La pensée économique de Justin

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Avril 2015

La pensée économique de Justin

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Avril 2015

Par François Pouliot

Le chef du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, lors de l’entrevue éditoriale avec l’équipe de Les Affaires. [Photo: Jérôme Lavallée]

«Tu vas voir, sa pensée économique n'est pas trop profonde...»


Beaucoup de monde au bureau et dans notre entourage avait eu vent de cet entretien avec Justin Trudeau. Et presque chaque fois, le commentaire était du genre.


Constat : beaucoup répètent ce qui se dit. Sans prendre le temps d'écouter. Il ne s'agit pas de dire que M. Trudeau est toujours à l'aise dans la discussion économique, mais celle que notre équipe éditoriale a eue avec lui était intéressante et n'était pas sans vision.


Le chef libéral constate que le PIB a doublé dans les 30 dernières années, alors que le revenu médian des Canadiens n'a pas suivi. Seuls les plus riches en ont bénéficié.


L'objectif de son programme économique est de tenter de maintenir la croissance économique, mais en faisant en sorte que la classe moyenne en reçoive plus.


On a manqué de temps pour creuser à fond et échanger sur l'ensemble des mesures.


L'entretien s'est plutôt concentré sur trois aspects du programme. Voici en alternance ses propositions et notre opinion.


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La lutte contre le CO2 et le développement économique


C'est le sujet sur lequel Justin Trudeau est le plus à l'aise. Le gouvernement actuel a trop négligé l'environnement, ce qui fait que notre développement économique en souffre, affirme-t-il. Les sables bitumineux sont devenus le poster child mondial de la cause environnementale. Ce n'est pas pour rien que les Américains hésitent avec Keystone XL : ils voient notre faible volonté de protéger la planète. Ce n'est pas pour rien non plus qu'il y a tant d'opposition à Énergie Est. Le gouvernement a court-circuité les examens environnementaux et la population doute désormais de l'intégrité des processus.


Heureusement, souligne-t-il, les provinces canadiennes ne sont pas restées inactives. La Colombie-Britannique et l'Alberta ont une forme de taxation du carbone, le Québec a adhéré au marché du CO2 de la Californie, et l'Ontario songe à suivre le Québec.


Il ne veut pas que le fédéral impose sa solution, mais souhaite plutôt faire fonctionner chacun des systèmes en parallèle. En adoptant des cibles qui puissent déboucher sur une cible nationale. Tout en récompensant les provinces qui les atteignent et en pénalisant celles qui ne les atteignent pas.


Notre opinion : l'idée de systèmes complémentaires est bonne. Il reste cependant à voir les efforts que chacun est prêt à fournir. Le système de récompenses et de pénalités aurait par ailleurs l'avantage de forcer les provinces à valider l'efficacité de leur système. On l'a écrit quelques fois, un marché du carbone avec la Californie n'est pas nécessairement le meilleur moyen d'atteindre les cibles pour le Québec.


Les sièges sociaux


M. Trudeau dit considérer que des sièges sociaux sont névralgiques au Canada. Il n'en nomme cependant aucun. Il affirme vouloir revoir le critère de «l'avantage net» prévu à la loi lors d'offres non sollicitées étrangères.


Notre opinion : c'est bien. Il faut clarifier la loi. Mais M. Trudeau n'ira pas très loin là-dessus. Il a longuement insisté sur le besoin de ne pas avoir trop de protectionnisme, le Canada n'ayant pas suffisamment de capital pour financer tous ses projets, particulièrement dans les ressources naturelles. Au Québec, le sujet restera controversé.


L'investissement en transport en commun


Le chef libéral veut enfin qu'Ottawa investisse de façon importante dans le transport en commun. Il est en faveur de la présence du privé pour former un quatuor avec les provinces et les municipalités, mais en s'assurant que chaque projet convient.


Notre opinion : M. Trudeau fait bien d'être prudent sur cette question. Certains projets avec le privé sont structurés d'une façon qui n'est pas nécessairement à l'avantage du Trésor public. Bien qu'il se justifie en raison de la dette du Québec, le projet clés en main du SLR du pont Champlain et le train de la ligne de l'Ouest avec la Caisse de dépôt en sont des exemples. L'arrivée d'Ottawa comme bailleur de fonds pourrait permettre de structurer les choses différemment de sorte que l'on n'ait pas à verser chaque année 10 % de rendement sur l'investissement du privé.


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