L'industrie manufacturière du Québec fait face à plusieurs défis

Publié le 04/05/2017 à 17:03

L'industrie manufacturière du Québec fait face à plusieurs défis

Publié le 04/05/2017 à 17:03

Par Claudia Vachon

Même confrontées à des enjeux de taille, les entreprises manufacturières du Québec ont été nombreuses à augmenter leur chiffre d’affaires en 2016.


C’est du moins ce qu’indique la 8è édition du Baromètre industriel québécois, une étude réalisée par Sous-Traitance Industrielle Québec (STIQ) auprès de 500 PME de la province.


59% des entreprises qui se sont prêtés à l’exercice ont connu l’année dernière une croissance significative de leurs ventes. Durant la même période, plus du tiers ont enregistré une hausse de plus de 5% de leur nombre d’employés.


Selon Richard Blanchet, président-directeur général de STIQ, la vitalité de l’industrie manufacturière québécoise passe aussi par l’innovation et les investissements.


« L’étude nous permet de confirmer, chiffres à l’appui, ce que nous recommandons aux dirigeants depuis des années […] : [ceux] qui prennent des décisions d’affaires courageuses, qui planifient, qui investissent de façon importante et qui prennent le virage de l’innovation, obtiennent de bien meilleurs résultats que [ceux] qui n’osent pas », souligne-t-il.


Les entreprises ont donc tout intérêt à se maintenir à la fine pointe de la technologie si elles souhaitent se démarquer de la concurrence et étendre leurs activités commerciales à l’extérieur du Québec.  


Les PME sont pourtant toujours aussi frileuses à investir en Recherche et Développement (R-D) puisqu’en 2016, seulement 16% des PME y ont investi plus de 5 % de leur chiffre d’affaires. 


Pénurie de la main-d’œuvre qualifiée


Comme c’était aussi le cas dans les années précédentes, l’étude met en lumière le problème du recrutement de la main-d’œuvre spécialisée, que 75% des répondants considèrent comme un frein à la croissance de leurs entreprises.


 « C’est énorme », commente l’économiste Audrey Azoulay, qui n’est pas étrangère aux défis rencontrés par le secteur manufacturier de la province. De 2010 à 2015, elle a travaillé pour les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ).


Mme. Azoulay précise toutefois que si la pénurie n’est pas un phénomène nouveau, elle s’intensifie avec le virage numérique.


« Depuis les 15 dernières années, l’évolution des technologies dans le secteur manufacturier s’accélère, mais la formation, elle, ne s’est pas adaptée à la même vitesse », explique-t-elle.


Par contre, si les entreprises n’ont pas le contrôle sur le système de formation, le sondage révèle que la moitié des entreprises ont seulement investi entre 1% et 2% de leur masse salariale dans la formation de leurs employés en 2016.


Négociations à venir


Depuis le début de l’année, les entreprises manufacturières du Québec doivent aussi composer avec une incertitude économique.


Comme les activités commerciales de la province reposent en grande partie sur les États-Unis, il est difficile pour les entreprises de ne pas s’inquiéter du changement de garde à la Maison-Blanche et de la montée du protectionnisme.


Deux jours seulement après son investiture, Donald Trump a annoncé en janvier son intention de renégocier l’ALENA, ce qui affectera peut-être le commerce bilatéral entre le Québec et les États-Unis dans les années à venir.


« À court terme, peu importe l’issue des discussions, c’est de l’incertitude et de l’incertitude, ce n’est jamais bon pour l’investissement », commente Audrey Azoulay, précisant toutefois que l’ALENA a déjà été renégocié plusieurs fois depuis sa signature.


« Il faut sauver les meubles et s’assurer que l’accord reste bénéfique pour les entreprises [de la province], surtout dans un contexte où 70% des exportations québécoises sont encore à destination des États-Unis ».


 

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