Construction: un logiciel qui fait la chasse aux dépassements de coûts

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Janvier 2017

Construction: un logiciel qui fait la chasse aux dépassements de coûts

Offert par Les Affaires


Édition du 28 Janvier 2017

Par Matthieu Charest

Martin Coulombe et Marc Parenteau sont à l’origine du logiciel Aïdi, de la start-up Axsimo.

Les dépassements de coûts des projets de construction semblent devenus une fatalité au Québec. En novembre dernier, dans son rapport annuel, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, critiquait sévèrement la gestion des contrats octroyés par les cégeps. C'était sans compter que la commission Charbonneau, les extras et les délais faisaient déjà partie de la langue d'usage. Un terreau fertile pour les deux entrepreneurs à l'origine du logiciel Aïdi, qui estiment que celui-ci pourrait faire économiser plusieurs millions de dollars aux donneurs d'ordres.


La valeur totale des suppléments autorisés à la Société immobilière du Québec, au Centre des services partagés du Québec et au ministère des Transports provincial (plus de 10 % du montant initial) représentait près de 145 millions de dollars par année depuis trois ans, selon un rapport produit par KPMG-Secor pour le Conseil du Trésor en 2013.


Prenez l'ensemble des contrats, publics ou privés, les économies corollaires à une gestion serrée se calculent alors en milliards de dollars.


Plusieurs entreprises et institutions utilisent encore des fichiers Excel pour effectuer le suivi de leurs projets. Pour faire le ménage dans le chaos des chiffriers, entre en scène Aïdi, le logiciel québécois de Marc Parenteau et Martin Coulombe, qui se présente comme un outil de suivi de projets «simple, convivial et standardisé pour l'industrie de la construction».


«Quand on a 20 chargés de projets, des centaines de contrats et 100 M$ à gérer par année, c'est difficile de comprendre où on en est, explique Marc Parenteau, pdg d'Axsimo, la start-up qui produit le logiciel Aïdi. Nous, on rassemble tout, c'est un suivi en temps réel, avec toutes les parties prenantes et les budgets. On permet aux gens de réagir avant de se heurter à un mur.»


La start-up a déjà remporté un succès d'estime en signant des ententes avec quelques grands acteurs. Parmi ses clients, on retrouve Sobeys, l'Industrielle Alliance et Espace pour la vie. Elle compte 195 utilisateurs. Depuis ses débuts en 2012, l'outil aurait permis de gérer 1 562 projets d'une valeur de 673 M$, selon ses concepteurs.


«C'est vraiment simple, efficace et beaucoup moins coûteux que d'autres outils», confirme Anne-Hélène Lavoie, responsable des communications Québec pour Sobeys.


Le logiciel Aïdi promet de suivre les projets en temps réel, avec toutes les parties prenantes et les budgets.

Inonder le marché


Le prix du logiciel se trouve au coeur du plan d'affaires de l'entreprise. Peu importe le montant du projet géré à l'aide du logiciel, il en coûte 80 $ à l'utilisateur. Un tarif absurde. En apparence, du moins. «Avant, nous vendions les licences et des contrats de service, maintenant nous vendons des crédits, un projet pour 80 $, un peu comme Skype. Nous voulions un prix "no-brainer", un montant pour lequel personne ne dirait non», raconte Martin Coulombe, l'autre fondateur et directeur technique. Pénétrer le marché à petit prix donc, quitte à ajouter de nouvelles fonctionnalités par la suite afin de générer plus de revenus.


Essentiellement, la start-up fait le pari qu'elle vendra beaucoup de crédits à un même client. «Nos clients, un hôpital par exemple, peuvent gérer 400 ou 500 projets par année», expliquent les créateurs.


Rentable à ses deux premiers exercices, mais déficitaire l'an dernier et cette année, Aïdi devrait être rentable en 2017 et générer un bénéfice de 200 000 $. Les deux dernières années ont entraîné plus de dépenses en raison de l'optimisation du logiciel et d'investissements dans la croissance.


Les deux fondateurs confient que de nouveaux contrats sont en voie d'être conclus. Les hôpitaux du nord et du sud-ouest de Montréal, des regroupements qui gèrent des centaines d'établissements du secteur de la santé, seraient du lot.


Ils croient avoir suffisamment de capitaux pour poursuivre le développement de l'entreprise, mais ne détesteraient pas de faire entrer de nouveaux partenaires au capital pour accélérer la croissance. Les fondateurs sont prêts à diluer de 25 % le capital de la société pour 1 M$.


Des investisseurs se montrent apparemment intéressés. Contactés par Anges Québec, plus d'une vingtaine de gens d'affaires auraient démontré de l'intérêt pour la start-up montréalaise.


image

Communication interne

Mardi 27 novembre


image

Gestion de la formation

Mercredi 05 décembre


image

Contrats publics

Mardi 22 janvier


image

Santé psychologique

Mardi 22 janvier


image

Sommet Énergie

Mardi 29 janvier


image

ROI marketing

Mardi 29 janvier


image

Financement PME

Mercredi 30 janvier


image

Science des données

Mardi 12 février


image

Pénurie de talents

Mercredi 13 mars


image

Objectif Nord

Mardi 09 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 24 avril


image

Gestion agile

Mercredi 08 mai

Sur le même sujet

Dix clés pour décrocher du financement

Édition du 28 Janvier 2017 | Nathalie Vallerand

FINANCEMENT D'ENTREPRISES. Si l'argent poussait dans les arbres, ce serait facile. Mais en attendant qu'un miracle ...

Ce qu'il faut savoir sur les anges investisseurs

Édition du 28 Janvier 2017 | Nathalie Vallerand

FINANCEMENT D'ENTREPRISES. Pour financer la commercialisation de son logiciel de gestion des programmes d'incitatifs ...

À la une

Test du Huawei Mate20 Pro : le téléphone intelligent le plus puissant de 2018

19/11/2018 | Alain McKenna

BLOGUE. Ce téléphone chinois rendra jaloux tous les autres. Mais il traîne la lourde réputation de son fabricant...

Bombardier rebondit en Bourse

19/11/2018 | Martin Jolicoeur

Bombardier rebondit de plus de 20% à mi-séance lundi.

Êtes-vous obligé d'accepter une promotion?

BLOGUE INVITÉ. Il est essentiel de bien comprendre ce que représente la promotion, ses implications ainsi que son impact