intéressés, qui n'en avaient pas formellement fait la demande.


Le ministre des Relations internationales et ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, a indiqué à Les Affaires il y a quelques jours que son gouvernement entendait agir pour favoriser les entreprises innovantes, y compris celles dans le domaine du jeu vidéo.


« Les gens de Montréal International et d'autres organismes nous ont dit: " Ce que vous avez fait sous le gouvernement Landry pour la nouvelle économie, y compris le cinéma et le jeu vidéo, on a été rattrapés par d'autres juridictions", a raconté M. Lisée. L'avantage s'est émoussé, il faut travailler autre chose. C'est le défi du premier et du deuxième budget de notre gouvernement de retrouver cet avantage compétitif pour les entreprises innovantes. »


Les principaux dirigeants de l'industrie locale du jeu vidéo contactés par Les Affaires suite à cette déclaration (et une autre, similaire, dans le Journal de Montréal) ont tous été étonnés d'apprendre ces intentions. On s'est aussi montré surpris chez Investissement Québec, pourtant chargé d'administrer le programme.


« Vous m'en apprenez plus que je n'en sais », a affirmé Stéphane D'Astous, directeur général d'Eidos Montréal et président du conseil d'administration de l'Alliance numérique, le principal regroupement québécois d'entreprises du secteur des technologies de l'information.


La nouvelle étonne d'autant que l'industrie était à peine « en train de s'organiser pour faire une demande », selon Martin Carrier, directeur général de Warner Brothers Montréal. D'autres ont été plus tranchants, sous le couvert de l'anonymat. « Ce n'est pas une bonne idée », a résumé un ancien dirigeant de studio. « Je ne crois pas que l'industrie au Québec ait besoin de ça », a ajouté un autre. On signale par exemple que la liste des entreprises de jeux vidéo qui ne sont pas déjà au Québec et qu'une bonification aux programmes actuels pourrait attirer est bien mince.


« Nous sommes très reconnaissants envers le support que nous donne le gouvernement du Québec, mais il y a d'autres raisons pour venir à Montréal que les crédits d'impôt », a pour sa part réagi le directeur général de Playing Mantis (Electronic Arts), Chris Gibbs, lorsqu’interrogé sur le sujet. « Pour les gens créatifs, c'est un excellent endroit où vivre et travailler. »


« Montréal a atteint une masse critique, a ajouté Jimmy Gendron, gestionnaire de la franchise Scrabble chez Playing Mantis. On rencontre des candidats pour des emplois venant de partout dans le monde qui ne veulent que venir à Montréal. Ça n'arrivait pas, il y a deux ou trois ans. »


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