Investisseurs étrangers: le chef libéral demande des règles plus claires

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Avril 2015

Investisseurs étrangers: le chef libéral demande des règles plus claires

Offert par Les Affaires


Édition du 04 Avril 2015

Par Stéphane Rolland

Le processus d'approbation entourant l'acquisition d'entreprises canadiennes par des intérêts étrangers doit être revu, croit Justin Trudeau. Le prétendant au poste de premier ministre juge que les règles du jeu ne sont pas suffisamment claires.


«Le Canada présente un message ambigu en ce qui concerne le capital international, déplore le candidat. On se doit d'établir des paramètres clairs pour les investisseurs étrangers qui veulent investir au pays.»


Le chef libéral donne en exemple l'acquisition de l'albertaine Progress Energy pour 6 milliards de dollars par Petronas, une société d'État malaisienne, et l'achat de Nexen par la société d'État chinoise China National Offshore Oil Company pour 15 G$. Après avoir donné le feu vert en 2012 aux deux acquisitions très médiatisées, Ottawa a modifié la Loi sur Investissement Canada afin de protéger les pétrolières canadiennes contre les visées d'entreprises détenues par un gouvernement étranger. «Lorsque nous disons que le Canada est ouvert au commerce, nous ne disons pas qu'il est à vendre aux gouvernements étrangers», a précisé le premier ministre Stephen Harper après l'approbation de Nexen.


La divergence d'opinions entre le premier ministre et le chef de la deuxième opposition s'exprime aussi au sein de la communauté d'affaires. La décision de Stephen Harper a soulevé les critiques d'associations patronales et d'élus régionaux de l'Ouest, à savoir qu'elle découragerait les investissements. En même temps, d'autres membres de la communauté d'affaires, particulièrement au Québec, réclament une protection accrue des sièges sociaux en raison de leur apport au développement économique régional.


Lorsque Les Affaires lui a demandé si certaines sociétés devaient rester dans le giron canadien, Justin Trudeau a pincé les lèvres un bref instant. «Oui, il y en a», a-t-il répondu, en laissant planer un silence alors qu'il réfléchissait à ce qu'il ajouterait. «Mais la question est de savoir à quel prix, poursuit-il. À quel prix sommes-nous prêts à défendre un historique ou quelques milliers d'emplois ?»


Si M. Trudeau dirige le pays, il pourrait bien décider de refuser certaines transactions pour protéger l'économie canadienne, confirme-t-il. Le principal intéressé évite cependant de donner l'exemple d'une société qui serait hors d'atteinte des capitaux internationaux. «Je ne veux pas répondre sur une hypothèse», conclut-il.


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