«La perte de sièges québécois, ce n’est pas la faute de Trump mais de Couillard»

Publié le 15/01/2017 à 18:00

«La perte de sièges québécois, ce n’est pas la faute de Trump mais de Couillard»

Publié le 15/01/2017 à 18:00

Par François Remy

Le premier conseil national du Parti québécois s'est terminé ce dimanche. Ouvertement en campagne, Jean-François Lisée a tenté de séduire tous les «déçus par la mollesse» des dirigeants actuels. Dans un discours de clôture dédié aux mesures économiques, le chef péquiste a d’ailleurs promis pour 2018 « un gouvernement du nationalisme et des PME».


L’allocution de clôture donnée ce dimanche par le chef du Parti québécois avant la séance de questions-réponses avec les journalistes tournait autour d’un seul concept : un gouvernement de nationalisme économique.


«Cela ne veut pas dire qu'on ne va pas à l'étranger, au contraire. Nous sommes l'une des nations les plus présentes au monde lorsqu'on calcule le rapport de nos exportations sur notre PIB », a immédiatement nuancé Jean-François Lisée.


Cette réalité participe à la richesse du Québec. Encore faut-il l’exploiter en écartant « la naïveté », a-t-il insisté, taclant au passage l'actuel premier ministre.


«Lorsqu'on entend Couillard répondre à des questions sur l'investissement sans condition dans Bombardier, c'est comme s'il lisait des communiqués de presse de Bombardier. Il devrait y avoir une différence. »


Osant se revendiquer des Jean Lesage et René Lévesque, le meneur des péquistes s’est défendu de tomber dans le protectionnisme, considérant plutôt « défendre les intérêts du Québec ». Il en veut pour preuve l’idée d’un « Buy Québécois Act »


Achat québécois


Si un gouvernement PQ voyait le jour en octobre 2018, il introduirait une politique d’achat québécois, « de contenu québécois, partout où c’est possible. Les Américains signent des accords de libre-échange et, en plus, ils ont le Buy American Act », a souligné Lisée.


« En 2008, il y avait en achats des gouvernements et des municipalités pour 23 milliards de dollars, il est évident qu'augmenter la proportion de ces achats auprès de producteurs québécois pourrait avoir un impact économique important », a expliqué Nicolas Marceau, député de Rousseau mandaté pour élaborer cette politique.


Ce dernier a également reçu un deuxième mandat consistant à rendre plus productif le Fonds des générations, qui n'existait pas il y a une dizaine d'années.


« Qui maintenant dispose de 10 milliards de dollars d'actifs en restant relativement inactif alors qu'on y dépose 2 milliards de dollars par année », a ironisé Jean-François Lisée.


Le PQ veut trouver une façon de mettre à contribution une partie de ces dépôts pour en faire un moteur économique supplémentaire et durable.


« D'ici 2021, ce fonds pèsera 22,6 milliards de dollars. Ce sont des sommes considérables qui dorment et ne contribuent pas à la croissance du Québec », a ajouté le député Marceau.


Ne pas rester les bras croisés


Répondant ensuite aux questions de la presse, Jean-François Lisée a assuré qu’il n’avait rien contre le président élu des États-Unis mais qu’il était forcé de constater une tendance lourde. « Depuis la crise financière de 2008, les Américains sont devenus beaucoup plus affirmatifs dans la défense des intérêts de gouvernements locaux comme dans le Tennessee. Et depuis les élections, le prochain président a accentué cette tendance », a-t-il fait remarquer.


S’il ne s’agit pas d’une fatalité selon lui, c’est surtout l’occasion de renforcer les mesures québécoises.


« La pire des choses à faire est de rester les bras croisés et penser qu'on en fait déjà suffisamment. « Sur les 15 années de gouvernement libéral, ils ont laissé partir des sièges sociaux stratégiques comme Rona. Ce n'est pas la faute de Donald Trump mais de Philippe Couillard », a estimé le chef du PQ.


Lisée a relevé là une promesse électorale du Parti libéral non respectée à ce jour, celle de protéger les sièges sociaux. Ce sera intégré dans le prochain budget, nous a récemment affirmé le Premier ministre québécois en entrevue avec Les Affaires.


« Il est temps que le gouvernement du Québec devienne un gouvernement de nationalisme économique moderne, un gouvernement des PME », a lancé à la cantonade Jean-François Lisée. Et l’un des premiers gestes sera de casser la « culture du racket à Revenu Québec » considérant nos entrepreneurs comme de présumés coupables.


On l’entend, les péquistes veulent profiter du contexte actuel. Lisée n’a d’ailleurs pas caché qu’il adressait un message à « tous les déçus, de tous partis, déçus par la mollesse de leur chef actuel ». Il visait les électeurs dans le milieu agricole notamment « qui ne comprennent pas pourquoi aucun ministre n'utilise le rapport de force du Québec pour obliger Ottawa à compenser le tort infligé à l'industrie laitière ou fromagère ».


Enfin, à une interrogation plus technique sur la monnaie qu'emploierait le Québec souverain cher au PQ, Jean-François Lisée s’est montré moins bavard. « La monnaie est une des questions en débat », a reconnu le chef, en prenant soin de ne pas nommer le dollar canadien.


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