Terrains contaminés: la carte du Québec toxique

Publié le 30/01/2014 à 06:01

Terrains contaminés: la carte du Québec toxique

Publié le 30/01/2014 à 06:01

Par Hugo Joncas

La dimension d'un point représente le nombre de terrains contaminés dans la zone. En s'approchant, les points individuels représentent chacun des terrains. Un clic permet d'afficher les contaminants présents.


L’héritage empoisonné laissé par 160 ans d’industrialisation au Québec est difficile à mesurer précisément: les données gouvernementales de base sont un fouillis. Mais une chose est claire: les friches toxiques sont partout, et surtout en plein cœur des villes, à un jet de pierre des quartiers résidentiels.


Les gouvernements québécois et fédéral répertorient 5593 emplacements qui doivent toujours être nettoyés dans la province. Nous les avons regroupés sur une carte interactive exclusive des terrains contaminés, en collaboration avec 37e Avenue et MapGears.


Pendant six mois, Les Affaires a enquêté pour y voir plus clair, à raison de dizaines d’entrevues, de multiples demandes d’accès à l’information et en obtenant de nombreux documents confidentiels. Nous n'avons cependant pas pu obtenir le point de vue d'Yves-François Blanchet, ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs, puisqu'il a refusé nos demandes répétées d'entrevue à ce sujet.


Notre enquête est disponible dans l’édition du 1er février de Les Affaires. D’autres articles viendront s’ajouter à notre couverture en ligne, ici-même.


Hugo Joncas parle de son enquête à «Ça commence bien».


Consultez notre dossier d'enquête:


- Carte interactive des terrains contaminés


- IOC à Sept-Îles: contamination majeure à deux pas du Golfe


- Québec a préparé une nouvelle politique


- Aleris à Trois-Rivières: Québec visera les responsables, «quels qu’ils soient»


- Le fardeau du TCE


- Raffineries de Napierville: l'eau toujours contaminée, 45 ans après un déversement


- Nouvelle ordonnance contre le CN


- Murdochville, toujours entièrement contaminée pour Québec


- Lachine: un terrain de Catania gorgé d'arsenic, de plomb et d'huile à chauffage


- Utramar: 14 ans pour nettoyer une fuite de paraxylène au Port de Montréal


- Contamination au pétrole: le lourd bilan du CN


- Le Montréal toxique


Plus d'articles issus de l'édition du 1er février de Les Affaires:


- La carte d'un legs toxique


- Une facture de 3,17G$ pour Québec


- Quand le public finance la contamination... et la décontamination


- Un pari salissant


- Des dizaines de milliards en coûts de décontamination


- LA CAQ propose une réforme


- Décontaminer pour ériger des condos


Sur notre carte, chaque point correspond à un terrain que les autorités considèrent toujours comme souillé. Les emplacements sont enregistrés dans le «Répertoire des terrains contaminés» québécois ou dans l’«Inventaire des sites contaminés fédéraux».


Les géants historiques de l’industrie dominent le tableau : pétrolières, Hydro-Québec, chemins de fer, alumineries, forestières... Aux quatre coins de la province, les poids lourds industriels ont créé des centaines de milliers d’emplois. Mais ils ont aussi laissé un vaste archipel de sites toxiques : hydrocarbures, BPC, plomb, mercure, cyanure, arsenic…


Catania est propriétaire d'un ancien site d'ArcelorMittal lourdement contaminé à Montréal, dans l'arrondissement Lachine. Une couche d'huile à chauffage de 15 cm flotte sur la nappe phréatique. Photo: Yves Provencher.


Faciliter la recherche


En cliquant sur chacun des points, vous pourrez découvrir le nom du dossier et la liste des contaminants présents sur les lieux. Vous pouvez aussi savoir si l’eau est affectée à cet endroit.


Le lecteur doit tout de même garder en tête qu’un terrain peut avoir été décontaminé, même s’il figure sur la carte. Il peut également avoir été revendu à un autre propriétaire que celui figurant au nom du dossier, comme c’est le cas par exemple du terrain de Catania dans l’arrondissement Lachine à Montréal, identifié au nom d’ArcelorMittal.


À l’inverse, de nombreux terrains contaminés ne figurent pas au Répertoire, parce que les propriétaires ne sont pas tenus de les déclarer ou qu’ils ont négligé de le faire.


Données imparfaites


D’emblée, Les Affaires a dû se poser une question fondamentale : que faire quand les meilleures informations disponibles sont… peu fiables?


Les données de base que nous avons utilisées sont publiques, mais elles souffrent d’importantes lacunes. Certains lieux répertoriés sont toujours considérés comme contaminés, même s’ils ne le sont plus. Ce type de problèmes affecte les entrées au Répertoire des terrains contaminés québécois «dans une proportion inconnue», concède le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs.


Malgré les défauts de ces informations, Les Affaires a décidé de les publier intégralement. D’une part, parce qu’un site est considéré comme étant «contaminé» tant que les fonctionnaires n’ont pas approuvé de rapport de décontamination. Le statut d’un terrain est modifié seulement une fois que les spécialistes du Ministère ont analysé son rapport de décontamination et l’ont jugé conforme.


D’autre part, les données du Répertoire québécois et de l’Inventaire fédéral sont les seules disponibles qui permettent d’informer le public sur les terrains contaminés.


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Gestion du changement

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