Lock-out : les employés bloquent la distribution du Journal de Montréal

La Presse Canadienne . les affaires.com . 15-12-2009

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La distribution du Journal de Montréal a été perturbée, ce matin, par une manifestation des employés en lock-out du quotidien devant l'imprimerie du journal, à Mirabel.


La manifestation a aussi retardé la distribution du quotidien Le Devoir, aussi imprimé à cet endroit.


Les camions de livraison, qui distribuent également le quotidien gratuit 24h, ont été temporairement confinés sur le terrain de l'imprimerie, affirme Quebecor Média dans un communiqué.


La direction affirme que des cadres et des employés de l'imprimerie n'ont pu entrer au travail.


Le Journal de Montréal est frappé d'un lock-out depuis le mois de janvier dernier, touchant 253 syndiqués, affiliés à la CSN.


L'éditrice du Journal de Montréal, Lyne Robitaille, a soutenu dans un communiqué que les manifestants ont posé des "gestes d'intimidation illégaux".


"Bien que nous comprenions qu'un conflit de travail comporte son lot de difficultés, de frustrations et de découragement, la direction du Journal de Montréal ne peut tolérer que cette situation amène des individus à poser, pour une énième fois, des gestes condamnables qui vont à l'encontre de la loi", a affirmé Mme Robitaille.


Du côté syndical toutefois, David Patry, membre du comité de négociation, affirme qu'il est "totalement faux" de prétendre qu'il y ait eu intimidation.


Le porte-parole du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal soutient que la manifestation s'est tenue dans la bonne humeur et le calme. "On a manifesté dans la joie et le calme. Nous, on avait 200 syndiqués présents. La moitié de ces gens-là, ce sont des femmes de 45-50 ans. On dansait, c'était dans la joie. Ca s'est fait de façon très calme et sereine", a-t-il rapporté.


La direction de Quebecor Média soutient également dans son communiqué que "les manifestants ont été jusqu'à entraver le travail des corps policiers dépêchés sur place", ce que nie catégoriquement M. Patry. "Le travail des policiers n'a pas été entravé, au contraire, on a collaboré avec eux et on est parti de notre propre gré vers 4h15 (mardi matin)."


Dans son communiqué, Mme Robitaille se dit désolée des inconvénients subis. "Nous nous excusons auprès de nos lecteurs, de nos annonceurs et de nos partenaires d'affaires, au premier chef le journal Le Devoir, des inconvénients causés par cette situation."


M. Patry a également présenté ses excuses au quotidien Le Devoir. "C'est un dommage collatéral. On s'excuse; ce n'était pas le but visé."


Membre du comité de négociation, M. Patry explique la manifestation par la frustration ressentie par les syndiqués, particulièrement depuis une récente rencontre de négociation en présence du conciliateur, vendredi dernier.


M. Patry rapporte que l'employeur a alors proposé "un nouveau cadre de discussion et ils ont rajouté des demandes".


"Nous, on pense qu'un plan d'affaires, ça se négocie à une table de négociation pour faire entrer ses employés dans un nouveau plan d'affaires, et non pas les jeter à la rue pour imposer un nouveau plan d'affaires", a lancé M. Patry.


Quebecor Média soutient que l'actuel contrat de travail empêche l'entreprise de se moderniser pour s'adapter au nouveau contexte médiatique.


La direction a déjà réclamé la réduction de certains avantages sociaux et du nombre d'employés, de même qu'une augmentation du temps de travail.

1 commentaire

stha2000 le 16-12-2009

J'espère que les employés savent qu'ils ont un droit de désyndicalisation qui leur est légitime dans la mesure où leur unité syndicale n’a pu conclure une entente collective à l’intérieur d’un délai d’une année. Janvier 2010 approche et... toujours rien. Je vous suggère d'ailleur l'article suivant qui est paru dans le journal "Le Quotidien" il y a quelques jours et qui confirme comment c'est compliqué se sortir des griffes d'un syndicat : JONQUIÈRE - Un groupe d’employés de la succursale Zellers de Jonquière sont actuellement en processus de désyndicalisation dans le but de mettre fin à leur association avec les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC-FTQ). En novembre 2008, les 81 employés du Zellers de Jonquière obtenaient leur accréditation au local 503 des TUAC. Douze mois plus tard, 51 d’entre eux exigent le divorce, un droit qui leur est légitime dans la mesure où leur unité syndicale n’a pu conclure une première entente collective à l’intérieur d’un délai d’une année. Ainsi, il y a environ deux semaines, les travailleurs désabusés ont confirmé leur intention par le biais d’une pétition. En vertu des règlements qui régissent une telle démarche, la pétition a été remplie à l’extérieur du lieu de travail, puis expédiée aux représentants des TUAC de même qu’à la Commission des normes du travail. Bien que majoritaires à ce moment précis, les instigateurs de cette tentative de désyndicalisation n’ont pu festoyer bien longtemps. En effet, au cours des derniers jours, des représentants des TUAC-FTQ ont multiplié les efforts afin de ramener les dissidents à l’intérieur de leur giron. Selon l’une des employées, qui préfère conserver l’anonymat, ces derniers auraient rendu visite à certains signataires de la pétition afin de les convaincre de la pertinence d’un syndicat. Grâce à leurs arguments, ils ont été en mesure de s’adjoindre suffisamment d’appuis pour renouveler l’accréditation du magasin jonquiérois, en date du dimanche 6 décembre dernier. « Ils ne se sont pas limités à ces visites. Ils ont également fait signer des cartes au magasin, prétextant que quelqu’un avait renversé du café sur les anciennes cartes », rapporte l’employée interrogée. Cette dernière raconte qu’à la fin de novembre dernier, les employés du Zellers de Jonquière ont été conviés à une assemblée générale au cours de laquelle le comité de négociation a présenté l’état des pourparlers avec l’employeur. Selon elle, après quatorze rencontres, cinq points étaient toujours en litige et rien ne laissait croire à une entente à court terme. « Ils ont réussi à obtenir un mandat de pression, assorti d’un mandat de conciliation avec l’employeur, mais seulement 56 % des membres ont appuyé leur proposition. Le magasin est scindé en deux. Un syndicat ne devrait pas servir à nous diviser », confie la dame. Présentement, les travailleurs bénéficient d’un congé de cotisation jusqu’à ce qu’une convention collective soit enfin conclue. « Nous avons repris notre démarche et je suis persuadée que demain matin (aujourd’hui), notre pétition comptera à nouveau suffisamment de noms pour mettre un terme à tout ça », exprime l’employée. Je sympathise avec les employés qui paient leurs cotisations religieusement et qui n'ont pas encore eu le rendement attendu de leurs syndicat !!!

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