Vente de l'îlot Overdale : sort incertain pour la Maison Lafontaine

Publié le 25/08/2011 à 06:00, mis à jour le 25/08/2011 à 15:53

Vente de l'îlot Overdale : sort incertain pour la Maison Lafontaine

Publié le 25/08/2011 à 06:00, mis à jour le 25/08/2011 à 15:53

Par Hugo Joncas

La Maison Lafontaine. Photo : LesAffaires.com

Difficile de dire ce qui adviendra de la Maison Lafontaine, une maison patrimoniale protégée par la Ville de Montréal. La demeure de Louis-Hippolyte Lafontaine - premier Canadien à devenir premier ministre du Canada, en 1842 – vient de changer de main, et le nouveau propriétaire est avare de détails sur le sort qu’il réserve à l’immeuble.


La Maison Lafontaine occupe une petite partie de l’îlot Overdale, un énorme terrain de 140 000 pieds carrés entre le boulevard René-Lévesque Ouest, les rues Lucien-L’Allier et Mackay et l’avenue Overdale. Tel que le rapporte Les Affaires dans son édition du 27 août 2011, un homme d’affaires d’origine chinoise, pratiquement inconnu du milieu montréalais de l’immobilier commercial, vient d’acheter le terrain pour 28 millions de dollars.


La Maison Lafontaine est depuis 25 ans au centre d’une bataille pour assurer sa préservation. Il se trouve aujourd’hui dans un état lamentable, même si la structure a été refaite par les anciens propriétaires il y a une vingtaine d’années.


Nouveau propriétaire de la maison et du terrain qui l’entoure -l’équivalent de deux terrains de soccer -, Kheng Ly assure qu’il est trop tôt pour dire ce qu’il fera de l’immeuble. « Nous devons parler avec les architectes pour voir comment nous pouvons l’intégrer à notre projet », dit-il. L’homme d’affaires évoque toutefois la possibilité de déplacer la maison sur l’îlot Overdale.


« Il n’y a eu aucune demande pour modifier le statut de la Maison Lafontaine », dit Jacques-Alain Lavallée, porte-parole de l’arrondissement Ville-Marie.


Le zonage municipal permet la construction de neuf fois la superficie du terrain acheté sur René-Lévesque. Sur Overdale, la densité permise est de seulement trois fois la superficie des lots. Mais la Ville voudrait la faire passer à six, « pour avoir moins de contraste avec René-Lévesque », explique Anne-Sophie Harrois, chargée de communication à l’arrondissement.


Si la construction d’immeubles mixtes, commerciaux et résidentiels est favorisée sur René-Lévesque, le zonage de l’avenue Overdale prévoit la construction d’immeubles uniquement résidentiels.


Statut patrimonial


Depuis 1988, la Ville de Montréal considère que la Maison Lafontaine recèle une valeur patrimoniale. Mais le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine refuse de la classifier comme monument historique.


À la Ville, le statut patrimonial de la maison implique que le propriétaire doit demander l’autorisation du conseil municipal pour la démolir ou la transformer. Avant de donner leur aval, les élus doivent consulter le Conseil du patrimoine, ainsi que les citoyens, par le biais d’une consultation publique.


Le sénateur Serge Joyal est aux premières loges du combat pour protéger cette maison et la mettre en valeur. Il a hâte d’en savoir plus sur les intentions de Kheng Ly. Avant la transaction, il avait des discussions avec l’ancien propriétaire, le marchand d’art Robert Landau. « Il était prêt à discuter avec Parcs Canada pour intégrer la maison à son réseau de sites historiques », dit-il.


Il veut maintenant s’assurer que la Ville ne lèvera pas le statut patrimonial de la maison.


Dans les années 1980, alors que l’îlot Overdale appartenait à la famille Cohen, de Westmount, l’immeuble fut la seule maison du dix-huitième siècle à échapper au pic des démolisseurs dans l’avenue Overdale. Par le biais d’une société en commandite, les Cohen ont ensuite vendu la majorité des parts à Robert Landau.


Ensemble, ils voulaient au départ intégrer la Maison Lafontaine à un ensemble ambitieux de copropriétés d’un total de 1,5 million de pieds carrés, baptisé Les Vergers Lafontaine.


Un conflit avec la Ville quant à la rénovation de la maison a cependant empêché les promoteurs de mener leur projet à bien. Au début des années 2000, Robert Landau et Douglas Cohen sont entrés en conflit quant à la poursuite à donner à leur association. Une entente à l’amiable est intervenue en juin 2009, puis les associés ont enclenché le processus de vente.


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